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csbr03
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FR1 (lancé en décembre 1965) avec ses 60kg, bourré d’électronique et original dans sa mission scientifique, était du niveau technologique des Explorers que construisait alors la NASA. Son succès a assuré notre crédibilité.


Le satellite D1A - Diapason

La famille des D1 (Diapason fut lancé en février 1966), sans s’en cacher, profita de ces technologies, avec la nuance essentielle que tout devait être construit en France et, en outre, que le volume et la masse disponibles étaient encore plus faibles. Elle n’en ouvrit pas moins la voie à la Géodésie spatiale, dont la France devint vite un des spécialistes reconnus.

Revenons à Brétigny. Début 66, le CNES se réorganise devant la croissance de ses effectifs et le succès de ses missions. L’établissement de Brétigny devient un "Centre spatial" dont la direction m’est confiée, il reçoit une large délégation de fonctionnement, avec son administration propre et sa commission des marchés. Outre la responsabilité des fonctions devenues opérationnelles pour les satellites et les fusées-sondes du CNES, j’ai aussi la charge de loger - la Direction des programmes - et une nouvelle Direction, chargée du développement, c’est à dire de préparer tout ce qui est nouveau au CNES comme - une division lanceurs  - la préparation du Centre de Toulouse car la DATAR a fini par rattraper le CNES en imposant à terme son déménagement vers le sud, - et surtout la formidable tâche de réaliser et d’équiper un très ambitieux Centre Spatial Guyanais . Lorsqu’arrivèrent les "événements" de mai 68, je me souviens que j’hébergeais près de 600 personnes sur notre site, dont 450 environ étaient membres du CSB.

Après Diadème 1 et 2 lancés d’Hammaguir à une semaine d’intervalle en février 1967, c’est à Brétigny que furent conçus et réalisés les satellites suivants, D2A, Eole, Symphonie, mais ce n’est pas le moment de détailler leurs missions, qui furent toutes de grandes réussites, je me plais à le souligner.

Le transfert des activités vers Toulouse se fit progressivement à partir de 1970, non sans heurts. Le CSB fut définitivement fermé en 74, je crois, et ses locaux furent affectés à une base aérienne. Je laisse à Michel Courtois le soin de prendre la suite en parlant du centre de Toulouse.

Une partie des premiers ingénieurs du CNES se dispersa, faisant profiter d’autres secteurs d’activités de l’expérience qu’ils avaient acquise.

 

 

Lors d'une réception organisée le 18 juin 1969, le Directeur Général Robert Aubinière fait l'éloge de Jean-Pierre Causse, Directeur du Centre Spatial de Brétigy, qui a été détaché auprès du CECLES/ELDO

 

 

 

 

 

Personnellement, je quittai Brétigny en 1969, aspiré par le maelstrom des affaires européennes. En 1967 j’avais déjà été appelé par la Conférence Ministérielle de Rome, à proposer un programme spatial européen "cohérent et équilibré", comportant satellites scientifiques et satellites d’applications aussi bien que lanceurs. Ce programme ne fut que partiellement accepté. Mais je revendique tout de même d’avoir proposé pour la première fois la création d’une agence spatiale unique, qui deviendra l’ESA, mais il faudra encore sept ans pour y arriver.

Je fais donc partie de ces anciens de Brétigny qui ont contribué à mettre sur le chemin de la réussite les activités européennes, comme le fera de manière décisive l’équipe des lanceurs avec Ariane. Comme Marius Le Fèvre, un des "jeunes" de Brétigny, qui dirigera l’ESTEC pendant 11 ans et en fera un magnifique centre technique

Au delà de son propre impeccable bilan, il me semble que l’on peut mettre cette impulsion essentielle aux programmes européens au crédit du brillant mais éphémère Centre Spatial de Brétigny.