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3. Essais en vibrations
Les essais de vibrations étaient beaucoup plus anciens et mieux connus, Ils représentaient une partie significative des activités de la SOPEMEA traditionnelle qui avait en outre développé de bonnes compétences dans la détermination des modes propres des structures d'avion. En parler brièvement pour relater un incident et illustrer la rapidité d'évolution des technologies peut présenter un intérêt historique.


Essais en vibrations
de la maquette mécanique D2A

L'amplitude des vibrations imposées par le lanceur et la masse importante des satellites en regard de celle des équipements de bord aéronautiques nécessitaient généralement des excitateurs plus puissants, de 5 à 15 tonnes force contre 5 à 2 tonnes force le plus souvent en aéronautique.
C'était un matériel standard mais dans cette gamme de puissance introuvable en Europe, comme pour les appareils de mesure et d'analyse des vibrations, les seuls constructeurs en étaient américains.
Il n'en n'est résulté aucune difficulté, que ce soit de la part des fournisseurs ou des importateurs (IMEX France, Le Bureau de Liaison), ces derniers ont même fait preuve pour servir le CNES d'un zèle qui dépassait un soin normal pour l'intérêt financier qu'ils y trouvaient.
Un problème est cependant apparu en 67 lorsque les américains, probablement pour gêner le CEA ont décrété l'embargo, non pas sur les excitateurs déjà fort répandus, mais sur leurs systèmes de pilotage en régime aléatoire. Nous en étions déjà pourvu et grâce à la coopération des importateurs, nous n'avons jamais rencontré de véritables difficultés pour leur maintenance. Pour éviter tout risque de nous trouver démunis nous avons cependant décidé de développer notre propre matériel baptisé «SARA» (Système d'Asservissement en Régime Aléatoire), pour en céder la licence à un fournisseur du CEA.


Préparation de Peole
pour les essais en vibration



Faute de disposer d'un processeur du type de ceux qui équipent le moindre PC aujourd'hui pour calculer en temps réel la densité spectrale d'énergie, il nous fallait travailler dans le domaine des fréquences. A cette fin le spectre était analysé (et synthétisé !) à l'aide d'une double batterie de filtres passifs de largeur variable entre 10 et 50 Hz pour conserver un rapport Bande/Fréquence à peu près constant, soit plus de 50 filtres au total pour couvrir la plage de 5 à 2000 Hz.
Il en résultait des équipements monstrueux. Nous avions bien tenté d'alléger le système par un filtrage numérique utilisant l'un des tout premiers processeurs d'Intel (le 68007) mais notre SARA apparaîtrait aujourd'hui antédiluvien en regard des calculateurs de FFI (Fast Fourrier Transform) apparus environ 10 ans plus tard grâce aux progrès de la micro-électronique.
Notre licencié a construit en un an avec succès une demi douzaine de machines, après quoi, sans qu'il y ait eu obligatoirement relation de cause à effet, l'embargo a été levé.
Notre contribution aux ressources du CNES par les royalties aura donc été modeste, tout au moins les frais d'étude auront ils été bien remboursés. Terminée en mai 68, cette étude a eu en outre le mérite de focaliser l'attention d'une partie de nos ingénieurs et techniciens pour leur épargner les affres et les tentations de la révolution.
4. Les ressources
Démarrée en 1963 avec un effectif de l'ordre de 20 personnes, un budget de fonctionnement annuel approchant les 2 millions de francs, toutes dépenses confondues à l'exception des gros investissements entièrement payés par le CNES, la division spatiale de la SOPEMEA a terminé la période de Brétigny avec environ 80 personnes et un budget inférieur à 10 MF.


"Elle" à la SOPEMEA

Ce budget de fonctionnement est resté à près de 90 % financé par le CNES, soit directement soit indirectement via ses fournisseurs.
Des tentatives de diversification ont bien eu lieu avec l'accord explicite ou tacite mais toujours bienveillant du CNES, dans le double but de stimuler l'intérêt des ingénieurs et de contribuer à l'amortissement des frais fixes pour diminuer ou tout au moins stabiliser les taux horaires d'exploitation.
Les diversifications les plus significatives ont été la maîtrise d' œuvre d'une partie du centre d'essais des missiles de l'armée de terre à l'ETES (Établissement Technique de Bourges), et diverses études de vibrations pour le CEA pilotées par le Centre du Ripault, la plus importante concernant la tenue en vibration des colonnes de diffusion gazeuse en UF6.
Parmi les plus insolites ou du moins inattendues on peut citer les applications décrites par:


"Elle" à la SOPEMEA


- Une application médicale: développement d'une sonde orthopédique à télémesure de contraintes et alimentation par induction pour les prothèses in vivo (“clous” de hanche et de tibia). Le client était l'APHP (Assistance publique des hôpitaux de PARIS);
- L’isolation vibratoire des postes d'équipage des remorqueurs fluviaux secoués par la cavitation des hélices comme tout récemment ceux du Charles de Gaulle, pour le compte de la CGPVN (Compagnie Générale de Poussage sur les Voies Navigables).
Toutes ces diversifications ont été conduites avec succès mais leur contribution est restée marginale.
Le programme spatial était la mission principale qui mobilisait l'essentiel des ressources et des énergies.

5. Conclusion
En conclusion j'aurais tendance à dire que la SOPEMEA a été plutôt bon élève à l'exemple du CNES qui, en tout cas au début mais c'est peut être encore vrai aujourd'hui, a su faire vite et bien avec des ressources minimales.
Parmi les secrets du succès de ses dirigeants de l'époque il faut signaler l'esprit d'équipe qu'ils ont su créer. Ils nous ont donc permis de vivre une expérience technique et humaine dont, avec un peu de retard (à peine un demi siècle !), je suis heureux de pouvoir les remercier aujourd'hui.
Je ne peux conclure sans citer J. P Causse; à l'issue d'une présentation à un colloque de Bordeaux je lui demandais un peu anxieux: «Comment ça a été?», réponse : « Comme pour tout le monde ! : un bon début, un développement avec des hauts et des bas, un regain d'intérêt dans une conclusion malgré tout (ouf!) attendue».

 
 
   
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