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cta01
 
 
  Une ferme au milieu des marécages
 
 
un interview de Michel Deschamps
   
  Le premier décentralisé du CNES à Toulouse (1966) raconte son aventure... qui commença par faire pousser du blé.
   
 
 

"Quand je suis arrivé, ici, c'était un marécage. Il en reste d'ailleurs une partie de l'autre côté du canal".
C'est en avril 1966 que Michel Deschamps, alors adjoint du chef d'établissement du Centre National d'Etudes Spatiales, à Brétigny, a "débarqué" à Toulouse. Il était chargé de mettre en place l'infrastructure de ce qui allait devenir le plus important centre technique de l'organisme spatial national.
"A Toulouse, à cette époque, on trouvait encore de nombreuses boutiques aménagées comme lors de leur ouverture, dans les années 25. La ville de province typique ". Presque une caricature, aux yeux d'un Parisien du cœur de la capitale. Quant au site du futur centre spatial, "il s'étendait au fond d'un désert qui commençait, en venant de la ville, au bout du chemin de Peyssat, après les pistes de Montaudran.

 
 
Trouvez la villa de Michel Deschamps
Rien d'étonnant à ce que les amoureux sans toit y aient trouvé refuge; nul ne venait les déranger, aussi loin de tout, en des lieux n'offrant, hormis l'été, d'autre attrait que leur isolement. En toute autre saison, on peut dire qu'ici se trouvait la poubelle climatique de Toulouse, le comble de l'humidité et de la boue y est atteint. Il m'est arrivé, plusieurs fois, alors que je devais me rendre en ville, d'utiliser, tour à tour les trois voitures dont je disposais alors, parmi lesquelles une équipée de quatre roues motrices, que m'avait allouée le C.N.E.S.
La première s'étant embourbée, je retournais à pied à la maison en chercher une autre.
A nouveau embourbé, j'avais recours à la troisième."
Cette maison dont parle Michel Deschamps - ceux qui s'en souviennent disent "La villa" - était le logement de fonction où il s'était installé avec sa famille: ce n'était pas le seul bâtiment sur le site.
"Restaient encore, à notre arrivée, deux fermes en semi-activité. Quand toute exploitation a cessé avec l'avancement du chantier, j'ai passé un contrat avec l'Institut National de la Recherche Agronomique, afin que l'on continue d'entretenir les terres.
De sorte que l'on pourrait sans erreur affirmer qu'à Toulouse le premier travail concret du C.N.E.S. a consisté à faire pousser du blé et du maïs!"
Des colères mémorables
Dans le même temps, le représentant officiel du C.N.E.S. (qui rendait des comptes, plusieurs fois par mois, à Paris, à la direction de l'établissement public) apprenait à connaître les milieux techniques toulousains, et en particulier les services spécialisés de la préfecture, avec lesquels il participait à de fréquentes réunions.
Sur le terrain la vie du chantier n'était pas toujours rose. Michel Deschamps se rappelle "avoir piqué des colères épouvantables. Je me suis trouvé confronté à une difficulté imprévue et quasi-insurmontable: un rendez-vous fixé n'avait pas, ici, valeur d'engagement. Mais finalement, le travail était fait; malgré les retards, les reports, et aussi les problèmes techniques rencontrés tout de suite. En effet, le premier ouvrage important qu'il fallait réaliser était la galerie technique. Dans ce couloir enterré passent tous les câbles, tous les fils du centre. Une étanchéité absolue y est obligatoire. Vraie gageure, dans un marécage!"
On avait commencé, d'abord, dès l'arrivée de Michel Deschamps, par tracer et réaliser les voiries et voies diverses sans lesquelles aucun chantier ne peut être entrepris.
Le deuxième ouvrage important fut la centrale énergie alimentant tout le centre spatial, opérationnelle au mois de mai 1968. Ce qui devait permettre, à la fin de cette année-là, d'installer, dans les premiers bâtiments équipés, le personnel de la toute nouvelle division autonome "Ballons", et celui des "Moyens Généraux".
Au total, une vingtaine de personne.
Une "Unité Pilote" avait été construite, bâtiment qui devait accueillir à leur arrivée à Toulouse les divers services, au fil de leur décentralisation, et destiné à tester les matériels et équipements à utiliser dans leurs installations définitives.
Le désert marécageux apprivoisé, les immeubles sortis de terre sous son contrôle et sa responsabilité (il assurait coordination et dépannage) désormais occupés, les temps étaient venus pour Michel Deschamps de quitter "la villa" qu'il lui avait fallu, naguère, chercher à tâtons dans un brouillard plusieurs heures durant.
"J'aurais pu rester. J'ai d'ailleurs toujours un contrat de location. Mais vivre sur les lieux même du travail, pas question. Trente mètres me séparaient de mon bureau!"
L'aventure, c'était fini.
 
Document CNES
   
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