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Retour au Pays

 

 

Loin, là-bas, sous le feu céleste,

Sont les déserts de l'ennui,

Les sables du grand infini

Que j'ai fui telle horrible peste,

 

Pour retrouver mon doux pays,

De verdure aimable, assombri,

Aux vergers très bas et intimes,

Qu'ému de joie, ce soir, je rime.

 

Je chante, heureux et amoureux,

La terre grasse et odorante,

Les prairies vertes et bruyantes,

Les sapins noirs, majestueux

 

S'unissant à mon allégresse,

Les oiseaux gazouillent sans cesse…

La neige éternelle, là-haut,

A son bon sourire pâlot:

 

Et moi, marchant le coeur en fête,

Aux paradis des souvenirs,

Salue, et les gens, et les bêtes,

Les yeux éclatants do plaisir.

 

O tranquille et petit village,

O tendres herbes de potage,

Que je vous aime, vieux toits gris,

Mûrs moussus et balcons fleuris.

 

De revoir la fraîche campagne

Aux étroits chemins ombragés,

De sentir proche la montagne

Aux alpages si parfumés,

 

M'emplit d'une telle euphorie

Que je suis ivre à mourir.

Où est-elle ma nostalgie ?

O pays de mes souvenirs…

 

Loin, là-bas, sous le feu céleste,

Dans les déserts de l'ennui,

Sont les sables de l'infini

Que j'ai fui telle horrible peste.

 

Jacques