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Que fais tu ?

 

 

La profession est centre d'équilibre vital. Un groupe d'hommes du contingent s'y est donc intéressé. Il a mené une enquête sur notre base. Après dépouillement, il ressort ces conclusions générales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici, au préalable, quelques chiffres :

- 1600 questionnaires ont été diffusés,

- 265 sont revenus exploitables,

- 15 % sont liés à une entreprise par contrat,

- 11 % sont syndiqués,

- 70 % ont choisi leur profession par goût,

- 65 % ne désirent pas changer de métier,

- 76 % veulent se perfectionner,

- Pour 75 % le service ne donne aucune occasion d'améliorations professionnelles.

 

Il faut d'abord noter une certaine indifférence à l'égard d'une telle enquête. Le nombre des réponses rend cependant les résultats significatifs, d'autant plus que les professions représentées sont d'une très grande diversité à majorité manuelles.

 

S'il est heureux de constater que le plus grand nombre avoue s'être déterminé librement et par goût, il reste vrai néanmoins que beaucoup ont été conditionnés dans leur choix par la profession des parents, les éducateurs, le hasard…

 

Un individualisme très marqué explique que rares sont ceux qui se sont engagés auprès d'une entreprise ou d'un syndicat. Une autre raison en est le manque d'information.

 

Quel est le prolongement de la vie professionnelle dans le Service Militaire ?
Hélas, l'utilisation des compétences reste le plus souvent de vains mots. Une tranche de vie est mise entre parenthèses : les mains perdent la dextérité acquise, les esprits s'assoupissent.

 

Quels sont donc les désirs exprimés ?

Si un certain nombre va jusqu'à souhaiter un changement de métier, la plupart désire une promotion professionnelle et sociale. D'une part, ceci manifeste une carence certaine d'orientation professionnelle et d'information ; d'autre part, ceci appelle une réponse au besoin de s'entretenir et de se perfectionner.

 

Ces désirs peuvent-ils être satisfaits ?

Un haut fonctionnaire a écrit tout un volume sur le thème "L'Information, clé de la Prospérité". Cela est vrai dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Documenter, orienter, donner des conseils exige des compétences qui se trouvent certainement sur une base comme la nôtre, mais que l'on ne rencontre guère.

 

L'information doit n'être que le préalable nécessaire de la formation. Les éléments d'un centre existent déjà. Il y a, au Foyer du soldat, une salle d'étude et une bibliothèque, certes pauvre en livres et revues techniques ou formatrices. Des professeurs du Contingent y donnent bénévolement des cours (voir programme et horaires dans l'entrée de la bibliothèque ou auprès du bibliothécaire). Mais il importe que ceci se développe et se valorise, par l'effort de chacun.

 

En conclusion, on peut retenir de réponses à cette enquête : d'abord l'attitude individualiste des Hommes de troupe face à leur profession, attitude stérile ou courageuse et féconde, selon les individus, ensuite la pensée que le passage à l'armée est la descente aux oubliettes ; enfin, les souhaits de promotion par l'information et la formation.

 

Jean Finet.

 

La censure n'avait probablement pas lu cet article attentivement… Cela m'a rappelé de vieux souvenirs