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hamc08t
 
 
  Brigitte reçoit ...
 
 
Jacques Tiziou
 
 
 
 
Février 1966, envoyés spéciaux à Hammaguir
 


Peu après "Luna" 9, une joyeuse équipe de journalistes a "aluni" à son tour. Elle s'attendait à trouver le plus désert des déserts. Un Comité d'accueil fort sympathique s'est vite chargé de leur prouver combien ils s'étaient trompés :
Le Sahara est vert, il y pousse des champignons délicieux, les gazelles s'y multiplient et le tesson de bouteille se "cultive" sur des hectares et des hectares d'une terre rouge dont la vipère à cornes n'aime pas être chassée.
D'autres "Gazelle", sur roues, ont besoin d'anti-gel et pourtant le "walk-in cinéma" en plein air refuse des clients tous les soirs.
Un mélange de "Salaire de la peur" et de "Taxi pour Tobrouk" où se serait égaré un petit coin de Paradis, un paradis aussi nommé "Brigitte", poésie rassurante pour un champ de tir.

La Photo Souvenir

Au premier plan, de gauche à droite,
Paul Denarié, chargé en particulier de la rubrique aérospatiale du "Dauphiné Libéré", le collaborateur d’Aviation Magazine Jacques Tiziou, Georges Février, président de l'AJPA, et rédacteur en chef d’Aviation Magazine Jacques Gambu.

En cet endroit isolé du monde qu'est la Hammada du Guir, où paressent les lézards géants près des roses des sables, la Manne tombe du Ciel tous les deux jours : 58 tonnes de farine, 15 tonnes de conserves, 36 de bœuf, 8.000 volailles, 48 tonnes de pommes de terre, 24 de salade, 144.000 œufs, 250.000 bouteilles de bière, 175.000 de Perrier, une tonne de citrons, 72 kg de poivre, etc., y sont parvenus l'an dernier.
En octobre 1965, 140 tonnes de matériel sont arrivées à Hammaguir. En novembre suivant, 145 tonnes de ravitaillement. Tout a été acheminé par avion : l'Oued Guir avait changé de lit, arrachant les ponts, interdisant toute liaison routière entre Colomb-Béchar et Hammaguir.
Ces chiffres méritaient d'être rapportés car l'une des conséquences du secret qui, hier encore, entourait la base de Béchar-Hammaguir, était de laisser croire que les installations du Centre Inter-armées d'Essais d'Engins Spéciaux (CIEES) n'étaient encore que relativement modestes. Certains allaient même jusqu'à prétendre que le Centre était interdit, non pour des raisons de sécurité militaire, mais bien parce que l'on avait honte de montrer un vieux radar "de la dernière" et trois "lance-pétards",.. .

Le voile s'est soulevé.
Certes, nous n'irons pas comparer Hammaguir à Cap Kennedy, au MILA, ou à Baykonour, pour autant qu'on puisse imaginer cette dernière; mais nous savons désormais qu'Américains comme Soviétiques seraient surpris de voir ce qu'est devenu le petit polygone de 35 kilomètres de long d'où furent tirés, dès 1949, les premiers engins français.
Grâce au Ministère des Armées, qui invita la Presse à assister au lancement du second satellite du CNES, nous avons constaté les extraordinaires efforts qui ont été consentis pour doter la France d'une base spatiale digne de ce nom.
Nous tenons toutefois à dire immédiatement notre surprise et nos remords.
Surprise de constater que toutes les portes s'ouvraient devant nous, comme par enchantement, surprise d'entendre les réponses les plus franches à nos questions les plus indiscrètes.
Remords d'être allés déranger les techniciens au moment où culminaient leurs efforts, et où cinq minutes de sommeil supplémentaires devaient leur paraître plus précieuses et plus souhaitables que des heures de "confrontation" avec les journalistes.
Notre confort leur a coûté un réel inconfort et nous tenions à les remercier en espérant qu'ils ne seront pas contraints à regretter, et leur patience, et leurs efforts.
 
   
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