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  La Guyane
Images instantanées en mai-juin 1966
   
 
Jacques Beaucher

 

 

 
 
La Guyane, en 1966, est le plus grand département français, 90 000 km2 et le moins peuplé, une centaine de milliers d'habitants, soit un habitant au km2,. L'île de Cayenne regroupe environ la moitié de la population totale. La forêt est donc vide d'occupants.
Fouler le sol guyanais en 1966 permet de vivre la période de transition entre deux mondes particulièrement hétérogènes: celui de la colonisation, de l'esclavage et des chantiers pénitentiaires d'une part et la participation à l'exploitation d'une technique de pointe. Il est alors aisé d'imaginer ce territoire depuis le 17e siècle.
Aujourd'hui c'est impensable.
    «Ne vous faites aucune illusion; rien n'a jamais réussi en Guyane, malgré des tentatives diverses» nous confient les habitants de ce territoire dominé par la forêt oppressante, situé sur un socle quasi horizontal, sur lequel tombent chaque année plusieurs mètres d'eau (6 à 8 mètres sur la montagne Tigre près de Cayenne) et dont l'atmosphère est surchauffée. Pour le métropolitain, le climat dans la partie littorale est débilitant: Une saison sèche et chaude (le deuxième semestre de l'année) et une période de pluie abondante et continue en mai-juin. On ne sait pas apprécier la tonicité de nos climats des «45e Atlantique Nord» : alternance des saisons et rupture jour/nuit. Merci au Gulf Stream.
Que vient-on chercher dans ce pays d'altitude quasi-nulle, où les "monts" culminent à 100-150 mètres, où le tracé des zones littorales évolue sous l'influence des courants de boue venus de l'Amazone et de la colonisation aléatoire des palétuviers ?
Une bande littorale libre, face à l'Est, proche du plan équatorial de la Terre, ignorant les accidents climatiques (cyclones).
Encore faut-il prendre connaissance de l'endroit pour lequel aucune carte précise n'existe: Les premiers relevés aériens se révèlent erronés de quelques mètres en altitude en raison de la hauteur des arbres qui avait été sous-estimée (?).
La place des Palmiers à Cayenne
Quelques mètres, c'est beaucoup pour l'altitude dans l'étroite bande littorale intéressante (20 km environ) qui s'étend de Cayenne à Sinnamary.
Nous sommes sur place en 1966 pour identifier les sites favorables à l'implantation des installations techniques et de la base-vie (Montabo, les Pères, Pariacabo, Degrad (1) Saramaca, Kourou et Iles du Salut).
La liaison avec la Métropole s'effectue après un transfert à Pointe à Pitre dans un DC4 climatisé par ventilateurs individuels totalement inefficaces au sol au cours des escales trop nombreuses.
A Cayenne, ville au caractère colonial typique, notre hébergement est organisé dans l'ancien pénitencier enfin rendu utile. Les quotidiens de la presse parisienne vendus chez “Le Chinois” datent de 3 semaines puisqu'ils sont acheminés par bateau. Les liaisons radio à grande distance sont peu fiables (le centre de PT du Trou-Biran attendra encore plusieurs années l'antenne de liaison par satellite).
On ne peut quitter Cayenne sans rendre visite au restaurateur “Vaudé”, ancien bagnard, très loquace sur ses conditions de détention, sa libération et sa belle réussite commerciale.
En quittant son établissement, on se doit de méditer quelques minutes devant la vingtaine de tableaux peints par Lagrange, un de ses camarades de détention. Horreur...
J'ai conservé un exemplaire du livre rédigé par Vaudé et dédicacé: “A mon camarade Jacques Beaucher”. Compromission.
Il est possible, de temps à autre, muni de quelques bières, de rencontrer et de faire parler d'anciens pensionnaires du bagne, libérés en 1945, trop âgés ou trop irascibles pour quitter le territoire de leur malheur.
   
Une rue de Cayenne
"Rentrée des Corvées " Francis Lagrange
Cayenne ne dispose d'aucun port en eau profonde et ainsi ne reçoit pas de cargos. Le port de Degrad des Cannes n'est encore qu'un projet. La première liaison maritime de fret avec la métropole est assurée par le “Mont-Joly” qui, en Mai 1966, entre pratiquement à vide dans le port de Kourou, à la faveur d'une marée bien choisie, en labourant le chenal tout exprès dragué pour lui.
         
Kourou: l'appontement en construction (15/3/66)
Entrée dans le port de Kourou (06/66)
 
 
   
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