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kob201
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Langement de Véronique
pour l'inauguration du CSG

Le 9 avril 1968


Un texte de A. Desclaudes
pour "Ephémérides"

Le 9 avril 1968, presque un an jour pour jour après le départ du CNES de Hammaguir, auront lieu les premiers lancements de fusées-sondes (deux Véronique) depuis le Centre Spatial Guyanais.
J.-C. Renou et J.-P. Morin, les deux principaux responsables de cette campagne (pour la partie "Fusées Sondes") donnent ici quelques explications sur ces futurs lancements; ils sont conscients des difficultés qu'ils vont rencontrer: d'une part il s'agit d'un premier lancement depuis une nouvelle base, d'autre part, un nouveau procédé de récupération des pointes va être essayé, puisque les fusées-sondes lancées depuis Kourou devront être repêchées en mer. L'essai de ce dispositif de récupération, qui équipera les deux Véronique, sera d'ailleurs l'objet principal de cette première campagne.

Les procédés de récupération


Préparation

 

Bien que, depuis la base de Guyane, on puisse exécuter sans danger des lancements dans toutes les directions, les lancements vers l'Ouest se sont révélés impossibles car le point de chute des pointes de fusées se situerait dans des régions de savane et de forêt vierge inextricable, sans nul moyen d'accès; toutes les fusées qui partiront de Kourou devront donc être lancées vers l'Est, ce qui a rendu nécessaire la mise au point d'un nouveau système de récupération des pointes en mer. Pour cela, il a fallu d'une part réaliser une adaptation des compartiments de récupération terrestre déjà existants, d'autre part prévoir un équipement spécial pour la localisation et le repêchage des pointes.
Il existe actuellement deux procédés de récupération des pointes de fusées: l'un, dit “à basse altitude”, l'autre “à haute altitude”


Remplissage


1) Récupération « basse altitude ».

Lorsque, à 80 km d'altitude environ, au moment de sa rentrée dans l'atmosphère, la pointe se détache automatiquement du corps du propulseur, le décentrage est tel que la pointe devient instable à haute vitesse; elle est soumise à un mouvement de rotation qui provoque le début de l'opération de freinage; cette dernière est complétée par l'ouverture de deux parachutes, à 4 km d'altitude. Ce système a été employé par le CNES jusqu'en 1965, date à laquelle se sont posés des problèmes de récupération de charges plus lourdes et surtout de pointes contenant des animaux: il était impossible de continuer d'utiliser ce système dans lequel le freinage se fait par déstabilisation car les animaux n'auraient pas supporté l'effet des rotations.


Direction des opérations

2) Récupération « haute altitude ».

Un autre système a donc été développé: il s'agit du système “haute altitude” qui nous intéresse plus spécialement ici puisqu'il sera utilisé pour équiper les pointes lancées depuis la Guyane.
Comme pour le système précédent, la pointe est séparée du propulseur à la rentrée dans l'atmosphère, mais elle est immédiatement stabilisée, par l'ouverture de quatre aérofreins; un parachute s'ouvre à 4 km d'altitude et achève le freinage.


Récupération de la pointe

Ce système a été étudié de 1965 à 1967. Il s'est révélé tout à fait satisfaisant en mars 1967 où deux pointes de Vesta, équipées d'un bloc de récupération “haute altitude”, furent retrouvées en parfait état, avec les deux singes embarqués à bord (expérience du CERMA). Ces compartiments, mis au point par la Société Latécoère, présentent l'avantage d'être adaptables à toutes les fusées de la « Famille 1 » et aux Véronique; ils sont conçus pour des charges utiles de 150 à 250 kg.

Cependant, avec l'installation du CNES en Guyane, il a fallu adapter ce système déjà mis au point pour la récupération terrestre aux exigences de la récupération marine, c'est-à-dire prévoir à l'intérieur du compartiment un système permettant aux pointes de flotter après leur impact.
Le volume gagné grâce au remplacement du parachute terrestre, très volumineux, par un autre, plus petit, a été aménagé pour contenir une bouée; cette dernière est gonflée pendant la descente de la pointe: une petite fusée est mise à feu; le gaz qui s'en échappe gonfle la bouée en 30 secondes. Sur cette dernière sont fixées deux antennes d'émission reliées à deux balises situées dans le compartiment.