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Le satellite franco-allemand Symphonie

 
  C. de VAULX (CT/AD) 1968

 
Le satellite Symphonie entre dans le cadre général d'un programme qui comprend la conception, la réalisation, le lancement et l'utilisation d'un satellite expérimental de télécommunications.
Les travaux sont réalisés en coopération avec la République Fédérale d'Allemagne et sont définis par une Convention signée le 6 juin 1967 entre les gouvernements français et allemand. Ils comportent en particulier:
- la réalisation d'un satellite prototype et de deux modèles de vol,
- l'achat et la mise en œuvre de lanceurs fournis par le CECLES/ELDO.
- la réalisation de deux stations terriennes expérimentales.
 

Historique
L'idée de la réalisation d'un satellite de télécommunications est déjà ancienne, puisque le CNES, le CNET et l'O.R.T.F. avaient conçu en 1966 le projet d'un satellite purement français appelé SAROS, qui devait être lancé par la fusée Europa 1 et dont la mission était voisine de celle de Symphonie. De leur côté, les Allemands avaient commencé des travaux d'étude pour un projet de satellite appelé OLYMPIA, destiné à retransmettre les images des Jeux Olympiques de Munich.
La Convention de 1967 a transformé ces deux projets en un projet franco-allemand unique qui présente l'avantage, pour les deux pays, du partage des charges financières et permet à chacun de profiter de l'acquit de l'autre en technologie spatiale; l'Allemagne en particulier a déjà financé des études de développement de certains équipements, notamment pour les télécommunications, la France ayant déjà fait ses preuves avec les programmes précédents.
En septembre 1967, une consultation préliminaire a été faite auprès des industriels français et allemands pour connaître leurs possibilités de participer à la réalisation du satellite Symphonie. En janvier 1968, un appel d'offres a été lancé auprès des deux consortiums industriels franco-allemands. En avril 1968, les deux consortiums ont fourni une offre technique et financière.
Après étude de ces offres, le consortium CIFAS a été choisi pour assurer les travaux et, aux fins de négociations techniques et financières, une lettre d'intention de commande vient de lui être envoyée.
La durée de réalisation prévue est de trois ans et demi, c'est-àdire que les deux modèles de vol pourraient être exécutés pour l'été et la fin de 1972 (le gouvernement allemand avait initialement souhaité que le satellite Symphonie puisse être utilisé pour la retransmission télévisée des Jeux Olympiques de Munich).

Organisation du projet
Les deux gouvernements ont créé pour ce programme un organe de direction, appelé Conseil de Direction, dont fait partie le Directeur général du CNES, et un organe d'exécution, le Comité Exécutif, avec deux secrétaires exécutifs, l'un allemand, M. Schendel, l'autre français, M. J. Bouvet.
Le CNES et la Gesellschaft für Weltraumforchung (GfW), organisme ministériel allemand, sont chargés, sur les instructions du Comité exécutif, de l'établissement et de la gestion du contrat passé avec le consortium industriel.
Le CIFAS est constitué de sociétés allemandes et françaises qui unissent leurs moyens techniques et financiers pour réaliser Symphonie: Nord-Aviation (maître d'œuvre), Sud-Aviation, Béilkow, Junkers, C.F.T.H., SAT, Siemens , Telefunken.
Le consortium industriel a non seulement la charge de construire les équipements, mais aussi la responsabilité de la maîtrise d'œuvre et de l'intégration; les travaux sont partagés entre industriels français et allemands de façon égale, autant pour la partie aéronautique que pour la partie électronique; de plus, 4 % du montant des travaux doivent être réservés à l'industrie belge.
Pour la gestion du contrat, le CNES et la GfW vont mettre en place à Brétigny un groupe dit "intégré", constitué d'ingénieurs français et allemands, qui seront installés au premier étage du nouveau bâtiment Vaucanson (les premiers ingénieurs allemands sont arrivés dans le courant du mois d'avril).

Description du satellite
Le satellite sera placé par le lanceur quadriétage EUROPA Il et son moteur d'apogée, sur une orbite synchrone, à 15 degrés de longitude Ouest. Il pèsera 200 kg environ (sans son moteur d'apogée). Stabilisé en attitude selon ses trois axes par une roue d'inertie et des jets d'azote, il porte une antenne de réception de 17 degrés d'ouverture et deux antennes d'émission elliptiques (8,5 et 13 degrés d'ouverture), l'une couvrant la zone Europe-Afrique, l'autre la zone Amérique. Le service de télécommunications est assuré en hyperfréquences par ce jeu d'antennes et par deux répéteurs fonctionnant simultanément, chacun pouvant émettre dans l'une des deux zones de couverture; à chaque répéteur est allouée une fréquence d'émission (entre 3,7 et 4,2 GHz) et une fréquence de réception (entre 5,9 et 6,4 GHz).
Les opérations sur le satellite se font par l'intermédiaire d'une télécommande-télémesure fonctionnant soit en THF, soit en SHF.
La position du satellite sur orbite est maintenue par un système de tuyères à gaz chaud (bi-ergol) pendant une durée de vie de 5 ans.
L'alimentation en énergie électrique est assurée par trois panneaux solaires fixes déployables. Le contrôle thermique est du type passif.
L'équipement de télécommunications permet la distribution du programme de radiodiffusion et de télévision, la transmission de communications télégraphiques et téléphoniques et la transmission de données. Les deux modèles de vol sont destinés à être lancés et exploités simultanément.
L'originalité de Symphonie par rapport aux satellites de télécommunications fabriqués par Intelsat est qu'il est stabilisé selon ses trois axes tandis que les précédents sont stabilisés par rotation, ce qui nécessite des travaux originaux sur le générateur solaire, les senseurs terrestres, la roue d'inertie.
D'autres équipements nouveaux, tels que tubes à ondes progressives, antennes hyperfréquences, micro propulseurs à bi-ergol, demandent un effort particulier de l'industrie européenne. Enfin, le fait de vouloir obtenir pour le satellite une durée de vie de cinq ans en utilisant au maximum des composants européens oblige les fabricants à fournir des composants de haute fiabilité.
En un mot, le satellite Symphonie fait partie d'un programme ambitieux, à la mesure de l'industrie européenne. Il est dit "expérimental" car il va permettre de mettre à l'épreuve des techniques et des technologies nouvelles qui ouvrent la voie aux satellites de distribution régionale à pinceaux fins.

 
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