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LE PROGRAMME SYMPHONIE


 

par Jack Muller

 

 

2/5/2007

 

Bref retour en 1960
L'ére spatiale commence vraiment avec les premiers satellites "utiles". Les idées d'Arthur C. Clarke ont fait leur chemin et guerre froide oblige, les télécommunications par satellite sont une priorité des Américains. Ils s'attaquent au problème avec la famille Syncom dès 1961 et placent finalement en mi-63 Syncom 3 le premier satellite géostationnaire en orbite. Les retombées économiques ne leur échappent pas puisqu'Intelsat est créée dans la foulée et qu'en avril 1965, Intelsat 1 (Early Bird ) ouvre l'ère des télécommunications commerciales. Pour ce marché immense, le nom est bien choisi puisque le proverbe dit "the early bird gets the world" .

Les Européens, et les Français notamment , vont avoir deux réflexes. D'abord, s'associer commercialement à ce grand marché en acceptant le monopole spatial des USA et c'est la démarche des PTT qui dès 1962 se préparent à exploiter des liaisons spatiales avec leur antenne cornet de Pleumeur Bodou. L'autre réaction est plus politique et répond à la volonté gaullienne d'indépendance qui a déjà conduit à la création du CNES. On ne peut accepter un monopole américain sur les télécommunications spatiales. L'Europe doit être capable de fabriquer et de mettre en orbite des satellites géostationnaires.
C'est l'origine des projets de lanceur Europa 2 et d'un satellite de télécommunication qui sera Symphonie.

Les accords franco-allemands
Depuis 1963, il existe un Accord franco-allemand de coopération spatiale et dans chaque pays des études sur les satellites géostationnaires sont lancées dès 1965.( Projet Olympia en RFA et Saros en France). Des négociations diplomatiques et techniques sont menées pour rapprocher les projets. Elles aboutissent à une Convention de coopération qui sera signée par les Gouvernements le 6 juin 1967. Cette Convention est basée sur le principe d'une contribution égale de chaque pays, d'un partage des tâches industrielles et opérationnelles et de la création à tous les niveaux d'équipes intégrées de personnel allemand et français.
Les gouvernements nomment un Conseil de direction bilatéral avec trois organismes français (CNES - DGT - TDF) et trois organismes allemands (DFVLR - BundesPost et Deutche.Welle). Le Conseil confie la maîtrise d'ouvrage à un Comité Exécutif franco-allemand.Au plan industriel, un Appel d'offre international est lancé en 1968. Deux consortium franco-allemands présentent des offres d'une grande qualité. Le consortium retenu est le GIE GIFAS qui regroupe les industriels suivants MBB - SNIAS - THOMSON.CSF - SIEMENS - AEG.TELEFUNKEN - SAT .

Défaillance du lanceur
Sans épiloguer sur les problèmes du lanceur, disons qu'en 1966 le concept du lanceur coopératif Europa 1 est revu pour permettre les lancements de satellites géostationnaires. C'est le programme Europa 2 déjà très controversé dès sa création. Il est abandonné après l'échec du premier lancement à Kourou en 1971. Son successeur Europa 3 ne verra jamais le jour. Il faudra attendre Ariane en 1979 pour que l'Europe ait enfin son lanceur.

De son côté, le satellite se développe avec les aléas habituels d'un nouveau programme pour être disponible courant 1973. Le problème est qu'il n'a plus de lanceur et que l'on entrevoit pas d'issue européenne à court terme.
Dès l'abandon du programme Europa 2, les Gouvernements entament des négociations avec la NASA pour l'achat de deux lancements par des fusées Thor-Delta 2914 à partir de Cap Canaveral. Le contrat est assez léonin puisqu'il limite les satellites à un rôle expérimental et exclut toute exploitation commerciale qui ferait du tort à Intelsat, y compris pour des liaisons nationales.

Le satellite et les stations
Le consortium CIFAS commence ses travaux en 1969. L'objectif que se fixaient les Allemands était une mise en service pour les Jeux Olympiques de Munich. C'était trop ambitieux, mais l'industrie aurait pu livrer le premier satellite à Europa 2 en 1973.
Le passage sur un nouveau lanceur va exiger des modifications importantes et c'est en décembre 1974 qu'aura lieu avec succès le lancement de Cap Canaveral. Il sera suivi d'un second lancement tout aussi réussi en août 1975.
Premier satellite civil stabilisé sur 3 axes, Symphonie est novateur sur bien des points Beaucoup de solutions originales qui serviront dans les programmes futurs sont la conséquence de l'embargo qui interdisait l'exportation et l'achat d'équipements US et qui a stimulé nos industriels.

Les stations de télécommunication sont un volet important des systèmes à satellites.
En 1970, elles ont 30 m. de diamètre et sont les centres qui redistribuent les signaux par voie terrestre.
Symphonie qui a une puissance d'émission accrue ouvre l'ère des petites stations mobiles (2,2 m de diamètre pour la plus petite ) qui remplaceront les paraboles monumentales du début et préfigurent téléphone et télévision par satellite.

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