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Les 3 ans du CNES

 

 

Robert AUBINIERE
Directeur Général du C.N.E.S.



(1965)

 

 

Lorsque le Centre National d'Etudes Spatiales fut créé en mars 1962, la recherche spatiale en France en était à ses débuts. Quelques observations au sol et un petit nombre de tirs de fusées-sondes avaient été faits.
Le C.N.E.S. avait presque tout à créer et à organiser, face à deux grands pays qui disposaient déjà de moyens spatiaux puissants et avaient à leur actif un grand nombre d'impressionnantes réussites spatiales.
De toute évidence, il ne pouvait être question de rivaliser avec l'ampleur des projets américains ou soviétiques. Mais la compétition spatiale qu'avait provoquée l'UR.S.S. et qu'avaient acceptée les Etats-Unis était génératrice de tels progrès scientifiques et technologiques que les autres pays risquaient, s'ils restaient de passifs observateurs, d'être rapidement dépassés et d'accumuler un retard qu'il serait de plus en plus difficile à combler à mesure que le temps passait.
Il s'agissait donc de réagir vite et à bon escient.
La tâche du C.N.E.S. était cependant facilitée par le fait qu'il pouvait prendre modèle sur les deux pays et qu'un certain nombre d'erreurs qui avaient été faites dans le passé pouvaient ainsi être évitées.
Le vrai problème était de prendre un bon départ, de bien choisir la ou les voies dans lesquelles on allait s'engager. Il apparaît aujourd'hui que les options fondamentales que le C.N.E.S. a prises dès le début se sont révélées justes par la suite.
 
D'une part, il fallait profiter de l'expérience acquise par les autres pays. Or, la France avait peu d'hommes de science et de techniciens familiers des problèmes de l'espace. Le C.N.E.S. a donc fait appel à des collaborateurs jeunes, facilement adaptables, qui ont complété leur formation par des stages de longue durée aux Etats-Unis. C'était sans doute la meilleure école possible pour des hommes qui allaient participer à la conception et à la réalisation du programme national français. Cette initiative a eu de très heureuses conséquences, d'autant plus que les Etats-Unis ont accepté très volontiers d'aider à la formation d'un personnel spécialisé.
Le C.N.E.S. devait songer aussi à sa propre organisation. Il met au point des projets et confie aux laboratoires de recherche déjà existants et aux firmes privées les travaux de recherche et de réalisation. Il se réserve seulement les opérations finales de maitrise d'œuvre (assemblage des matériels livrés) et de lancement des véhicules. Cette conception a été poussée très loin dans la mesure où le C.N.E.S. s'est efforcé de répartir les études et la fabrication des matériels entre le plus grand nombre de laboratoires et de firmes possible et de créer une concurrence assez vive entre tous ceux qui répondaient à ses appels d'offre. Le but était de pousser les chercheurs et les techniciens vers un très haut niveau de qualité dans tous leurs travaux.
Car telle était bien là l'option la plus importante qu'avait prise le C.N.E.S. Le développement des recherches spatiales en France ne pouvait se justifier que si les résultats obtenus bénéficiaient au pays tout entier. Or il ne pouvait être question de réalisations spectaculaires trop coûteuses pour la France. Il fallait arriver à des résultats positifs, peut-être moins visibles à court terme, mais qui finissent par être reconnus non seulement sur le plan national; mais même à l'étranger. Aujourd'hui, la France est - le dernier Salon international du Bourget l'a bien prouvé - une des premières puissances spatiales du monde, bien que loin derrière les Etats-Unis et l'U.R.S.S.
La France a su orienter ses projets de façon à les adapter à ses possibilités tout en tirant le maximum d'avantages de l'exploration d'un champ de recherches entièrement nouveau.
Elle s'est imposée des limites très précises dans ses projets et dans ses réalisations.
Elle a voulu que le développement d'un programme spatial provoque une amélioration de la qualité de fabrication dans l'industrie et elle a exigé des firmes sous contrats un très grand effort en matière de précision et de fiabilité des matériels.
Dans ce domaine, elle a ainsi contribué de façon non négligeable - et elle continuera à le faire - à hausser le niveau de fabrication des firmes françaises. D'autre part, dans le domaine de la recherche spatiale scientifique, cette attitude d'esprit a engendré un effort semblable et les expériences placées à bord des satellites français qui vont être lancés très prochainement sont du même niveau que celles placées sur certains satellites américains. C'est, en particulier, cette qualité des expériences françaises qui a facilité la collaboration avec la N.A.S.A.
 
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