Général de Gaulle - “Eh bien, en somme, il faut compter sur nous-mêmes. Nous le savons depuis toujours.”
Au ministre donc de mobiliser et entraîner la ressource nationale. Ce n'est pas du tout le sentiment de la plupart des scientifiques.

Je ne raconte pas au Général le point de vue franchement exposé par l'un d'eux, Jacques Blamont, directeur des programmes du CNES, physicien que j'ai connu à l'École normale.
Il m'a déclaré, avec la franchise que des “archicubes” se permettent face à des camarades de promotions voisines et l'assurance que leur confère la conviction d'avoir un prix Nobel dans leur gibecière: «Vous savez, pour nous scientifiques, le ministre n'a pas d'existence, si ce n'est pour le budget. Il n'a évidemment pas à se mêler de nos affaires, auxquelles il ne peut rien comprendre. Mais il a la capacité de décrocher un bon budget, comme le faisait Palewski en s'appuyant sur le Général. Vous connaissez la manœuvre?
Vous demandez 10 pour avoir 8. Le secrétaire d'État au Budget sera intraitable, il vous étrillera, il vous refusera de dépasser 5. Si vous faites du charme au ministre des Finances, il vous lâchera 6.
Si vous faites la danse du ventre devant Pompidou, il poussera peut-être jusqu'à 7, et encore, ce n'est pas sûr, il n'aime pas la recherche.
Mais si vous montez jusqu'au Général, il vous fera donner 8. Bien sûr, pour ne pas user votre crédit, ne demandez l'arbitrage de l'Élysée que sur un point. C'est-à-dire sur les programmes du CNES!»
Ce n'est pas mal vu. Mais si chacun des directeurs des organismes dépendant de moi fait le même raisonnement. ..

C’était de Gaulle
Alain Peyrefitte p 1320-1321

photo plein écran transmise par Louis Laidet
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