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  Que s'est il vraiment passé ?
  Interrogations sur le lancement de D1A - Diapason
 
 
Michel Taillade
 
ancien responsable de la case équipements D1A





 
 

26 Novembre 1965: Premier lancement Diamant emportant A1 Asterix

 
... La fusée fonctionne, le satellite (une "capsule technologique" corrigeait on, alors, au CNES... ) est mis en orbite mais ses émetteurs sont muets.
Le lancement est couvert par le "Confidentiel Défense" ... aucun journaliste n'est présent sur le champ de tir... Le CNES se fait tout petit dans sa salle d'opérations à Brétigny...
Les musiques militaires, les communiqués glorieux couvrent ce semi échec ... la France est devenue la troisième puissance spatiale !

.... Du champ de tir et de la station IRIS de Brétigny, on suivit le vol grâce aux équipements mis en oeuvre, jusqu'à H+279s, instant de mise en rotation de l'ensemble 2ème-3ème étage de Diamant: à ce moment en effet, la réception des émissions provenant de la capsule (sur 252 et à 136 MHz) cessa ; les stations aval (Guépratte et Liban), ne reçurent pas : au PC de tir, on n'avait plus aucune information sur le fonctionnement du lanceur, ni sur la réussite de l'injection.... et les minutes furent longues pour tous! Seule la poursuite radar (faite par le radar Aquitaine de Colomb-Béchar, grâce au répondeur de la capsule émettant sur une antenne située sur le corps de celle-ci a permis de suivre l'engin pendant la phase propulsée du 3ème étage, juste avant sa disparition sous l'horizon.

Extrait de "Quelques souvenirs du lancement, il y a 40 ans, des premiers satellites français" par Jean-Paul Guinard

 
17 Février 1966 : deuxième lancement Diamant emportant la pointe D1 (Case équipement et Satellite D1A-Diapason)
  Tout se fait au grand jour, les journalistes sont sur le champ de tir, le satellite du CNES est sur le fusée et tout fonctionne merveilleusement...
Petit détail, l'expérience scientifique de géodésie n'est pas mise en route comme prévue lors de l'ouverture des panneaux solaires mais sur ordre de télécommande à la troisième orbite...et le courant générateur solaire du satellite présente des variations singulières après séparation.
On est si proche du succès total qu'on oublie d'en avertir le directeur du centre spatial de Brétigny Jean-Pierre Causse à son retour d'Hammaguir avec la caravelle présidentielle...
Musiques militaires et communiqués glorieux couvrent ces petits détails.

...H +10 minutes: la station aval du LIBAN acquiert la télémesure 136 MHz du satellite, puis la télémesure 252 MHz de la case d'équipements, mais point d'émission des émetteurs 150 et 400 MHz qui, cependant, auraient dû être mis en marche automatiquement.
Las! Les minutes passent et le satellite disparaît sous l'horizon du LIBAN sans avoir daigné donner le ton...
Les contrôles visuels immédiats (C.V.I.) faits au LIBAN sur la télémesure 252 MHz et transmis au Directeur de Projet donnent lieu à un magnifique dialogue de sourds entre lui et la salle d'opérations. La joie fait place à la déception et à l'impatience: chacun essaie de trouver une explication rassurante et s'efforce d'en convaincre l'autre....
Le Directeur du Projet fait annuler la télécommande d'HAMMAGUIR prévue au 2ème passage.
Pourtant, fidèle au rendez-vous, D1A se présente gentiment à l'horizon d'HAMMAGUIR à l'heure prévue (H +2 h 05) et se laisse réacquérir par DIANE, IRIS et AQUITAINE.
H +2 h 07 : Acquisition par BRETIGNY
H +2 h 11 : Acquisition par OUAGADOUGOU. AQUITAINE annonce fièrement: Perte à 3300 km ! (entre nous, les données DIANE et IRIS auront été bien utiles aussi .. ).
H +2 h 16 : Acquisition par le LIBAN: bien entendu, toujours pas d'émissions 150 et 400 MHz. L'orbite semble aussi parfaite que possible (meilleure que la nominale, disent les facétieux) mais à quoi sert un satellite muet scientifiquement ?
A H +3 h 44 le Directeur du Projet décide de faire reprendre le plan d'opérations; cela signifie qu'au 3ème passage à H + 4 h 13, HAMMAGUIR tentera de mettre en route les fameux émetteurs 150 et 400 MHz. L 'heure du 3ème passage arrive, HAMMAGUIR télécommande D-1A et, ... ô merveille! ...peu après
A H +4 h 20 le LIBAN annonce recevoir les émissions 150 et 400 MHz tant désirées!
Le Professeur COULOMB saute de joie et bondit vers les journalistes pour leur annoncer la grande nouvelle!
Allons, tous les efforts généreusement dispensés depuis 15 jours sont largement récompensés et les déceptions de la semaine dernière totalement effacées.
DIAPASON est sur orbite et remplit sa mission malgré un courant "générateur solaire" aux variations singulières.

Extrait de "Le Lancement de D1A vu depuis le Réseau de stations et le Centre

 
Alors que s'était il vraiment passé ?
  Pour A1 Astérix on avait des soupçons mais pas de certitudes, j'avais été invité à la réunion de conclusion.
  " En Décembre 1965 et Janvier 1966, la commission examina l'hypothèse d'un choc de la coiffe. Mais cette hypothèse était infirmée par deux résultats d'essai :
(1) le phénomène n'avait pas été constaté lors des six tirs Rubis de qualification, dont quatre avec A1 et deux avec des pointes CNES,
(2) l'essai de séparation de la coiffe Diamant, réalisé au sol, avait bien marché. Sur la foi de ces observations, la commission orienta ses recherches, au cours des mois de décembre 1965 et janvier 1966 vers d'autres causes – principalement phénomènes électrostatiques difficiles à reproduire au sol.
"

Extrait de "Quelques souvenirs du lancement, il y a 40 ans, des premiers satellites français" par Jean-Paul Guinard
 
 
   
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