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d1b12b
 
 
 
 
Plus de 44 ans après certains s'interrogent toujours ...  
 

La simulation du lancement de D1A par Romain Menegon a réveillé les interrogations oubliées et relancé le jeu des interprétations quant au déroulement réel du lancement de D1A.
J'ai reçu quelques messages et en particulier les deux suivants qui font tous deux référence à cette simulation et m'ont incité à écrire ce petit article.

 

Jean-Pierre Causse, alors Directeur du centre spatial de Brétigny.
Je me rappelle que la SEREB a mis en doute pendant des mois cette version des faits.
S'ils étaient aussi clairs que présentés dans cette simulation, il n'aurait pas dû y avoir doute.
Par exemple je ne savais pas que les émetteurs 150 et 400 MHz n'avaient pas fonctionné au lancement et seulement par télécommande à la 3ème orbite. Personne ne m'a rien dit, il est vrai que lors de la 3ème orbite je devais être dans la Caravelle du retour. Je me souviens de cet atterrissage à Orly, dans la nuit, par un temps épouvantable. Une auto m'attendait pour me conduire à toute vitesse à la Maison de la Radio où je pus passer au 20 heures, interviewé par Jacqueline Baudrier.
De même, le panneau endommagé est-il bien resté dans la position représentée, c'est à dire comme si rien ne s'était passé?   J'avais toujours compris qu'il s'était ouvert comme les autres mais que sa fixation était tordue puisque cela ne tournait pas rond.


Jean-Paul Guinard alors Chef du projet D1A Diapason au CNES, se concentre plutôt sur la position du panneau solaire endommagé
Mon interprétation du panneau solaire "abimé" est la suivante: je ne crois pas qu'il soit resté à sa place à l'ouverture des panneaux, il s'est plutôt mis perpendiculaire à l'axe du satellite, grâce à la force centrifuge et compte tenu du système d'attache des panneaux, extrêmement léger et souple.

 
 
L
Lancement de Rubis 1

A l'époque j'étais responsable de la case équipement D1A.
Celle ci transmettait les informations sur le lancement, le fonctionnement de la fusée et les ordres à destination du satellite (Ouverture des panneaux, séparation du troisième étage).
J'étais donc idéalement placé pour suivre les détails du lancement de D1A et naturellement désigné pour effectuer le dépouillement de toutes les données techniques et participer aux réunions d'évaluations qui suivirent le lancement.
J'avais fait le rapport de lancement de la fusée Rubis 1 (le 5 juin 1965 à Hammaguir). C'était un tir préparatif à celui de D1A avec une case équipement identique et une maquette de satellite. La fusée n'avait que 2 étages mais c'était une répétition très complète du lancement suivant.
J'avais fait le rapport de lancement de D1A (17 février 1966) avec une bonne expérience procurée par le tir précédent et de nombreux éléments de comparaison.
Et j'ai gardé ces deux rapports comme des reliques ... témoins de mes premières expériences professionnelles...

Feuilletons le rapport du lancement de D1A
 
Rapport de lancement de D1A


Le déroulement du lancement jusqu'à l'ouverture de la coiffe est normal.

Ouverture de la coiffe: H0 = 149,5 sec
L'ouverture parait normale sur les données transmises par la case équipement, cependant un indice tout à fait anormal apparaît dans les données de télémesure du satellite.
Le courant du générateur solaire du satellite n'augmente que 40 secondes après l'ouverture de la coiffe et l'on peut vérifier que le basculement de la fusée fait apparaître le soleil sur la face supérieure. (Ce phénomène est d'ailleurs commenté à la réunion avec la SEREB le 29 février 1966.)
La seule explication possible est que la demi-coiffe inférieure est restée en place.

  Phase balistique
Aucun phénomène particulier n'a été noté pendant cette phase en observant plus particulièrement les mesures des 3 gyromètres de la case équipement.
  Mise en rotation: H0 = 283,2 sec
Les phénomènes ayant suivi l'ouverture de coiffe, l'absence d'indice particulier durant la phase balistique m'ont amenés à étudier en détail la phase de mise en rotation.
Dans l'hypothèse où la demi-coiffe inférieure n'avait pas été éjectée, j'aurais du trouver à cet instant un indice de séparation. Malheureusement aucun indice indiscutable n'apparait dans les informations de la case équipement (mais n'oubliez pas que j'étais électronicien de formation et amené à faire des travaux étranges dans l'analyse de ce lancement ... peut être, donc, les indices sont ils discutables ?)

Phase de mise en rotation
  Je vous livre les résultats de mesure des gyromètres sur X et Y autour de la période de mise en rotation.
La télémesure du satellite donne un indice ténu, à l'instant de mise en rotation, avec l'arrêt du fonctionnement d'une thermistance qui était collée sur le panneau solaire N° 1 (à l'opposé de la demi-coiffe censée être resté en place)
Ce phénomène qui n'aurait pas du se produire à cet instant, pouvait être expliqué par un choc sur le panneau N°1 de la demi-coiffe inférieure restée en place et éjectée lors de la mise en rotation. (Si cette conclusion vous paraît hardie, n'oubliez pas qu'au tir précédent les émissions de la Capsule avait brusquement cessées à la mise en rotation, les antennes ayant été probablement détruites à cet instant)

Ouverture des panneaux solaires et mise en route des émetteurs scientifiques H0 = 770, 5 sec
L'ordre d'ouverture des panneaux solaires a été bien envoyé par la case équipement.
Les circuits de contrôle des panneaux solaires 2, 3, et 4 ont confirmé leur verrouillage mais la mise en route des émetteurs scientifiques n'a pas été exécutée.
L'ouverture des panneaux solaire et la mise en route des émetteurs scientifiques étaient commandés par le même signal issue du programmeur de la case équipement et la mise sous tension des émetteurs ne pouvait être exécutée qu'après verrouillage du panneau solaire N°1 (un microswitch refermait le circuit à cet instant).

   
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