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  1965 : le couronnement avec Diamant A
 
 
Jean.Marc Bernard
 
 
 

Le premier vol du premier lanceur français (26 novembre 1965), Diamant A (A1), fut évidemment un événement.
Aujourd'hui, l'aspect technique n'en est plus l'essentiel et trente ans plus tard, il en reste des souvenirs qui se fondent avec tous ceux d'une époque, celle des tirs des Pierres Précieuses (Émeraude, Saphir ... ) depuis Hammaguir dont Diamant A (D1) (26 février 66) était le couronnement. .. civil.

Surgissent d'abord du passé beaucoup de visages, de noms de ceux qui ont fait l'événement à divers titres et qu'il devient de plus en plus rare de croiser et puis une ambiance, des incidents, des images, des impressions qui se mélangent et se fondent les unes dans les autres, à évoquer en vrac. Le mess dont le bar n'arrivait pas à cacher son air de réfectoire d'internat, les lèvres qui tremblent en faisant les premiers commentaires, les regards émerveillés et incrédules qui s'entrecroisent et se rencontrent avant l'explosion de joie.

La rivalité feutrée entre civils du CNES et "militaires" de la DMA et de la SEREB, les premiers détenteurs du "label spatial", les seconds qui lui donnaient son sens concret ; la formidable complicité "spatiale" entre les mêmes.Le journaliste qui faisait décoller la fusée victime d'un terrible long feu. Comment l'a-t-il reposée?

Le responsable de tir, Albert Vienne, qui, seul sur le portique, avait neutralisé l'allumeur, assailli par un journaliste qui voulait faire de l'émotion à l'antenne avec son "héros", lequel lui refusait tout commentaire ... jusqu'à la colère.

Un directeur, Jean-Pierre Causse, qui défendait vaillamment la présence du CNES en interceptant toutes les visées des caméras TV.

Le mess de Colomb-Béchar, un vrai mess, où les aubergines au jambon-fromage étaient si bonnes, ou était-ce à Oran, pendant la guerre d'Algérie, ou peut-être le même cuisinier?

La tour ombilicale, blockhaus de béton, sur le pas de tir complètement perdu à des kilomètres de la base vie ; le sable partout, le bruit, la nuit, la centrale électrique ... et le désert bien sûr.

Les parties de bridge le soir, l'eau qui fait peur, le prix de la bière, le "faux" satellite de la SEREB qui se tait, la petite case télémesure du CNES qui confirme le premier tour, une orbite nous suffira mais une confirmée au moins!

Et puis, bien sûr il y a les Russes, les Américains, mais des nations "normales" comme nous ... , il n'y a que nous, en fait, nous sommes les premiers ... et maintenant l'Europe a d'une façon ou d'une autre forcément un avenir spatial.

Le goût du champagne? oublié. Oui, mais pas les bulles de joie dans tous les yeux fugitivement mais vraiment, fraternels.

CNESquisepasse N°89

 
 
   
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