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Souvenirs de lancements et d’orbites depuis le calculateur KH
à Hammaguir.
Deuxième partie: après Diamant N°1.

 


Philippe Pancrazi
Philippe Pancrazi
Programmeur/Opérateur sur Calculateur K.H. à Hammaguir de Janvier 1965 à Mai 1967, affecté au CIEES dès août 1963
 


 
 
Après le lancement de Diamant 1, une fois les félicitations officielles distribuées et la demi-journée de congé payé du samedi 4 décembre si généreusement accordée aux personnels civils alors que les très nombreuses heures

01-Le SECOR/COTAR
supplémentaires effectuées étaient contestées par l’autorité militaire, le calme est revenu à Hammaguir, et nous en profitons pour ajouter le SECOR/COTAR aux programmes du KH, calculs complexes et même qualifiés de «mammouthiques».
Plus exactement un calme relatif règne après que la France soit devenue la 3e puissance spatiale du monde le 26 novembre 1965 car cet événement alimente la campagne électorale.

02-Badge du SECT
Loin de la frénésie métropolitaine, avec plusieurs collègues du Service Calcul nous préparons un examen de «Programmeur», une trouvaille de l’Administration pour pouvoir bénéficier d’un statut plus adapté à nos fonctions. J’ai dû me démener pour faire valoir que le travail qui m’était confié ne correspondait ni à mon niveau de salaire ni à mes diplômes. La préparation a lieu à HMG et consiste en plusieurs devoirs effectués sous contrôle, l’examen est prévu début janvier 1966 à Paris.

03-Bou Hammama depuis ma chambre

Le 10 décembre 1965 je quitte Hammaguir pour Béchar, la route à Abadla est défoncée et nous franchissons le Guir sur une passerelle pour prendre un car sur l’autre rive.
Le 14 décembre vol Béchar-Istres en Nord 2501, pour les congés de fin d’année et à partir du 9 janvier 1966, révision à Paris en vue de l’ écrit de l’examen que je passerai en pleine vague de froid, emmitouflé dans un manteau, au Fort de Vincennes le 21 janvier, suivi d’un oral expédié en cinq minutes. Selon le résultat une 2e partie devra suivre.
Le samedi 22 janvier, Paris-Béchar en DC6, et dès le lundi je retrouve Hammaguir et les prévisions de lancements, le deuxième satellite vers le 11 février, des VE231 et VE112 suivis d’un autre satellite en juin… ?
Aux dernières nouvelles, notre Chef direct Jean Cava, l’un des deux civils cités par le Général Hautière pour le lancement de Diamant N°1 va nous quitter, son remplaçant que nous avions bien accueilli et accepté prend ses distances et sera vite surnommé «le Big Chief». Il ne restera pas longtemps à ce poste et un Lieutenant de l’armée de l'air. deviendra notre interface avec le CIEES, le responsable de l’équipe KH pour nous, de la «section KH» pour les militaires…
 
Diamant N° 2
La préparation du lancement de D1A «Zébulon» commence le 7 février.
L’ambiance n’est pas très bonne depuis quelque temps à cause des nombreuses heures supplémentaires dont la récupération est contestée par l’autorité militaire.
Le mardi 8 février, arrivée des invités, visiteurs de marque et journalistes dont P. Sabbagh et son équipe ORTF.
Les gendarmes de l’Air en «grande tenue» filtrent les allées et venues des personnels dans les différentes salles du PCCT, les noms des «autorisés à pénétrer…» sont affichés aux portes d’entrées… !
Vendredi 11, le satellite D1A/Zébulon a manqué de ressort et la fusée Diamant n’est pas partie. Le suspense fut complet, suivi par tous grâce à la télé et à la sono du champ de tir.

05-Philippe Pancrazi
une heure avant le tir

En effet à H0- 2 secondes, le seul bruit audible sur la sono générale fut celui des fusées d’appoint du pilotage en roulis durant quelques secondes, le moteur principal ne s’étant pas allumé il fallut attendre une heure pour «long feu», puis un ergolier en tenue est sorti du blockhaus de tir est s’est approché de la fusée prête à décoller. Je le vois encore se pencher sous la table qui supportait la fusée et inspecter au niveau de la tuyère du premier étage de Diamant avec son plein d’acide nitrique et d’essence de térébenthine.

06- Un dimanche à Béni Abbès
Le samedi 12, vidange et démontage des éléments douteux dont l’allumeur à poudre, peut-être un pétard mouillé, le tir est remis à mercredi.
Le dimanche, direction Béni Abbès pour se détendre, prendre un bain et découvrir que nous avons été devancés par plusieurs naïades, spectacle réjouissant pour notre condition de célibataires géographiques, plus habitués à contempler les paysages désolés du désert saharien. !
Le lundi 14, bonne nouvelle, la récupération des heures supplémentaires nous est assurée par le Général Hautière.
Mardi 15 banal, vérification du programme principal VE231 qui nous entraîne jusqu’à 23h00.
Après une nuit très courte, lever à 3h00 le mercredi 16, Diamant N°2 est prête et le décollage a lieu à 8h33. Nous avons été autorisés à photographier la fusée durant la chronologie, et il y avait beaucoup de curieux sur le pas de tir.
   
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