J.P. Guinard s'étonne que le second modèle de vol D1B n'ait jamais été lancé. Il a oubliè un petit détail .....

"Maintenant, nous devons nous tourner vers l'Europe, car l'ère des continents organisés succède à l'ère coloniale". Ch. de Gaulle, au Conseil des Ministres 19/3/1962.
C'était le terme repris par Nicolas Vichney, dans le Monde des 27/28 Novembre 1965.
J'utiliserai dans la suite les noms de "pointe D1A" et de "pointe D1C-D1D" pour désigner les ensembles case équipements - satellite correspondants."
La dénomination officielle au moment du lancement était seulement D1 Diapason. Ce n'est qu'à fin 1966 qu'il fut désigné par D1A, pour le distinguer des D1C- D1D. Notons que D1B était le 2ème modèle de vol de D1A qui n'a jamais volé.
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  Quelques souvenirs du lancement, il y a 40 ans, des premiers satellites français
 
par Jean-Paul Guinard
 
  ex-Chef du projet D1A Diapason au CNES
ex- Chef de la Section Systèmes et Intégration, Division Satellites, CNES
 
 
 

Introduction
En cette fin d'année 2005 et au tout début de 2006, voilà quarante ans que le lanceur Diamant fit ses premiers vols et que les satellites A1 Astérix, FR1 et D1A Diapason furent mis sur orbite.
Rappelons la chronologie :

  - 26 Novembre 1965, premier vol du lanceur français Diamant satellisant A1 Astérix, 45 kg, depuis Hammaguir (Algérie); très bon fonctionnement du lanceur; les émissions de télémesure du satellite disparaissent à partir de H+279 s,
- 6 Décembre 1965, lancement de FR1, premier satellite scientifique français, depuis Vandenberg (Californie) par une fusée Scout américaine, totalement réussi,
- 17 Février 1966, lancement du deuxième Diamant satellisant le satellite D1A Diapason et la case équipements D1A destinée aux essais lanceur . Lancement encore réussi; l'expérience satellite l'est aussi, mais la rotation du satellite est perturbée.
Au milieu de cette période agitée intervinrent les élections présidentielles françaises dont la date (Premier tour: 5 Décembre 1965, second tour: 19 Décembre 1965) ne fut pas sans influence sur le choix des priorités de lancement!
Les deux premiers vols de Diamant furent suivis en Février 1967 par ceux des 3ème et 4ème exemplaires de la série des quatre lanceurs programmés dès 1962 pour "qualifier" l'engin, mettant en orbite les satellites D1C et D1D Diadème. Ces vols furent totalement réussis, tant pour le lanceur que pour les satellites.
Ces premiers vols ont été de brillants succès: ils ont placé la France au rang de troisième puissance spatiale mondiale, tant au plan militaire (crédibilité de notre force de frappe) que civil (accès autonome à l'espace), conformément au souhait du Président de la République et du Gouvernement.
Ils ont permis de réaliser des percées scientifiques et technologiques importantes et de prouver que la France disposait de l'ensemble des moyens nécessaires à des opérations spatiales : lanceur, satellites, champ de tir, moyens sol d'observation, de commande et de calcul pour la trajectographie et la télémesure/télécommande.
Ces moyens ont été précurseurs pour l'Europe spatiale.
De plus, dans le contexte de décollage des technologies spatiales qui était celui de l'époque, ces développements ont été extrêmement rapides; ils doivent beaucoup à des choix politiques visionnaires et à une mise en oeuvre rigoureuse de ces choix; ils ont d'emblée placé la France en position de leader européen dans le domaine spatial, position qu'elle revendique encore aujourd'hui.
Enfin, les résultats des lancements ont confirmé le caractère professionnel du CNES et ont grandement facilité la suite des programmes, tant aux plans technique que financier.
Sur les cinq lancements (Quatre par les Diamant construits pour qualifier le lanceur, un par un Scout américain, dans le cadre du programme franco-américain FR1), deux incidents mineurs seulement ont été relevés :
  - "défaillance" de A1 lors du premier tir Diamant et
- perturbations sur la rotation du satellite D1A sur le deuxième tir, toutes deux dues à un défaut de la cinématique de largage de coiffe du lanceur Diamant.
Dans le présent témoignage, je m'efforce de restituer les principales circonstances qui ont marqué les lancements - aboutissements naturels d'efforts menés pendant de nombreuses années - et de montrer comment les succès et même les incidents ont contribué à apporter au CNES la crédibilité dont on pouvait douter au moment de sa création.

Décembre 1961: décision de construire Diamant et création du CNES
La doctrine d'autonomie d'accès national à l'espace fut exprimée par le Général de Gaulle et son gouvernement à partir de 1961 d'abord pour crédibiliser notre force de frappe, puis pour montrer la capacité technologique de la France. A cette volonté politique d'affirmer la présence nationale s'ajouta celle des scientifiques de réaliser des
expériences dans l'espace grâce aux moyens nouveaux que représentaient les satellites. Enfin, l'idée européenne n'était pas étrangère à la préoccupation du Chef de l'Etat.
Pour ce faire, il fallait maîtriser les technologies des lanceurs, des satellites, disposer d'un réseau de poursuite et d'un champ de tir.
Dès 1960/61, SEREB , Société d'Ingéniérie placée sous tutelle du Ministère des Armées, chargée du développement des fusées balistiques destinées à la Force de Frappe, a présenté - après divers ajustements - au Gouvernement français un projet de lance-satellite composé de trois étages dont un à liquide (le premier) et deux à poudre (les 2ème et 3ème). Le développement du lanceur constituait en quelque sorte une retombée "civile" des travaux entrepris par les Armées pour réaliser les engins de la force de frappe française (programme SSBS) et aussi une extrapolation des moteurs "Véronique".
Le gouvernement décida dès 1961 de lancer rapidement la réalisation de ce projet et en même temps de créer un organisme civil, le CNES, qui serait chargé de conduire la réalisation de tout ce qui était "spatial": satellites, réseaux de poursuite sol, moyens de calcul d'orbite...et bien entendu lanceurs de satellites. Le nouvel organisme bénéficierait statutairement d'une large délégation. Il serait constitué à l'origine par transfert de personnels à partir d'autres entités de l'Etat.
Il apparaissait alors qu'il valait mieux s'appuyer sur l'expérience et les compétences réunies à la DMA/SEREB pour réussir les quatre premiers lancements de qualification, quitte à offrir au CNES naissant la possibilité d'utiliser un de ces vols pour placer un satellite scientifique de sa conception. Et, pour affirmer son rôle de futur maître d'oeuvre de l'espace civil, le CNES devait participer financièrement au programme DIAMANT.
 
   
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