voir les Actes du Colloque "Naissance de l'industrie spatiale française", IFHE publications, page 107.
Propos du Pr Blamont rapportés dans le livre "Les 30 premières années du CNES", page 18.
Le lanceur était spécifié pour placer 80kg sur une orbite basse, ce qui était intéressant au plan scientifique; mais il fut admis qu'on viserait une orbite plus haute pour les tirs d'essai, de façon à se donner plus de marge sur les précisions au moment de l'injection.
Témoignage de J.E. Blamont
Témoignage de J.E. Blamont
dont principalement le Canada, l'Italie, la Grande Bretagne et l'E.S.R.O.
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En même temps, la NASA proposait à différents pays développés de les aider à réaliser des expériences spatiales dans le cadre d'accords de coopération pouvant aller jusqu'à des transferts de technologie concernant les satellites, - mais excluait ceux portant sur les lanceurs, considérés comme stratégiques. Pour la France, un projet de coopération destiné à porter une expérience de réception d'ondes TBF dans l'ionosphère avait été engagée avec le CNET et s'est conclue par un accord NASA-CNES daté du 15 Février 1963.
Le CNES - agence publique dont la mission et les statuts étaient - toute proportion gardée - comparables à ceux de la NASA choisit d'être maître d'oeuvre du satellite, baptisé FR1 par... les Américains, en même temps que d'un satellite lancé par le lanceur national Diamant, D1.

 
9 Mai 1962 : l'accord DMA-CNES
Une réunion entre des représentants de la DMA et du CNES se tint le 9 Mai 1962 au Ministère des Armées, en vue de préciser les mesures prises par le gouvernement en Décembre 1961. Y assistaient certainement M. l'Ingénieur Général Soufflet, Directeur des Engins DEN/DMA, le Général Aubinière, Directeur Général du CNES, MM. Jacques Emile Blamont, Directeur Scientifique et Technique du CNES, Pierre Chiquet, Directeur des Equipements Sol du CNES et probablement M. Dorléac, Directeur des Etudes Avancées à SEREB.
Un protocole dit du 9 Mai 1962 fut rédigé. Fut-il vraiment signé? Une copie de travail réputée correcte par les témoins a été retrouvée, mais pas l'original signé. Les témoins affirment qu'on peut s'en remettre à la copie retrouvée.

 

Le protocole entre « le Président du CNES et le Délégué Général pour l’Armement », .... « à partir d’un protocole de travail entre les Services du Ministre délégué chargé de la Recherche scientifique et ceux du Ministre des Armées» précisait que « la DMA a la responsabilité des études, de la réalisation et des essais du lance-satellites Diamant… et de quatre satellites technologiques d’essai limités à ce qui était indispensable à la mise au point du lanceur… ».

Le protocole fixait les conditions du développement et des essais de Diamant réputés couverts par une contribution financière du CNES. Il prévoyait quatre vols expérimentaux destinés à la qualification du lanceur, dont les performances devaient permettre une injection d'une charge utile de 45 kg sur une orbite d'environ 550/1800 km d'altitude, i = 30°.
Le protocole fixait enfin un objectif de date pour le premier lancement : Mars 1965.
Il précisait que « … Si en cours d’étude la possibilité apparaissait d’installer des équipements supplémentaires à bord [des quatre satellites technologiques d’essai], toutes facilités seraient données au CNES pour utiliser cette possibilité. De plus, il est convenu qu’en cas de réussite de deux de ces tentatives, le CNES pourra utiliser les tirs restants éventuels pour essayer de mettre sur orbite des satellites réalisés par ses propres soins… ». Il prévoyait enfin en détail les conditions dans lesquelles un « contact le plus étroit » devait être maintenu entre la DMA/SEREB et le CNES pendant le déroulement des études.
Le protocole ne prévoyait pas que le CNES ait une charge quelconque dans les opérations en orbite: réseaux de poursuite et de télécommande, diagnostic et calcul d'orbite.
Le contenu de ce protocole était contesté par le Directeur Scientifique et Technique du CNES qui revendiquait la totale "maîtrise du segment spatial" (les choix et la responsabilité de développer les matériels à mettre en orbite, sans exclure évidement ceux nécessaires aux essais lanceur). Il n'eut pas gain de cause à ce sujet, la DMA préférant faire confiance à SEREB (qui en confia la réalisation à la Société MATRA) pour construire une "capsule" d'essai du lanceur en quatre exemplaires destinés au vol.
La date de fin d'utilisation du champ de tir de Hammaguir - 1967, d'après les accords signés à Evian en Avril 1962 - a conduit la DMA à lancer les quatre engins à partir de cette base et le CNES à modérer ses demandes d'utilisation des quatre lanceurs d'essai.

Figure 1: Le lanceur Diamant

 

Fin Mai 1962: l'accord franco-américain sur FR1.
Conscient des difficultés à surmonter pour transférer la technologie satellites de la NASA par delà l'Atlantique, le CNES - sous l'impulsion de sa Direction Scientifique et Technique - saisit l'opportunité qui se présentait de construire un programme franco-américain et de former auprès de la NASA des ingénieurs de maîtrise d'oeuvre en l'appliquant dans un premier temps au projet FR1 - même avant que l'accord définitif fut signé.

Fin Mai 1962, le Général Aubinière et le Professeur Blamont sont reçus à la Maison Blanche par le Conseiller scientifique du Président Kennedy afin de définir les relations franco-américaines en matière spatiale. "L'entrevue définit les règles du jeu: aucune aide à la France dans le domaine des lanceurs, mais porte grande ouverte dans le domaine des satellites. Immédiatement, j'obtins de la NASA que 12 Ingénieurs du CNES, qui n'étaient pas encore recrutés, passent chacun un an au Goddard Space Flight Center ...".
Ce qui fut fait, au cours de la période Juillet 1962 - Décembre 1963. Les pionniers de cette première équipe - tous très jeunes - ont constitué le noyau autour duquel il fut possible de construire une solide équipe de maîtrise d'oeuvre.
Cette aide profita d'abord évidemment au projet FR1, à divers autres projets réalisés plus tard en collaboration NASA-CNES, et, plus généralement, à la construction de tous satellites en France et même dans certains pays européens.

 
 
 
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