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André Lebeau a occupé de hautes fonctions au Centre national d'études spatiales (CNES) qu'il préside en 1995-1996.

Il entre en 1975, date de sa fondation, à l'Agence spatiale européenne.

En 1986 il devient directeur de Météo-France.

De 1991 à 1994, il est vice-président de l'Organisation météorologique mondiale.

Il est notamment l'auteur: L'engrenage de la technique : Essai sur une menace planétaire;

Les horizons terrestres : Réflexions sur la survie de l'humanité
;

L'enfermement planétaire;

Le général Robert Aubinière : Propos d'un des pères de la conquête spatiale française;

et du Guide de données astronomiques 2009.
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Faut-il opposer les gros satellites aux petits satellites?

André Lebeau

 

Les recherches m'ont conduit à retrouver un texte que j'avais écrit, lorsque j'étais président du CNES, en réponse officieuse à une demande du cabinet sur l'intérêt comparatif des gros et des petits satellites....

Faut-il opposer les gros satellites aux petits satellites?

La question, on le sait, a retenu l'attention des autorités gouvernementales et, de fait, une réflexion sur ce thème est utile pour qui cherche à discerner les voies que l'avenir réserve à la technique spatiale. Tout comme le fut dans le passé une réflexion sur les gros et les petits bateaux et plus récemment sur les gros et les petits avions. Qui ne sait que l'économie de l'empire portugais croula sous le poids de navires trop grands pour ses ressources?

Un équipe d'économistes américains justement célèbre pour avoir su démontrer, dès l'origine du programme et dans le cadre d'un contrat financé par la NASA, la rentabilité de la navette spatiale pour les lancements commerciaux vient de produire pour le compte d'Avions Marcel Dassault une très remarquable étude sur le remplacement des Jumbo jets par des groupes de Falcon 50 entièrement robotisés. L'économie réalisée sur les dépenses de personnel serait, nous dit on, suffisante pour rétablir la compétitivité d'Air France cependant que la substitution d'accidents plus modestes - inévitablement un peu plus nombreux sans pourtant que cette croissance soit proportionnelle au nombre des appareils - libérerait les assureurs du cauchemar des grandes catastrophes.

Transposées au domaines des satellites, ces considérations nous interrogent sur les effets de la miniaturisation des technologies électroniques et informatiques. En a-t-on tiré tout le bénéfice qu'on peut en attendre dans la réduction de la taille des satellites de télécommunication et d'observation? Sans doute pas mais deux obstacles subsistent auxquels il faut s'attaquer pour réduire la dimension des antennes et des panneaux solaires: les équations de l'électromagnétisme et la valeur trop faible de la constante solaire. On sait que des équipes de chercheurs américains sont sur la voie d'une solution pour le premier de ces obstacles. L'introduction d'un terme additionnel dans les équation de Maxwell permettrait de le contourner et l'on croit savoir que, lorsque ce résultat sera acquis, le Congrès des Etats-Unis ne s'opposera pas à une modification des lois qui gouvernent la diffraction et par là même déterminent la taille excessive des miroirs et des antennes. Quant à la constante solaire, on ne désespère pas d'en modifier localement la valeur ce qui offrirait une solution, à tout le moins pour les satellites stationnaires. Il resterait alors à généraliser la stationnarité orbitale à toute les latitudes et à toutes les altitudes pour obtenir des énergies élevées avec de petits panneaux solaires.

Il faut cependant savoir mesure garder, ne pas considérer la miniaturisation des véhicules spatiaux comme une fin en soi. Nous pensons qu'il faut généralement se satisfaire de satellites moyens.

Pour ceux qui considèrent que la rationalité des programmes spatiaux doit prévaloir sur les emportements médiatiques, toute mission spatiale doit avoir un objectif clairement assigné, tout satellite doit avoir une fin et la fin, on le sait, justifie les moyens.