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EOLE, un projet à risque.


par Jack Muller, chef du projet.

 




Illustrations: O. Carel
Les premiers projets de satellites du CNES avaient à la fois des objectifs pédagogiques, technologiques et scientifiques. Il s'agissait de développer en France les premières compétences acquises par le petit détachement CNES en stage à la NASA et de transférer cette expérience à l'industrie spatiale naissante. Et pour ajouter un sens à ce travail technique, chaque projet était développé autour d'une mission scientifique mettant en œuvre le satellite et des stations terriennes ( Télécommandes, télémesures, laser, localisation, …).
Les progrès ont été rapides et les succès se sont enchaînés avec FR1, Diapason, Diadème et puis très vite leurs successeurs plus élaborés des familles D2, D5
Le projet Eole appartenait à une autre famille. D'une part, le savoir-faire du CNES en matière de véhicule spatial était considéré comme acquis et il était temps de passer la maîtrise d'œuvre à l'industrie. D'autre part, l'idée d'espace utile faisait son chemin et certaines applications comme les télécoms et la météo paraissaient prometteuses.
Le moment était venu de s'attaquer à un système regroupant un satellite en orbite et des moyens divers et nombreux répartis sur la Terre.

Eole vision Carel

 

En décidant Eole, le CNES n'a pas choisi le plus simple et le moins risqué. Dès le départ, beaucoup d'incertitudes pèsent sur le projet. On va voir que les évènements vont en ajouter quelques autres.
L'ébauche d'une nouvelle politique industrielle et la complexité du dossier Eole en raison de la présence des ballons conduisent en 1966 la Direction des Programmes à nommer en interne un "chef de projet" au grand dam de la division Satellites alors au faîte de sa réussite après FR1 et D1.
Ce différend finit par mettre en péril la suite du projet, d'autant que les campagnes de ballons pressurisés révèlent de grandes difficultés techniques pour obtenir des durées de vie dépassant une dizaine de jours.
Le Memorandum of Understanding avec la NASA avait été signé le 27 mai 1966 pour faire suivre FR1 d'un programme en coopération que nous avions baptisé Eole et que les Américains appelleront toujours FR2/.Cas-A.
Il n'était pas dans les habitudes du Général Aubinière de laisser pourrir la situation et une reprise en main est rapidement demandée aux Directeurs.
C'est ainsi qu'en mi-67, je suis entré par la petite porte dans le projet Eole à la demande de J-P Causse, Directeur du Centre spatial de Brétigny. Ma lettre de mission ne me donne aucun titre.
Ce n'est que plus tard que je suis devenu "Project Manager" pour satisfaire aux exigences du Memorandum et être pris au sérieux par nos correspondants américains. Le Project Manager de la Nasa est l'emblématique et francophile Samuel Stevens à qui nous devons beaucoup et que le CNES n'a pas su honorer à la hauteur des services qu'il nous a rendus. Dès ma nomination, j'ai néanmoins une délégation suffisante pour commencer à travailler sur le projet et après quelques mois, un premier bilan s'impose.

 

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