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Le programme FR1

 

par Jean-Pierre Causse

Ancien directeur du programme FR1

 

 

 

 

Introduction
J’ai envie de commencer par ce qu’on garde généralement pour la fin : la conclusion.
En effet, le fait que FR1 fut un grand succès doit marquer d’un bout à l’autre toute narration des faits, si concrets, si techniques soient-ils.
C’est avec fierté et enthousiasme que j’en parle aujourd’hui. J’ai vécu ce projet dans une position centrale qui me qualifie comme observateur privilégié et je ferai donc de mon mieux pour vous en rendre compte.

Je vous invite d’abord à faire le petit effort de vous reporter par la pensée en 1962 quand le CNES est né.
Nous avons tous un peu de peine à remettre les choses en perspective à cette distance, aussi bien au plan technique que politique.
C’est moins de cinq ans après le premier Sputnik qui a bouleversé le monde entier. La NASA créée en 58 n’a pas quatre ans d’existence, certes elle a mis beaucoup de vigueur à redresser l’image des débuts difficiles du programme américain au prix d’un formidable engagement de toute la nation et elle a commencé à accumuler les succès, mais, et ce n’est pas être critique de le dire, dans bien  des domaines, elle cherche encore sa voie

 Raconter FR1, c’est parler d’une coopération réussie entre la France et les Etats-Unis, entre le CNES et la NASA, mais c’est aussi raconter les débuts du programme spatial français puisque ce fut notre premier satellite et qu’il a marqué profondément notre histoire.
En 1962, le programme spatial français naissant constitue une grande ambition nationale, mais que faut-il faire, comment ? Quelle peut être notre place dans cette bataille de géants, alors que personne n’a encore emboîté le pas des deux grands ?
Une première tentation était de dire : ne refaisons pas ce qu’ont déjà fait les Russes et les Américains. C’est vite dit. Je me souviens que, à peine arrivé au CNES en octobre 1962, j’ai été soumis à une présentation très sérieuse par un groupe d’industriels voulant promouvoir l’espace en France, (Eurospace) d’un projet appelé « Phaéton » de satellite mû par la propulsion ionique et employant pour cela un réacteur nucléaire embarqué !
Le CNES naissant trouva au contraire, grâce à FR1, un programme scientifique intelligent et bien conçu, une voie d’association avec les Américains qui nous permit de refaire leur chemin dans les domaines que nous avions choisis, mais beaucoup plus vite que si nous avions été seuls et surtout avec des risques réduits grâce à leur aide.

Réussite scientifique, certes : vous entendrez des exposés sur ce sujet, qui montrent la valeur de l’apport fait à la connaissance de l’ionosphère et de la magnétosphère terrestres.

Réussite technique certaine, puisque le satellite, conçu, construit et lancé en trois ans à peine fonctionna parfaitement (près de trois ans contre trois mois prévus) et remplit amplement les missions qui lui avaient été confiées

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