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Genèse du Projet FR1

Jean Voge,
Ingénieur en Chef des Télécommunications.

 

 

Le lancement réussi, le 6 décembre 1965, depuis la base californienne de Vandenberg, du satellite français FR-l, consacrait le succès d'une réalisation qui était due à une étroite et fructueuse collaboration entre le Centre National d'Etudes Spatiales et le Centre National d'Etudes des Télécommunications et dont l'achèvement avait demandé un peu moins de trois ans.
En fait pour le CNET, initiateur et responsable scientifique du programme, ce succès mettait un terme - mais certainement pas une fin - à des études sur les ondes très longues et à un projet beaucoup plus anciens. Le but de cet exposé d'introduction sera d'en retracer succinctement les principales étapes.

Scout sur rampe

Phase préliminaire (1957-1959)
En 1957, le Comité d'Action Scientifique de la Défense Nationale, présidé par le Général Guérin, avait confié au Département Télécommande du CNET, dirigé alors par Pierre Blassel, la charge de mettre en place et de contrôler avant tir les matériels scientifiques prévus dans le cadre d'expérimentation sur fusées que le Comité avait pris l'initiative d'organiser .
C'est ainsi que le Professeur Vassy, Directeur du Laboratoire de Physique de l'Atmosphère, confia au CNET un mesureur de champ sur ondes très longues (il s'agissait de longueurs d'onde d'une vingtaine de kilomètres, c'est-à-dire de fréquences de l'ordre de 15 kHz) ; il devait déterminer en fonction de l'altitude, associé à une antenne en boucle, l'une des composantes du champ magnétique de l'onde émise par une station au sol, telle que celle de Ste Assise (fréquence 16,8 kHz).
Le but de l'expérience était de mesurer l'absorption subie par ces ondes très longues à la traversée des basses couches de l'ionosphère (au-dessous de 100 km d'altitude)et d'en déduire des renseignements sur les caractéristiques physiques du milieu, l'absorption étant due essentiellement aux chocs entre électrons et autres particules plus lourdes.
L'étude entreprise conduisit les ingénieurs du CNET à reprendre entièrement la construction de l'équipement pour lui permettre de supporter l'ambiance spatiale, mais aussi à réexaminer le principe et les conditions de l'expérience et à la développer sensiblement. Il apparut que l'on aurait un gros intérêt à mesurer non pas une seule composante, mais les trois composantes du champ magnétique (ce qui nécessitait trois antennes-boucles et trois récepteurs) et par ailleurs les déphasages entre ces composantes, de façon à restituer intégralement le champ magnétique, en amplitude, direction et phase. Les équipements correspondants furent mis au point au CNET, à partir des derniers mois de 1957 ; ils furent montés sur la pointe d'une fusée Véronique qui, en mars 1959, lors de la première campagne d'Hammaguir, fut essayée au sol sur les signaux provenant de Sainte-Assise.
Le CNET était alors prêt à expérimenter son matériel, mais le stock très limité de fusées Véronique dont on disposait en France à cette époque ne permit pas d'envisager un tir à une date rapprochée .

 

 

 

 


<------ Charge utile de Nike-Asp

 

Charge utile de Nike-Cajun ----->

Cependant, dès la fin de 1958, des contacts avaient été pris avec le Dr P. Newman, des laboratoires de Cambridge de l'US Air Force, en vue d'utiliser une fusée américaine Nike-Asp. L'opération put être financée par un contrat passé au CNET en juin 1960 par les services américains; le lancement était prévu de la base d'Eglin en Floride dès le mois d'octobre 1960. Malheureusement, le sort devait se révéler défavorable aux efforts du CNET. Le tir fut repoussé jusqu'au 1er mars 1961 et il se solda par un échec, un joint en fibre de verre s'étant rompu en vol dans le cône protecteur de la charge utile.
Il fallut attendre longtemps pour pouvoir disposer d'une autre fusée, Nike-Cajun cette fois. Le temps perdu fut mis à profit pour améliorer très notablement la technologie des équipements. Une mesure de la dérive de fréquence par effet Doppler des signaux reçus fut ajoutée à l'expérience, permettant de déterminer la variation de la densité d'électrons en fonction de l'altitude. Le tir eut lieu finalement avec un plein succès le 18 octobre 1962 de la base de Wallops Island en Virginie, l'altitude atteinte ayant été de 101 km. La station reçue à bord était celle d'Annapolis, émettant sur 22,3 kHz. Les résultats de mesure et leur interprétation ont fait l'objet d'un rapport détaillé .

 

 

 

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La premlère campagne eut lieu avec des fusées Véronique, en mars 1959 à Hammaguir.
Le Professeur Vassy ne put effectuer le premier tir d'un équipement analogue réalisé dans son laboratoire qu'en octobre 1962
C. Renard et C. Fayard, Document technique CNET 345 TC du 15 avril 1963


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