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  Histoire des Pierres Précieuses et
  des Artilleurs du C.I.E.E.S.
 
 
 
 
 
 
 
 

A la fin de ma formation de breveté technique je fus muté en 1964 au Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux, le CIEES de Colomb Bechar. Dans ce centre, je fus affecté à la Sous Direction des Essais et plus particulièrement au bureau des essais dont les membres avaient pour mission de mettre en œuvre et de coordonner les différents moyens de mesures qui étaient nécessaires à l'exécution des tirs de missiles des différents constructeurs.
Personnellement je devins "Officier d'essais" spécialisé pour les tirs de la Société d'Etudes et de Réalisation des Engins Balistiques la SEREB. A ce titre j'ai participé pendant trois ans aux différents tirs du programme des Etudes Balistiques de Bases, les EBB, connu sous le nom de programme des Pierres Précieuses.
Ces essais furent nécessaires à la fois pour la réalisation des vecteurs de notre force nucléaire stratégique ainsi que pour la mise au point d'un lanceur de satellite.
Dans ce témoignage, articulé en trois parties, je relaterai tout d'abord la naissance de notre industrie balistique et spatiale, j'évoquerai ensuite les essais en vol qui se déroulèrent à Hammaguir et enfin je présenterai succinctement les personnels et les moyens de ce centre d'essais.

 
 
Première partie : La naissance de notre Industrie Balistique et spatiale
 
Rappel chronologique
La fin de la dernière guerre mondiale, voit avec l'utilisation par l'armée allemande de la fusée V2, l'emploi des premiers missiles opérationnels à charge militaire. Celle ci étant constituée d'explosif classique.
Le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau‑Mexique, explose la première bombe atomique de l'histoire et le 6 août le monde découvre avec stupeur, la puissance dévastatrice de l'atome
Dès lors la conjonction du missile balistique et de la charge militaire atomique va donner naissance aux systèmes d'armes nucléaires d'une puissance jusqu'alors inconnue.
En 1949, le 29 août, la première bombe atomique soviétique explose. Les années 50 vont alors voir une course aux armements nucléaires ouvertement affichée par les super puissances USA et URSS.

Qu’en a-t- il été dans notre pays ?
Très tôt le Général de Gaulle s'était intéressé aux programmes nucléaires. Connaissant dès 1944, par les chercheurs français réfugiés au Canada, l'importance de l'arme atomique, le Chef de la France Libre a suivi de près l'évolution des travaux en ce domaine.
Devenu chef du gouvernement provisoire, il signe le 18 octobre 1945 l'ordonnance créant le Commissariat à l'énergie atomique , le CEA.
Mais en France, l'opinion publique n'est ni préparée ni ouverte à l'idée de l'arme nucléaire nationale. D'ailleurs, elle pense notre retard irrémédiable. La guerre d'Indochine puis celle d'Algérie focalisent son attention. Toutefois, il convient de noter que les gouvernements successifs de la IV' République mènent tout au long de la décennie une politique discrète et continue pour doter le pays, le moment venu, de la capacité nucléaire militaire.

C'est ainsi que:
 
En 1952, le gouvernement d'Antoine Pinay fait voter le premier plan quinquennal nucléaire français. La Chambre des députés rejette, à cette occasion, un amendement communiste visant à en interdire les applications militaires.
En 1954, sous le gouvernement Laniel, le ministre des Armées, René Pleven, révèle le 17 mars l'existence de travaux atomiques militaires français. Le 26 décembre de la même année, Pierre Mendès France décide d'entreprendre un programme secret d'études sur l'arme atomique et sur le sous‑marin nucléaire.
En 1955, sous le gouvernement d'Edgar Faure, un protocole d'accord est signé entre le CEA, le ministère des Finances et celui des Armées, pour la mise au point d'armes nucléaires.
En 1956, le premier réacteur nucléaire de Marcoule diverge et le gouvernement de Guy Mollet crée le Comité de recherche des applications militaires de l'énergie atomique.
En 1957, Félix Gaillard déclare que la France n'accepte pas le principe de la double clef pour les armes atomiques qui pourraient être mises à la disposition du pays par les Etats‑Unis dans le cadre de l'OTAN. Le 11 avril 1958 il annonce sa décision de faire préparer les premières explosions atomiques françaises pour le premier trimestre de 1960.
En mai 1958, le président de la République, René Coty, appelle le général de Gaulle au gouvernement. Dès le 22 juillet, ce dernier confirme le premier essai d'explosion nucléaire pour le premier trimestre de 1960

Le 13 février 1960, la première bombe atomique française explose à Reggane, au Sahara.

La France détient la bombe. Il lui reste à se doter du vecteur pour la transporter.
Ce sera d'une part le bombardier et d'autre part le missile. Ce dernier sera soit enterré en silo, soit embarqué sur sous‑marin nucléaire. L'ensemble , bombe, vecteur, silo ou sous‑marin, vont constituer des système d'armes nucléaires stratégiques.
Le développement de ces systèmes résulte pour une bonne part de la volonté du général de Gaulle de doter le pays d'une force nationale de dissuasion.
Le général Pierre‑Marie Gallois sera l'apôtre de la sanctuarisation et de la philosophie de la force de dissuasion, dont il disait: " Dissuader c'est disposer d'un potentiel de représailles dont les effets, si ce potentiel venait à être utilisé, excéderaient pour le candidat à la belligérance les bénéfices qu'il pourrait escompter de l'usage de la force "
La mise en oeuvre opérationnelle du système Mirage IV sera attribuée tout naturellement à l'armée de l'air, ainsi que celle du Système Balistique Mer Sol (MSBS) à la marine nationale et, curieusement, celle du Système Balistique Sol Sol (SSBS), qui semble relever de l'armée de terre, est également dévolue à l'armée de l'air.

 
La Société d'Etudes et de Réalisation des Engins Balistiques, la SEREB.
Le 17 septembre 1959 marque le démarrage officiel du développement des systèmes de missiles stratégiques français. Les pouvoirs publics créant ce jour‑là la Société pour l'Etude et la Réalisation d'Engins Balistiques (SEREB).
Cette création mérite quelques explications. A cette époque, chacune des trois armées ( terre, mer, air ) dispose d'une direction technique étatique responsable de son équipement:
  - la Direction des études et fabrications d'armements (DEFA) pour l'armée de terre,
- la Direction centrale des constructions et armes navales (DCCAN) pour la marine nationale,
- la Direction technique et industrielle de l'aéronautique (DTIA) pour l'année de l'air.
Les deux premières directions ont leurs propres arsenaux pour la réalisation des matériels, mais la troisième doit faire appel directement aux constructeurs aéronautiques des secteurs publics et privés.
Bien que ces trois directions aient déjà travaillé dans le domaine des fusées, mais pour des réalisations d'ampleur limitée (engins tactiques, engins‑cibles, fusées‑sondes ... ), il n'existe pas alors dans les faits, au niveau de l'Etat, de direction technique pouvant prendre en charge les systèmes d'armes nucléaires dans leur globalité. C'est sans aucun doute une des raisons de la création de la SEREB, avec un statut de société anonyme où l'Etat est majoritaire.
 
Rôle de la SEREB
Elle est maître d’œuvre des deux systèmes SSBS et MSBS aux trois stades de leur réalisation:
 
- Celui des études amont qui consiste à sélectionner les composants et à conduire des études nécessaires à la réalisation d'un prototype.
- Celui du développement où ce prototype est mis au point en l'améliorant à la suite de différents essais.
- Celui de la construction en série ( ou présérie ) des matériels.
N'étant pas dotée de moyens industriels, la SEREB doit faire développer et fabriquer les matériels par les principales sociétés aéronautiques de l'époque.
Ce sont :
  - Nord‑Aviation,
- Sud‑Aviation,
- la Société nationale d’Etudes et de Construction de Moteurs d’Avions (SNECMA),
- Générale aéronautique Marcel Dassault,
- la Société d’Etudes des Propulseurs(SEPR),
- les Engins Matra et
- l'Office national d'études et de recherches aéronautiques(ONERA).
Une fois les prototypes réalisés à la suite des études amont, la SEREB est, en phase de leur développement, responsable de l'intégration des missiles et de leurs essais en vol, puis en phase de production de série, elle est également responsable de la mise en place opérationnelle sur leurs deux sites de mise en œuvre, le plateau d'Albion pour les SSBS et l'Ile Longue pour les MSBS.
 
 
   
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