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VE 121 "EMERAUDE"

par Gérard Périnelle (SEREB)
Responsable des installations de mise en œuvre et de Tir au CAPE  Saint-Médard-en-Jalles et à  HAMMAGUIR (Base BRIGITTE) .

Maître d'ouvrage: DMA(Délégation Ministérielle à l 'Armement) aujourd'hui DGA
Maître d 'œuvre: SEREB (Société pour l 'Étude et la réalisation d'Engins Balistiques)

L'Engin VE "121 Émeraude" avait pour buts :
- la qualification du 1er étage du Véhicule d'essai "VE 231 SAPHIR" et par voie de conséquence, celui du "DIAMANT A" .
- d'appréhender les problèmes de la propulsion à ergols liquides, de pilotage et de séparation d 'étages

NOTA:
Au moment de sa définition en octobre 1960, le choix des propergols solides n'était pas encore définitif pour les propulseurs de la composante SSBS de la force de dissuasion. Il était donc nécessaire de disposer d'un étage de puissance pour constituer un véhicule d'essais en vol ayant sensiblement la même portée que les futurs missiles de la  force de dissuasion.
Cela imposait la réalisation de ce 1er étage, à ergols liquides ,qui permit, non seulement de réaliser le "VE 231 SAPHIR" véhicule permettant la poursuite des qualifications de base: propulsion, pilotage , Guidage, rentrée atmosphérique, mais aussi celle du 1er lanceur de satellite français "DIAMANT A".


Caractéristiques générales
Seul le 1er étage était actif de diamètre 1400 mm et propulsé par un mono-moteur "Vexin"à ergols liquides: Essence de térébenthine et acide nitrique, alimenté par pressurisation des réservoirs. Celle-ci était réalisée par un générateur à gaz de poudre qui entraînait également un turbo-alternateur 208 V 400 HZ, constituant l 'énergie électrique primaire alimentant les équipements de pilotage de l'étage.
Ce type de propulsion, développé par le LRBA (Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques) bénéficiait de l 'expérience acquise sur la famille des fusées "VERONIQUE" et VESTA et permit de réaliser un moteur qui développait 280 KN de poussée, mesurée sur le banc d'essai "PF4" du LRBA  à Vernon dés 1963.


Le VE 121 "Émeraude" était constitué:

- du 1er étage à ergols liquides (Essence térébenthine et acide nitrique)
Masse d'ergols embarqués: 12,5 t
Poussée au sol: 280 KN
Impulsion spécifique au sol: 230 s
Durée de combustion: 93 secondes
- d'un 2ème étage inerte simulant la charge du VE111L "TOPAZE" (2ème étage "SAPHIR" et "DIAMANT")
- d'une case à Équipements type "TOPAZE" équipée, à partir du vol N°4 (1er succès) d'une centrale inertielle "SAGEM E23" utilisée en référence d'attitude et d'un programmeur d 'attitude en tangage (le pilotage en lacet et roulis se faisant autour de Zéro) et d'autres équipements de pilotage, de télémesures et de trajectographie nécessaires pour accomplir la mission dévolue à "Émeraude".
- d'une ogive équipée de matériels de mesures et de trajectographie et déjà  expérimentée dans le cadre des programmes  "AGATE et  TOPAZE"
Masse totale au décollage :18 t

Le lancement s'effectuait verticalement. L'engin reposait sur une table par l'intermédiaire d'une couronne orientable de + ou – 5 degrés permettant un réglage fin en Azimut.
Une sangle maintenait l'engin au niveau de la jupe arrière et était libérée pyrotechniquement pour permettre le décollage après la montée en puissance de la propulsion.
L'ensemble était stabilisé au décollage par 4 empennages en croix fixés sur la jupe AR du 1er étage, le pilotage en lacet et tangage était assuré par la tuyère orientable à l'aide de vérins électriques à coupleurs.
Le pilotage en roulis était assuré par des gouvernes montées sur deux des empennages et assistées par deux propulseurs à poudre mis à feu 2 secondes avant "Ho", fonctionnant pendant 5 secondes et larguées automatiquement.
Les ordres de braquage étaient élaborés par l'électronique de commande située dans la jupe avant, elle-même couplée électroniquement au programmeur d'attitude situé dans la case à équipements.
La case équipements et l'Ogive étaient récupérés par parachutes.
Un chariot avec un berceau permettait, le transport, les manutentions et l'érection du 1er étage pour la pose sur la table de lancement.


Pour la petite histoire, les 1ers étages Émeraude furent transportés des Mureaux ainsi que  les 1ers étages Saphir et  Diamant, de Saint-Médard-en-Jalles à Hammaguir par un bimoteur de transport d'origine anglaise, le "Bristol Freigther", appartenant à M. Boussac et servant à transporter des chevaux de course. C'était à l 'époque, le seul avion dont la longueur et le volume utile du "cargo" permettait  de recevoir l'ensemble chariot-1er étage.


 Les trois  premiers essais en vol eurent lieu à Hammaguir  à partir du 17 juin 1964 et furent des échecs.
Des études et essais complémentaires permirent de mettre en évidence l'origine de ces échecs liés à l 'effet "POGO" (phénomène de couplage entre la propulsion et les structures mécaniques de l'étage à l'origine de vibrations entraînant la destruction de cet étage), au "ballottement" des liquides et à la réaction des gaz de mise sous pression sur les ergols (l'acide nitrique en particulier).
Les modifications apportées: mise en place d'un dispositif anti-ballotement dans le réservoir d'acide, réduction de la température des gaz de pressurisation, permirent de réaliser deux essais en vol réussis le 27 février  et le 13 mai 1965, essais  qui permirent  d'enchaîner sur les programmes "VE 231 SAPHIR" dont le 1er essai en vol eu lieu le 5 juillet 1965 et "DIAMANT A"qui permit la satellisation de la capsule expérimentale "A1 ASTERIX" le 26 novembre 1965 et à la France d'être la 3ème puissance spatiale du monde.

 
 

 

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