Triste mise à jour...

Michel ne fut pas le seul, il fut même dépassé de 8 minutes le 26 novembre 1965 par l'équipe du point KH à Hammaguir
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lafc402
 
 
 
  Les essais préalables aux lancements
 

Les causes d'anomalies possibles étaient nombreuses: anomalie de propulsion, décrochage du radar, défaut de liaison, défaut de réception de la télémesure, etc.

 
Le peu de données disponibles et la pression qui était grande pour le premier tir ont amené les équipes à multiplier les exercices et répétitions.
En particulier le logiciel du CNES et ses responsables étaient testés de l'extérieur par une équipe de l'ONERA, qui envoyait des données simulant tous les cas de figure: ces simulations n'ont jamais pu mettre en défaut le logiciel de filtrage du programme PINPIN.

(Il est intéressant de noter à ce sujet une différence d'approche entre les deux équipes: alors que celle de l'ONERA privilégiait l'analyse du signal radar, celle du CNES s'appuyait sur la robustesse des phases balistiques non propulsées)
 
Xavier Namy et Pierre Chiquet à Brétigny lors du lancement de D1
  NB: Pour aiguiller le logiciel en fonction des résultats sortant sur l'imprimante, on utilisait ... un lecteur de cartes!
Un lecteur de ruban perforé et 4 dérouleurs de bande 2 en lecture 2 en écriture étaient en place.
Enfin, pour pallier une panne de calculateur, une équipe CNES était en secours à l'Observatoire de Meudon qui disposait du même modèle de calculateur.

Le lancement du premier Diamant (A1)
Heureusement, on eut plus de 2 minutes de mesures radar après injection.
Ces données servirent de base au diagnostic, elles furent traitées en priorité, montrant que l'orbite était proche de l'orbite nominale.
Les éléments furent transmis à l'Etat-Major du CNES 16 Minutes après le décollage.
Le Général Aubinière transmit aussitôt la nouvelle au Ministre des Armées; elle fut officialisée par la presse du jour. (Encore récemment, lors d'une conférence de l'IFHE, les dirigeants militaires de l'époque ne se souvenaient que du coup de fil passé par l'ambassade américaine...)
Les données de télémesure à 136 MHz, en provenance en particulier de la station de Brétigny, étaient dès lors secondaires au niveau du diagnostic: heureusement, compte tenu de la défaillance de A1.

Les 3 lancements suivants de Diamant (lancement de D1A, D1C, D1D)

Pour ces lancements, on disposait sur le champ de tir lui-même, d'autres moyens permettant le diagnostic; le Centre de calcul de Brétigny n'était plus le seul responsable de la formulation de celui-ci.
Sur le deuxième lancement (portant D1A), on constata un décrochage prématuré du radar et on eut recours au saut doppler sur la fréquence d'émission de l'émetteur de télémesure à 136 MHz pour faire le diagnostic.
Cette procédure fut réutilisée sur les 3e et 4e lancements (D1C, D1D), cette fois....sans données radar: ce dernier avait été déménagé, en prévision de la fermeture du champ de tir de Hammaguir!

Conclusion

Le Centre Spatial de Brétigny a assumé pleinement ses responsabilités au cours des quatre lancements Diamant.
Il a formulé très rapidement le diagnostic de satellisation au cours du premier lancement.
Par suite de la défaillance de A1 et de l'absence d'une autre liaison pour le radar Aquitaine, le Centre de Brétigny a été le seul organisme français à émettre un diagnostic à la suite du premier lancement.
Ceux qui ont participé au premier lancement à Brétigny en gardent la mémoire, même s'ils reconnaissent avoir presque cru qu'ils avaient mis un satellite en orbite, alors qu'ils ne faisaient que constater l’évènement.
Le cas diagnostic est volontairement détaillé mais outre son objectif propre, il a eu l'immense mérite de souder des équipes qui faisaient leurs premières armes dans tous leurs secteurs et avaient une méfiance de ce qu’ils ne maîtrisaient pas.

Ce compte-rendu fait suite à celui de JP Guinard intitulé "Les lancements des premiers satellites français".
Par le protocole dit "du 8 Mai 1962", le CNES était chargé de développer et de mettre en oeuvre l'ensemble des moyens sol destinés à la poursuite des satellites devant être lancés par les quatre premiers DIAMANT, et d'émettre le diagnostic de satellisation.


Bernard Lago
 
 
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