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  Le Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux (CIEES)
  l - Généralités
   
Organisme interarmées créé par arrêté du 24 Avril 1947 le C.I.E.E.S. a pour rôle de fournir à la Défense Nationale, pour mise à la disposition des directions techniques, des états-majors et, éventuellement d’autres organismes, des champs de tir équipés pour les essais d’engins spéciaux qu’il soient Air-Air, Air-Sol, Sol-Air ou Sol-Sol.
Son implantation a été réalisée à partir de la base aérienne 145 déjà existante.
Les travaux commencèrent en 1948 et en décembre 1949 on tira les premiers engins. L’un de ces premiers essais coûta la vie à l’ingénieur Georges LEGER qui donna son nom à la base.
Raisons du choix de Colomb-Bechar
De nombreux facteurs ont eu une importance plus ou moins grande sur le choix de Colomb-Béchar: sécurité, technique, vie...
 
A) Sécurité: Colomb-Béchar est situé au nord d’une zone désertique à peuplement quasiment nul. De ce fait la sécurité est facilement assurée.
B) Technique: La visibilité excellente permet l’emploi d’appareils optiques supérieurs aux radars pour la précision. Cette visibilité excellente est la conséquence, non seulement de l’état particulièrement sec de l’atmosphère mais aussi de la nature même du terrain : la Hammada plate, désertique dont le sol pierreux et dur permet également une récupération aisée des engins, facteur essentiel pour tirer le maximum de renseignements intéressants.
Les moyens électromagnétiques se développent parallèlement aux moyens optiques pour les mesures à très grande distance ou les mesures très précises.
La réception à très grande portée des renseignements de télémesure entraîne l’installation d’antennes à très grande amplification.
La situation du Centre laissait pour l’avenir des possibilités considérables d'agrandissement.
C) Vie-Communications: Colomb Béchar dispose d’un commerce local relativement modeste, certes, mais permettant cependant les approvisionnements courants. Les installations de la ville constituent également un support logistique important.
L'alimentation en eau, qui constitue un problème capital, est réalisée à partir de cinq stations de pompage installées au voisinage de Colomb Béchar, pouvant débiter 6 à 8000 m3 par jour. La consommation de la base est actuellement d'environ 1500 m3 par jour.
Les liaisons avec la métropole sont relativement faciles. Outre la voie aérienne, Colomb Béchar est relié à la Méditerranée par une excellente route entièrement bitumée et par voie ferrée.

  II - Organisation du Commandement
 
A la suite de la réorganisation intervenue au début de 1961 au sein du Ministère des Armées et de la suppression du Comité du Guir, l'ancienne articulation a été profondément modifiée.
Avec la création de la Délégation Ministérielle pour l'Armement est née une nouvelle Direction s’ajoutant aux Directions techniques existantes: La Direction des Recherches et Moyens d'Essais (DRME).
C’est à ce niveau de la D.R.M.E., dont le Professeur DUBOIS est le Directeur, que l'on voit apparaître les polygones d'essais, à l'intérieur de cette Direction, une sous-direction des moyens d' essais a été créée (S.D.M.E.).
Cette sous-direction définit, oriente et coordonne pour l’ensemble des Armées la politique d’organisation d’équipement et d’utilisation des champs de tir dont les trois principaux sont: le C.I.E.E.S. de Colomb Béchar - Hammaguir, le C.E.R.E.S.(Centre d'Essais et de Recherches d'engins spéciaux) de l'Ile du Levant, et le C.E.L. (Centre d’Essai des Landes) de Biscarosse.
Organisme d’exécution rattaché à la D.R.M.E., le C.I.E.E.S. travaille en liaison intime avec le Service d’Equipement des champs de tir (S.E.C.T.). Ce service, qui relève également de la D.R.M.E., est essentiellement technique; il est responsable de l'étude, de l’achat et de la mise en place des moyens de mesures et des équipements nécessaires aux essais.
Cette organisation correspondait à un besoin d’unification des méthodes et des matériels et devait, en concentrant les efforts, permettre une économie des moyens tout en leur assurant un meilleur rendement. Elle fonctionne maintenant depuis trois ans et s’est avérée satisfaisante.

III - Organisation du C.I.E.E.S.
 
Le C.I.E.E.S. organisme interarmées, reçoit des Armées de Terre et de l’Air son personnel.
Le Directeur du C.I.E.E.S. est nommé par le Ministre des Armées et a été, depuis la création du Centre, choisi parmi les officiers supérieurs ou généraux de l'Armée de I’Air. Il est également Commandant de la Base Aérienne de Colomb-Béchar et Commandant des sites militaires au Sahara.
Le Directeur adjoint appartient obligatoirement à une armée différente de celle du Directeur.
Les moyens provenant de deux armées : Air et Terre sont groupés pour l’emploi en:
  - une direction,
- une sous-direction essais, groupant tous les moyens techniques pour l’exécution des essais,
- plusieurs sous-directions groupant les autres services: administratifs
(base Air, Base Terre), techniques, (Atelier, garage), santé, infra, services généraux.
 
Le Directeur du Centre est chargé d’assurer le fonctionnement de celui-ci et il a la responsabilité des moyens de mesures. En ce qui concerne le fonctionnement des engins, sa responsabilité se limite à leur conséquences sur la sécurité du champ de tir. Il appartient aux “antennes” des utilisateurs du champ de tir, implantées au C.I.E.E.S. et ne relevant du Directeur que sur le plan disciplinaire, d’émettre des avis techniques ou opérationnels sur les engins.
IV- Implantation Organique
Les installations comprennent:
  A- A Colomb Béchar la base Georges Léger
 
Située à l'ouest de Colomb Béchar sur la Hammada de Hameida, la base proprement dite couvre une superficie d'environ 160 hectares.
Elle comporte :
  - la direction et les services du C.I.E.E.S. ainsi que les antennes des utilisateurs,
- des halls de montage et de stockage des engins,
- une importante infrastructure de logement et moyens-vie.
A proximité immédiate se trouve l’aérodrome Georges Léger (piste de 3 000 x 50 m ouverte à l'aviation civile). Au nord-ouest de cette base se trouve le champ de tir B.1. Ce champ de tir présente le gros avantage d'être à proximité immédiate de la base, ce qui a conduit à l’utiliser dans tous les cas où cela était possible de préférence à celui d'Hammaguir. Ce champ de tir étant de dimensions modestes, environ 25 km x 25 km et au voisinage de la frontière du Maroc, seuls y sont tirés des engins de performances limitées et son emploi tend de plus en plus à décroître au profit de celui de la base d'Hammaguir.
  B - La base d'Hammaguir nom artificiel créé par contraction du nom de la région : Hamrnada du Guir...
 
Située à 110 km au sud-ouest de Colomb Béchar au nord d'un vaste plateau entièrement dénudé, où la récupération des engins est facile cette base comporte des installations importantes.
Les installations comprennent :
  - une base-vie proprement dite,
- des annexes des ateliers techniques de la base Georges Léger,
- des halls de montage et de stockage pour engins,
- des installations de logements pour: l'hébergement de 600 passagers.
A proximité immédiate de cette base, se trouve l'aérodrome comprenant une piste de 3000 m. Le champ de tir se développe au sud de la base-vie et comprend trois bases de lancement. Il est employé dans le cas où Béchar se révèle inutilisable, soit pour des raisons de sécurité, soit parce que trop petit.
Jusqu’en I958, son développement initial s'est fait dans l'hypothèse d'une extension des tirs en direction du sud-ouest (Tindouf); l'évolution des conditions politiques et des programmes d'essais a conduit ultérieurement à retenir l'axe Sud-Est pour les tirs à grande distance et l'axe Est-nord-est pour les tirs de satellites.
L’équipement de la base est terminé et l’importance des essais qui s'y déroulent lui a donné le pas sur le champ de tir de Colomb Béchar. Une route bitumée terminée en 1963 permet maintenant des liaisons rapides et lourdes entre Hammaguir et Colomb Béchar.
L'un des problèmes essentiels à Hammaguir était celui de l'eau; initialement alimentée en eau par des forages d'Hassi Bou Allala et de Zekakat, dans la Vallée du Guir, la vie de la base dépendait de l'adduction de cette eau; une trentaine de kilomètres de conduites enterrées à faible profondeur constituaient dans les circonstances présentes un point très vulnérable.
Les forages entrepris sur la base même ont permis de trouver à une profondeur raisonnable une eau excellente et abondante. Ce problème crucial est donc actuellement résolu d'une façon satisfaisante.

V - L'avenir
  Selon les termes des accords d’Evian, la France conserve l'utilisation des bases et des installations techniques jusqu'au 1er juillet 1967.
Les programmes en cours vont s'y poursuivre pendant les prochaines campagnes:
 
- essais relatifs aux systèmes d’armes Mirage III et, Mirage IV
- expérimentation des engins sol-air “Hawk” construits par la S.E.T.E.L. (Société Européenne. de Téléguidage ) sous licence américaine,
- tirs de programme balistique de la S.E.R.E.B. (Société pour l'Etude et la Réalisation d'Engins Balistiques) qui seront après la fermeture du C.I.E.E.S. transférés au nouveau Centre d’Essais des Landes dont la construction a commencé.
- essais du programme “E.L.D.O”.
 
De nombreux autres tirs de tout type mais non moins importants se déroulent sur les bases. En particulier, il y a lieu de souligner l’intérêt porté au champ de tir par les expérimentateurs scientifiques; ils y trouvent un équipement de mesure et des moyens logistiques très importants. C’est la raison pour laquelle un important programme de lancement de fusées sondes d'exploration scientifique s’y est développé dans les dernières années.
Enfin c’est d’Hammaguir qu’a été tiré le premier lanceur de satellite français “Diamant”
 
 
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