x
page 1
sommaire
page précédente
page suivante

Vous avez:
- une remarque à faire
- une correction à signaler
- une information à donner
- une idée à suggérer

Notez la référence de page ci-dessus, cliquez l'icone de mail ci-dessous et envoyez moi votre message avec la référence

Merci

lafca01
 

 

 

  Souvenirs de lancements et d’orbites depuis le calculateur KH à Hammaguir,

 

 

 
Philippe Pancrazi

Programmeur/Opérateur sur Calculateur K.H. à Hammaguir de Janvier 1965 à Mai 1967, affecté au CIEES dès août 1963.

 
 
 

J’ai été informé il n’y a pas longtemps par des anciens de l’équipe Calcul d’Hammaguir de l’existence du site de Michel Taillade “Nos premières années dans l’espace”, et du Diagnostic de Satellisation de M. Lefèvre qui présente le CNES comme seul à avoir eu la possibilité de calculer la mise en orbite d’Astérix 16 minutes après le décollage et avoir, via le Directeur du CNES le Général Aubinière, annoncé au Ministre de la Défense de l’époque P. Messmer le succès du lancement, succès pas tout à fait complet à cause de la panne des transmissions radio.
Après quelques échanges d’emails avec M. Taillade, il paraît évident que la chaîne hiérarchique d’information du Ministre n’a fonctionné que de Brétigny vers le Ministère, et que le CNES a été le premier à informer le Ministre.
Mais d’où provenaient les informations qui ont permis d’établir ce diagnostic ?
Voici mes souvenirs, certains sont à préciser car bien lointains, les plus exacts étant ceux issus de documents personnels en ma possession.

 
Les moyens de mesures à Hammaguir et Colomb-Béchar.
 
Durant l’année 1964, le Service des Equipements des Champs de Tir/ Délégation Ministérielle de l’Armement/Direction des Recherches et Moyens d’Essais, a modernisé ou créé les installations des sites du Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux au Sahara, et embauché les personnels techniques nécessaires à leur mise en oeuvre.
Cette modernisation était en grande partie liée au programme “Pierres précieuses”.
Ce programme militaire, était destiné à doter les armées de missiles balistiques de type SSBS et MSBS qui furent testés de 63 à 67 au CIEES, ensuite au Centre d’Etudes et de Recherches d’Engins Spéciaux de Toulon rebaptisé Centre d’Essais de la Méditerranée et au Centre d’Essais des Landes.
Le programme prioritaire était axé sur le missile VE231, Emeraude + Topaze, construit par la SEREB, et c’est à partir de cet engin, en ajoutant un 3e étage, qu’a été conçue la fusée Diamant.
 

Les améliorations principales apportées au CIEES furent :

- Le bâtiment PCCT du Point 40 construit à Hammaguir, dans lequel furent installés la salle de contrôle des opérations, la salle sauvegarde, la salle calcul, la salle horloge, une régie TV ainsi que des bureaux et ateliers, et une allée visiteurs avec vue sur la salle opérations, la salle sauvegarde et la base Brigitte située à 4 Km environ.
- L’antenne de Télémesure Cyclope construite près du bâtiment Télémesure à Hammaguir,
 
Le champ de tir d' Hammaguir
 
- Le système SECOR/COTAR, AME et DME, à Hammaguir et Béchar, bases d’antennes permettant de transmettre au KH les cosinus directeurs de la source hertzienne poursuivie afin d’en calculer la position.
- Le radar Aquitaine JLA1 installé d’abord à Hammaguir au point R puis déménagé à Béchar, (dates à préciser si possible), équipé d’un “élaborateur” qui, à partir de Site Gisement Distance, calcule X Y Z et les transmet au KH via une liaison TRT à 1200 bauds, en général en mode répondeur,
- Le Point 5 avec les cinéthéodolites et son parallaxeur,
   
Synoptique du PCCT
- Le point R et ses radars COTAL en mode radar,
- Les Points 8 et 9 des ciné-télescopes IGOR.
- Le calculateur IBM division militaire, KH, avec son pupitre opérationnel , les convertisseurs D/A SINTRA et les tables traçantes THOMSON, les modems TRT reliés aux différents moyens de mesures du champ de tir pour acquisition et désignation,
- Les horloges SEA synchronisées, les matériels de datation des mesures et les platines temps/décompte des différents pupitres de conduite des opérations,
Les programmes Informatiques militaires et Diamant du KH
  Le calculateur temps réel IBM K.H. était le centre nerveux du champ de tir.
Plusieurs programmes furent réalisés selon les besoins.
  Un programme de base qui devint le programme VE231 avec pour missions :
  - Acquisition des donnés brutes en provenance des moyens de poursuite à 10 points/seconde, pré-traitement des mesures, lissage 1 et élimination des points aberrants, changements de référentiels,
- A partir du top décollage, simulation de trajectoire pendant l’accrochage des moyens,
- Choix du “meilleur” moyen par l’opérateur à l’aide des informations présentées sur les trois tables traçantes de la salle calcul,
Les 4 tables traçantes de la sauvegarde  
 
- Extrapolation à partir des derniers éléments en cas de perte de poursuite,
- Calcul du point d’impact en cas d’arrêt de propulsion, calcul de la trajectoire de l’engin en vol, Xi/Yi X/Y Z/T Z/DH, référentiels géocentrique ou rampe, à destination des quatre tables traçantes de la salle sauvegarde exploitées par l’Officier Sauvegarde pour une éventuelle destruction en cas d’anomalie grave.
D’après mes souvenirs la destruction n’a jamais été utilisée, même lors d’un VE231 parti vers le nord-est et dont le point d’impact s’est promené jusqu’à Florence, puis l’engin a dû basculer et est finalement tombé pas très loin de Saïda à environ 500Kms d’ Hammaguir.
- Envoi de la désignation d’objectif calculée dans leur référentiel à tous les moyens,
- Calcul des éléments de contact, en phase balistique, lissage 2 sur 101 points, soit un élément de contact toutes les 10,1 secondes, méthode des moindres carrés, X,Y,Z, Vx, Vy, Vz, et temps,
- Lecture des bandes nominales en répétition avant tir pour vérification générale,
 

Les 3 tables traçantes de la salle
calcul

Les 4 armoires et
le pupitre
du KH

   
page 1
x
x x

 

x