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  Les premières stations au sol du CNES
 
 
Jacques Beaucher (aout 2008)

 

 

 
 

Au début des années 60, l’une des premières activités concrètes du CNES se porte sur le segment terrien des systèmes à satellites à défilement sur des orbites à quelques centaines de kilomètres.

 
 
Le développement et la réalisation des équipements sont confiés à l’industrie électronique française en exploitant les compétences acquises dans des domaines spécifiques (en particulier l’aéronautique).
Les équipements des stations assurent trois fonctions de base: Télémesure, Télécommande, Localisation, auxquelles s’ajoute la fonction de synchronisation des actions et observations dans les différents sites fonctionnant en réseau (base de temps).
Les sites des stations sont choisis dans des pays “politiquement stables” sous des faibles latitudes adaptées à des satellites dont le plan d’orbite est faiblement incliné sur le plan équatorial.
Implantation des stations en 1965
 
Le segment terrien répond à deux vocations distinctes:
 
- Les stations “aval” du champ de tir (Hammaguir) ou du centre de lancement (Kourou) permettent d’établir le premier diagnostic de satellisation (Beyrouth, Fortalezza).
- Après mise en orbite et pendant plusieurs années, les stations du réseau assurent l’orbitographie des satellites et la transmission des données associées aux missions spécifiques (Brétigny, Hammaguir puis Kourou, Prétoria, Brazzaville, Canaries, Ouagadougou)
Le développement et la réalisation industrielles, la recette technique, l’étalonnage et la mise en service des équipements en station sont de la responsabilité du personnel technique du CNES, ce qui suppose une importante activité ultra-marine, source de découvertes, aléas et agréments.
Je garde en mémoire particulièrement les séjours à Hammaguir et à Prétoria.

Hammaguir (Colomb Bechar)
 
Dans le cadre des accords franco-algériens d’Evian, la base d’Hammaguir reste utilisable jusqu’en 1966. La première ultra-marine du CNES assure les fonctions Télémesure, Télécommande, Localisation depuis ce site.
La base de temps (BTC2) qui doit assurer la synchronisation des stations suppose l’installation d’un maître-oscillateur stabilisé pendant un an en métropole. Le transfert d’un tel équipement par avion militaire ou civil dans des conditions de continuité satisfaisantes de l’alimentation pose à l’époque des problèmes de principe.
En station le réglage de BTC2 suppose la réception exploitable de signaux horaires internationaux capables de fournir l’heure en temps universel (TU) à une milliseconde près. Les conditions de propagation de ces signaux ne sont favorables que pendant la nuit, ce qui nous permet d’apprécier les belles nuits sud-algériennes dépourvues de lumière parasite.
L’étalonnage de l’interféromètre radioélectrique Diane nous accorde quelques dizaines d’heures de ciels étoilés superbes, sans lune ni nuage. Il s’agit de comparer les relevés radio de Diane par rapport à l’observation optique d’un point lumineux sur fond d’étoiles.Les moyens sont fournis par l’IGN; au sol des chambres photographiques localisent un éclair très court d’un tube-flash porté par un avion B17 volant à son plafond (8 km environ). Le calendrier de cette opération est impératif en raison du cycle lunaire et de la disponibilité des moyens.
 
Arrivé la veille à Béchar, je rencontre sur le trajet routier vers la station du CNES un phénomène imprévu. Près du village d’Abadla, la route franchit le lit du Guir; des pluies torrentielles sur l’Atlas marocain provoquent une crue du Guir qui emporte la route sur une centaine de mètres. Le sens du courant est ouest-est, c’est à dire que l’eau va se perdre dans le désert.
Un bac de fortune (2 bidons assemblés) est en cours de fabrication. J’inaugure la première traversée en compagnie d’un agent local.
Une semaine plus tard avant de prendre l’avion pour Paris, je traverse le Guir à pieds, la valise sur la tête.

La traversée du Guir; aller et retour
 
En 1984, je revois cette station Diane après son transfert à Kourou.
 
Prétoria
 
L’Afrique du Sud est la contrée lointaine où sévit en 1965 l’apartheid, pénible à observer pour un européen.
C’est le pays des serpents en tout genre: je récupère, en roulant sur la piste, un cobra cracheur qui se niche dans la suspension de la voiture.
Trois jours de visite dans le parc Kruger permet de voir évoluer in situ, la faune locale au prix de quelques frayeurs (le souffle chaud d’une hyène sur le bras) et de quelques difficultés de relation avec les gardes du parc lorsque je quitte la voiture pour prendre des photos de léopards.
Le parc Kruger
 
La visite au village de Ndebele, magnifiquement décoré par les femmes bantoues, est soumise à autorisation spéciale pour les touristes blancs.
Le vilage de Ndebele

Entre Prétoria et Joburg, dans les pays des mines d’or, chaque dimanche matin, les mineurs appartenant aux différentes ethnies bantoues présentent un spectacle de danses.
Amateurs mais superbes... C’est le dépaysement total.
 
  Danses bantoues
 
Quelques mois après Hammaguir, les équipements de la station interférométrique Diane et la base de temps BTC2 sont mis en service.En 1965, le CNES est présent sur le continent africain pour assurer une mission purement technique.
   
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