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J. Blamont, Le Chiffre et le Songe, Ed. Odile Jacob, Paris, rééd. 2005.
J. Blamont, "La politique spatiale française" in Le général de Gaulle et la recherche stratégique et technique, Cahiers de la Fondation Charles de Gaulle, n° 12/12, 2003.

B. Dorléac, C. Attali, H. Gossot, L. de Peretti, Le Premier dossier Diamant, Notes techniques SEREB des 18 mai, 13 et 17 juin 1960, reproduit pour le 20e anniversaire du 1er lancement,  Bordeaux, 1985.

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Le fait crucial dans l’évolution française fut la volonté du général de Gaulle de construire une force de frappe nucléaire totalement indépendante, utilisant des vecteurs placés à bord de sous-marins .
Se méfiant des arsenaux il fit créer un organisme chargé de développer ces vecteurs, la SEREB (Société d’études et recherches des engins balistiques) le 17 septembre 1959.
Comme l’a encore affirmé haut et clair devant moi le 26 novembre dernier au LRBA de Vernon, lors de la célébration du quarantième anniversaire du premier lancement de Diamant, Roger Chevalier, qui fut le directeur technique de la SEREB : « Il ne faut pas oublier que la SEREB n’a pas été créée pour faire de l’espace ».
Et pourtant dès décembre 1959 la division des études avancées de la SEREB, dirigée par Bernard Dorléac, mit à l’étude un lanceur de satellites et s’assura que toutes les décisions du programme étaient compatibles avec l’émergence finale d’un tel lanceur, d’après ce que me dit Hubert Gossot.
En décembre 1960, le groupe Dorléac transmit aux autorités militaires un ensemble de notes techniques finalisées en juin 1960, qui fut approuvé par Jean Blancard, délégué ministériel à l’Air, et Robert Aubinière son poulain, directeur technique et industriel de l’Air (DTI) chargé de la coordination du programme Engins.
Je crois me souvenir que j’en entendis parler par le président de la SEREB, Charles Cristofini, dans une réunion sur le développement des nouvelles fusées françaises sous l’égide de son organisme, et c’est peut-être à cette époque que je commençai à rencontrer Dorléac de façon assez régulière.
Se répandit dans les hautes sphères militaires l’idée que les véhicules de la force de frappe conçus par la SEREB pouvaient mettre en orbite une trentaine de kilos. Elle parvint via le ministre des Armées Pierre Messmer et le premier ministre Michel Debré jusqu’au Général de Gaulle au printemps de 1961, aboutissant le 2 août à une double décision du Président, le lancement du programme Diamant et la création d’une Agence spatiale, le CNES, qui devint effective le 1er mars 1962.
Deux décisions prises en fait contre une partie du gouvernement : contre le ministre Pierre Guillaumat qui ne voulait ni de l’une ni de l’autre ; contre le Ministre des PTT, satisfait de travailler avec les Etats-Unis ; contre la tutelle scientifique, le Comité des recherches spatiales, qui avait rejeté dès sa première réunion l’idée d’un institut central doté d’autonomie financière et souhaité distribuer des subventions à divers organismes, à l’anglaise.
La DGRST qui se flattera plus tard d’avoir créé l’espace en France, n’avait fait en réalité que le financer dans le cadre d’une action concertée (structure coordonnant des organismes existants, qui était exactement l’inverse d’une Agence : on appelle Agence d’objectif une Institution étatique munie d’importants moyens humains, matériels et financiers, dévolue à la conception et à la réalisation de programmes techniques de très grande ampleur, comme les applications civiles et militaires de l’atome) .
Lors de l’examen du projet de loi comportant la création d’un organisme spécialisé par un comité interministériel présidé le 21 juillet à l’hôtel Matignon par Michel Debré, la DGRST avait protesté : « Une fois de plus, devant un problème scientifique en pleine évolution, on éprouve la nécessité d’une création indépendante des structures existantes ».
En fait devant les exigences de Pierre Auger qui voulait simplement obtenir les moyens d’assurer une bonne coordination, c'est-à-dire pour lui un secrétariat musclé, on s’était mis d’accord pour créer un bureau d’études pour la petite chose, l’espace, qu’il ne fallait pas confondre avec l’aéronautique, domaine de l’ONERA, organisme auquel on refusait d’en sortir.
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