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syda01

 

 

Réveil tardif de l'oiseau matinal français
Safran (180 kg, 144 voies)
assurerait des liaisons économiques entre les pays de langue française


  Satellite-Afrique-France
 
Jacques Tiziou (1966)


  Contrairement à ce que l'on espérait du Conseil spatial restreint tenu à l'Elysée le 15 mars, la décision française de placer sur orbite un satellite de télécommunications n'a pas été prise.
Deux raisons essentielles à cela: quel lanceur utiliser pour placer sur orbite circulaire à 20.000 km d'altitude un satellite de 180 kg et est-ce bien utile désormais de mettre les bouchées doubles quand on a peu de chances - à moins de consacrer au projet des sommes considérables - de mettre le réseau en place avant que n'interviennent les discussions définitives sur le réseau mondial de télécommunications par satellite.
Il n'en demeure pas moins que le projet est particulièrement intéressant.
"Safran" (Satellite France - Afrique Noire, ou Satellite Franco-Africain, ou Satellite Afrique France, etc.) a été étudié par le Centre National d'Etudes des Télécommunications et le Centre National d'Etudes Spatiales. L'une de ses particularités serait d'ëtre placé sur une orbite de 12 heures, non pas fortement elliptique comme celles des "Molnya" 1 soviétiques, mals circulaire, donc à défilement apparent régulier.
Autre avantage sérieux : il n'impliquerait qu'une infrastructure terreste réduite, ses émissions réampllfiées, grâce à une puissance installée de 28 Watts, permettant d'utiliser de petites stations de réception économiques (leur coût serait de l'ordre de 10 millions pièce) dont les aériens n'auraient guère que 9 m de diamètre.
"Safran" pourrait assurer 144 liaisons phoniques (à notre connaissance, il n'est pas question de transmissions TV) à destination de 12 stations: Cameroun, Congo (Brazzaville), Côte-d'Ivoire, Guadeloupe, Guyane, Israël, Liban, Madagascar, Maghreb, Mali, Martinique et Sénégal.
Les émissions partiraient naturellement de Pleumeur-Bodou.
Son lancement poserait un problème, celui du lanceur. Sa masse - 180 kg - implique la mise sur orbite basse de 7 à 800 kg, ce qui est en deça des possibilités de la fusée européenne, laquelle serait dotée en la circonstance de moteurs d'apogée et de périgée dont le rôle serait surtout de parfaire l'orbite. Mais c'est largement au-delà des possibilités des divers projets de "Super Diamant".
Si "Europa-1" ne pouvait, pour une raison ou pour une autre, être retenue, la France n'aurait d'autre solution que de passer au développement d'un "Récent" dont les possibilités seraient comparables à celles d' "Eldo A", à moins que l'on puisse se satisfaire d'un satellite plus modeste ou que l'on parvienne à mieux miniaturiser ses équipements.
En effet, il semble curieux que "Safran", pour 180 kg, n'offre que 144 voies quand le petit "Early Bird" américain en offre déjà 240.
Devant être placé sur orbite équatoriale, "Safran" serait lancé du Centre Spatial Guyanais.
Le Ve Plan prévoit 358 millions de francs pour ce dernier, ce qui ne devrait pas lui permettre d'entrer en service avant la fin de 1968, plus probablement au début de 1969, tel qu'il est conçu actuellement. C'est dire qu'il faudrait attendre encore pour y voir un pas de tir "ELDO" ou "Récent".

Se fût-il réveillé plus tôt, l'Oiseau Matinal français aurait pu être placé à bord de l'une des dernières "Europa" du programme initial. Qui sait?
 

 

 

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