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12 - ...entre lande(s) et montagne



Alors que la chaîne de vol se restructurait avec l'intégration de la nacelle de servitudes, les différentes tâches pendant les phases de "chrono" se simplifiaient et les méthodes de travail dans le suivi des vols se modifiaient au même rythme que la station d'Aire sur l'Adour s'équipait de nouveaux moyens de contrôles.
Cette nouvelle organisation allait recevoir un satisfecit sur une période d'exploitation de près de vingt années par les divers opérateurs qui se sont succédés, au premier rang desquels les intervenants sur l'aire de lâcher, les servants installés dans la salle de poursuite ou ceux occupant la salle des contrôles mais aussi par les expérimentateurs scientifiques.
Un équipement avait modestement, mais efficacement, contribué à atteindre ce stade de confort et de tranquillité dans nos opérations ballons; ce fut le commutateur-codeur MICnes et le matériel au sol associé. Son action déterminante pouvait simplement s'expliquer par la numérisation de tous les paramètres, mesures, contrôles, comptes rendus et autres informations ou signaux délivrés par les différents capteurs à bord.
Par des contrôles continus nous pouvions donc mieux cibler nos actions et opérations (pendant les vols) ce qui rendait plus efficace nos interventions à distance. Dans un autre d'ordre d'idées, comme toutes les mesures étaient numérisées (mais, pour autant, toujours transmises à l'aide de sous porteuses), nous n'étions plus contraints de prévoir une compensation du pleurage sur les enregistrements magnétiques; il n'était, alors, plus nécessaire d'enregistrer une fréquence de référence (généralement un signal à 100KHz), ce qui nous permettait de récupérer une piste et de gagner, au moins, un passage par bande et une moindre manipulation.

On trouvera plus de détails concernant cette évolution technique en se reportant au document:"La station FM au CLBA".


Le chemin qui mène au plateau de CEUSETTE

Si le site de Gap était satisfaisant pour les opérations de lâchers, il présentait, à cause de sa situation encaissée, l'inconvénient d'une courte visibilité radio en direction de l'ouest qui était celle vers laquelle dérivaient les ballons durant l'été; la station de poursuite perdait trop rapidement la liaison radioélectrique avec le ballon.
Par contre, dès son arrivée au plafond, le centre d'AsA captait l'émission de TM et conservait ainsi le contrôle entier du vol jusqu'au moment de la séparation. Si les opérateurs ballons qui suivaient et pilotaient les vols se satisfaisaient de cette configuration "partagée", le client scientifique n'y trouvait pas son compte; il devait, le jour du vol, être sur le centre à AsA, alors que la veille il se trouvait, peut être, en train de préparer son instrumentation sur le site de Gap: il y avait, là, un problème de dédoublement de personnalité à défaut d'une délégation de responsabilités scientifiques à autrui.
Il nous fallait résoudre ce problème. Il y avait deux solutions: soit développer une station relais (du type faisceau hertzien), soit utiliser la transmission de données; la station d'AsA aurait (dans cette configuration) renvoyé toutes les données du vol, via une ligne téléphonique spécialisée, vers la station de départ.
La première solution fut celle retenue. Cela dit, les prospecteurs d'un site relais devaient s'évertuer à trouver un emplacement facilement accessible, sur une hauteur, d'où l'on avait une vue dégagée à la fois vers la base de lancements (en contrebas) et vers l'ouest: après quelques travaux de terrassement (amélioration de la voie d'accès et création d'une aire plane pour recevoir le nouveau shelter), une colline repérée au nord-ouest de Tallard et appelée Ceusette (altitude,1.600 mètres) allait faire l'affaire (pendant une bonne dizaine d'années).


La station STAREL sur la colline à Ceusette

Sur le plan de la transmission radioélectrique, l'émission relais s'effectuerait dans la bande des 400 MHz. Si nos systèmes d'aériens devaient satisfaire cette nouvelle configuration opérationnelle, il convenait, par contre, de développer des équipements pour une mini liaison de TM et de TC (émetteur et récepteur pour chacune des fonctions) entre le site de Ceusette et la base de Tallard.
Si le client était satisfait, la situation logistique, elle, s'alourdissait; il avait fallu investir dans l'acquisition et l'aménagement d'une seconde station mobile – la station relais (STAREL).
Par contre et dès sa mise en exploitation, le suivi des vols était, d'une extrémité à l'autre, sous le contrôle de la base de Gap (opérationnels et scientifiques); la base d'AsA était, alors, virtuellement libérée de toute activité opérationnelle. On remarquera sur la droite l'antenne de réémission de
TM (403 MHz) et sur la gauche, à l'extrémité d'un mât
télescopique, l'antenne de TM qui capte l'émission du ballon.

Je (CB) soupçonne que (LYM) a tendancieusement œuvré pour que la solution de la station relais soit retenue. Car, après avoir respiré la quiétude de la Chartreuse et peiné sur les chemins pentus des monastères de Mallorca (lors de campagnes ODISSEA), lieux dans lesquels il appréciait le calme et le repos, (LYM) aspirait à retrouver, sans aucun doute, un environnement paisible où il pourrait vivre les longs moments passés à suivre les vols; la vie monacale l'avait envahi.
Notre Bonhomme, un des tout premiers ballonniers
, in fa ti ga ble, – doué (un coup du divin?) pour prendre en défaut un équipement nouveau, voire, mettre en panne un matériel neuf, démontrant, contre toute attente, les failles et le peu de fiabilité des équipements innovants, mais toujours en avance d'une arrière-pensée pour améliorer et peaufiner une application opérationnelle –, s'est complu, pendant tous ces mois de campagnes, à l'estive dans son "ermitage": sacré Titi!