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15 - La revanche de la TD

 


L'arrivée de la nouvelle génération de moyens de télécommunications (ETNA) allait modifier profondément nos méthodes de travail et faire apparaître immanquablement de nouvelles contraintes. Mais en s'en accommodant, on mesurerait mieux l'immense effort de développement que "notre maison" avait consenti, avec pour seul objectif d'améliorer le service offert à la communauté scientifique. Toutes les parties prenantes dans l'activité ballons étaient concernées par ce renouveau matériel qui devait assurer la relève des équipements FM. Mais pour autant, nous allions prendre "à notre charge" (nous, ballonniers) le maximum de ces contraintes afin de n'offrir, en finale, à notre clientèle que le meilleur service.


L'implantation et les travaux de décapage du terrain alentour de la
plate forme

Une nouvelle fois, l'utilisation des liaisons sous forme numérique devaient nous aider dans cette démarche. Dorénavant, à Aire sur l'Adour, l'expérimentateur qui s'était vu attribuer une salle pour préparer son instrument allait y rester pendant tout le déroulement de son vol; il n'était donc plus question pour lui de déménager ses équipements dans la salle de traitement où, d'habitude, il assurait son suivi en temps réel. Ce confort opérationnel avait été obtenu grâce à un important complément d'investissement intellectuel et financier; les conduits techniques qui alimentaient les différentes salles d'intégration (au nombre de quatre) étaient demeurés ouverts et visités pendant de longs mois. A l'issue de ces "grands travaux", nos scientifiques pouvaient donc simuler d'une manière autonome et avec tous leurs moyens de TM et de TC une répétition de chrono, un vol fictif puis, le jour "J", enchaîner le suivi de leur vol, en dialoguant avec leur instrument, en toute quiétude (et "en pantoufles") dans leur salle: cet appréciable "plus de services" fut, aussi, très apprécié.


Le shelter STAREL en poste avec à droite l'antenne de TM (huit
antennes dipôles couplés      deux à deux) montée sur un mât
télescopique, à gauche l'antenne de TC (dièdre) monté sur un mât
fixe tripode. Au premier plan le groupe électrogène – élément vital
!

Les habitudes de travail de notre clientèle scientifique allaient être, aussi, modifiées dans l'enregistrement de leurs données de vol. Dans ce domaine, nous leur avions préconisé quelques recommandations qui mettaient l'accent sur le meilleur moyen de stocker ces données pour les exploiter, ensuite, en toute indépendance. L'intérêt pour chacun d'eux était, donc, de prévoir leur propre système de stockage temps réel; le développement de la microinformatique et la surenchère dans les performances des disques durs devaient leur apporter la solution. L'expérimentateur prélèverait, ainsi, ses informations en sortie du démultiplexeur (séparateur) de TM, auxquelles il aurait toute latitude d'y joindre, selon ses besoins, les informations de servitudes nécessaires à son exploitation (paramètres de positionnement – GPS, par exemple). L'enregistrement magnétique "standard" (sur bandes) n'avait plus comme raison d'être que celle d'un archivage de sécurité pour le cas d'une éventuelle manipulation accidentelle de la part de l'expérimentateur.Les supports radioélectriques qui assuraient les liaisons des moyens de traitements ETNA appartenaient à la bande L; or, dès leur mise en exploitation, s'était posé le problème de la station relais de Gap. En effet, on ne pouvait pas reproduire, sans prendre un gros risque de voir apparaître des interférences radioélectriques majeures, le même type de faisceau hertzien que celui crée pour les liaisons à 400 MHz; après plus amples réflexions, on abandonnait définitivement la solution d'un second relais.
Alors que l'on avait soigné nos expérimentateurs en leur offrant un service "en salle" au centre d'AsA, ceux qui souhaitaient voler au départ de Gap allaient devoir "crapahuter", pour trouver leur salle de traitement en temps réel, jusqu'au plateau de Ceusette.
Pendant quelques années et en attendant mieux, nos expérimentateurs ont donc connu et reconnu le chemin qui menait à la colline où les attendait un toit sous lequel ils suivraient leur vol.
Même s'il faisait bon vivre à l'ermitage du "Père Lacoste", il fallait se rendre à l'évidence et admettre que cette situation logistique était pour le moins bâtarde et qu'il fallait trouver une autre solution: pourquoi, alors, ne pas envisager la seconde possibilité entrevue au moment du choix du relais "STAREL". La solution d'utiliser un système de transmission de données, un moment mise à l'écart, revenait sur le devant du tapis des discussions avant d'aboutir… sur le devant de celui des décisions.

 

 

 

 

 

….elle est pas belle la vie sur le plateau à Ceusette pour nos aturins et leur "Madelon"!!

 


L'implantation d'une "résidence secondaire" à Ceusette

 



L'immobilier se développait sur le plateau..
Au premier plan à gauche, un shelter (blanc) "la STAREL" (abritait tout le matériel SITTEL et celui du relais – ré-émission des liaisons avec le ballon vers la base de Gap).
Le second shelter blanc à droite recevait l'ensemble du matériel ETNA (nécessaire au suivi des nacelles scientifiques); on remarquera l'antenne parabolique sur son fût.
Le troisième caisson (bleu) hébergeait les expérimentateurs qui, ayant intégré leurs instruments avec le matériel ETNA, s'étaient déplacés à Ceusette pour suivre leurs vols en temps réel; car il n'y avait pas de relais en bande L vers la base de Gap.

Il était vrai qu'entre temps il y avait eu du renouveau: l'avènement du matériel ETNA lequel, conçu à partir d'une réflexion fortement inspirée d'une application des normes de transmission de données, serait, en toute logique et par un retour à ses propres sources (on assistait à un retournement à la fonction primitive; on obtiendrait alors la relaxe!), notre salut; la transmission de données – TD allait, ainsi, devenir une nouvelle fonction à part entière et un service disponible pour notre clientèle scientifique.

La transmission de données consistait, d'une part, à retransmettre des informations de TM d'une station aval (station qui se trouvait, à un moment donné, avoir, seule, la charge du suivi du ballon) vers une station amont (la station de lancement, par exemple) et, d'autre part, à envoyer des instructions de TC vers la nacelle à partir de cette dernière station, instructions qui étaient relayées par la station aval.

Le document " La transmission de données - ETNA " apporte quelques explications sur cette dernière fonction.

Ce nouveau service proposait une transmission de données bidirectionnelle et simultanée ( full duplex) qui utilisait les réseaux téléphoniques existants.
Nous devions profiter de l'émergence d'un réseau numérique (RNIS – Réseau Numérique d'Intégration de Services), sur lequel s'appuyait France Télécom, en prenant un abonnement au service Numeris. La généralisation du RNIS dans la plupart des pays nous permettait d'envisager, aussi, l'exploitation du service Numeris à l'international.

À l'origine des années quatre vingt dix, il était tout à fait possible de transmettre, après agrégation et synchronisation de (quatre, au maximum) canaux élémentaires (de 125 Kbits/sec chacun), un multiplex d'informations numériques équivalent à un débit maximum de 500 Kbits/sec. Le département TL/ES devait nous faire part de son expérience et nous apporter son aide dans la mise en œuvre des équipements d'interfaces avec les réseaux.