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cnaa03

 

Mais, dès lors que la France s'efforçait de mettre au point divers moyens d'exploration de l'espace et entendait poursuivre dans cette voie, il lui fallait aussi acheter ou construire tous les équipements au sol nécessaires.
En effet, il n'est nullement question de lancer une fusée-sonde ou un satellite sans les avoir préalablement soumis à des tests d'environnement sévères et à des tests de fiabilité non moins exigeants. Tout lancement n'a de sens que si le satellite peut être suivi dans sa course et peut recevoir des ordres ainsi que transmettre les données qu'il recueille.
C'est pourquoi le C.N.E.S. a consacré, pendant les trois premières années de son existence, une bonne partie de ses crédits à acquérir tous les équipements indispensables à la réussite de ses expériences.

 

Il a fallu d'abord commander, en général à des firmes françaises, tous les appareils de mesure qui permettent d'éprouver le bon fonctionnement des matériels livrés qui devaient être placés à bord des fusées-sondes et des satellites : étuves pour essais thermiques, caissons pour essais sous vide, pots vibrants qui éprouvent la résistance des matériels aux vibrations, machines de choc et un grand simulateur d'ambiance spatiale où l'on peut obtenir un vide de 10-8 torr, muni d'un soleil artificiel dont le spectre est très voisin de celui du Soleil.

Simulateur d'ambiance spatiale




Il fallait aussi des stations de poursuite, de télécommande et de télémesure. Le réseau du C.N.E.S., une fois terminé, comprendra cinq stations de télémesure et de télécommande, dont deux seront aussi équipées pour la poursuite, plus une station mobile qui lors du lancement de D-l, sera placée au Liban. Ces cinq stations s'échelonnent approximativement sur un même méridien dans les deux hémisphères: Brétigny, Hammaguir, Ouagadougou, Brazzaville et Prétoria; seules, les stations de Brétigny et de Prétoria posséderont les interféromètres nécessaires à la détermination de l'orbite des satellites. Ce sera la station de Brétigny, d'autre part, qui recevra les informations transmises par les satellites français aux autres stations, qui les centralisera grâce à son centre d'opérations et les traitera dans son centre de calcul.

La France, conformément aux accords d'Evian, devra évacuer la base d'Hammaguir en juillet 1967. D'où la nécessité de trouver une nouvelle base de lancement pour les satellites français futurs.



Le C.N.E.S. a choisi comme nouveau champ de tir la base de Guyane, où sera aussi établie la station interférométrique. Ce choix de la Guyane française pour placer sur orbite le satellite D-2 et ceux qui suivront a été fait après mûre réflexion; c'est en fait un site de tout premier plan que déjà certains pays nous envient, car il permet de tirer vers l'Est, donc de profiter de la vitesse de la rotation de la Terre, et ceci dans toutes les directions, puisque la retombée des étages des fusées a lieu au-dessus de l'océan, loin de toute zone habitée. En particulier, il est aussi facile, de la Guyane, de placer des satellites sur des orbites polaires que sur des orbites équatoriales.

Le site des Roches en 1965

La France possédera en fait le seul champ de tir équatorial dans le monde et cette situation très privilégiée de la Guyane retient l'attention de plusieurs pays et des organisations spatiales européennes.

Car le C.N.E.S. ne se contente pas de ses propres programmes. Il participe aux organisations internationales qui se préoccupent d'espace, en particulier aux deux organismes européens, le CERS/ESRO et le CECLES/ELDO, qui s'attachent respectivement aux problèmes posés par la recherche spatiale scientifique et par les lanceurs de satellites.
Au sein de ces organismes, le C.N.E.S. s'efforce de participer à la réalisation de projets qui dépassent les possibilités nationales: c'est le cas, par exemple, pour le grand satellite astronomique du CERS/ESRO ou pour le lanceur ELDO-A.
Ainsi, les efforts nationaux sont complétés par les programmes définis en collaboration avec les autres pays européens dont les problèmes en matière de recherche spatiale sont les mêmes que ceux de la France.
Aujourd'hui, la France, à son tour, est en mesure d'aider certains pays à établir un début de programme spatial, tels l'Argentine, l'Inde, le Pakistan, ou de maintenir des liens de coopération bilatérale avec d'autres nations comme le Japon.
Cet effort dans un cadre national, mené parallèlement à une coopération internationale, semble être le seul objectif possible pour un pays tel que la France, qui souhaite un développement technologique rapide, mais ne dispose que de moyens financiers limités.

 

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