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– V –

1983 – 1992

La maturité

            Les succès

Dès 1982 un événement très médiatique s'était produit dans le cadre de la coopération franco-soviétique, le premier vol spatial d'un Français.

A mi-83 l'ESA prononce la qualification opérationnelle du lanceur Ariane.

En juillet 1984 le président du CNES (Hubert Curien) est nommé ministre de la recherche et de la technologie.

En août 1984 le satellite Télécom 1A est lancé par la première Ariane 3 et mis à poste avec succès. Ce succès unit à nouveau les trois centres Evry, Kourou et Toulouse. A partir de cette date l'image du CNES obtient une notoriété sans précédent. Ce ne sont pas seulement les succès qui sont salués, mais aussi la valeur technique de l'Etablissement national qui les a conçus, conduits et contrôlés.

En juin 1985 a lieu le deuxième vol spatial d'un Français, cette fois dans le cadre de la coopération franco-américaine.

En février 1986 SPOT 1 est lancé et fournit les premières images commerciales de la Terre à haute définition.

En avril 1987 le CNES fête avec faste son 25ème anniversaire, en présence du président de la République et de plusieurs ministres.

En juin 1988 a lieu le premier vol d'un lanceur Ariane 4.

En octobre 1988 TDF 1 est lancé et mis à poste avec succès.

En décembre 1988 a lieu le troisième vol spatial d'un Français, de nouveau dans le cadre de la coopération franco-soviétique.

Le CNES est devenu le chouchou de la classe politique, toutes opinions confondues.

            L'élargissement des activités

En 1986 un deuxième plan de recherche et technologie est mis en place, amplifiant l'effort entrepris en 1983. Le directeur général Frédéric d’Allest affirme sa volonté de développer également les programmes scientifiques en lançant des avant-projets "lourds" tels que Vesta en planétologie et Best en sciences de l'environnement, mais ces travaux ne dépasseront pas le stade d'avant-projet. Il lance également le projet d'application Locstar, système de localisation et de messagerie et le conduit jusqu'à la constitution d'une société commerciale européenne, laquelle commande la réalisation du système à un maître d'œuvre industriel, mais tout cet échafaudage s'effondrera faute d'un soutien suffisant de la part des PTT.

Frédéric d’Allest catalyse enfin un mouvement d'idées ambitieuses nées des propositions américaines de participation internationale à la station orbitale Freedom. De même qu’en 1973, la France est en faveur de l'indépendance européenne en matière d'accès à l'espace. Pour convaincre ses partenaires, le CNES entreprend seul l'avant-projet Hermès avant de l'ouvrir à leur participation. La manœuvre, annoncée à la conférence de Rome (janvier 1985) qui décide Ariane 5, aboutit à la conférence de La Haye (novembre 1987) qui décide à son tour Hermès et Colombus. Le centre d'Evry reçoit délégation de gérer Ariane 5 et le centre de Toulouse de gérer Hermès. Mais les modalités de la gestion d'Hermès seront modifiées par la suite et alignées sur le modèle Météosat 1.

Parallèlement les programmes antérieurs, encore en cours de développement ou passés au stade de l’exploitation, provoquent l'extension des moyens de lancement à Kourou, de contrôle en orbite et de traitement des données à Toulouse. Trois Télécom 1, deux SPOT et deux TDF sont mis sur orbite. En outre le centre de Kourou et les services opérationnels et informatiques de Toulouse ne travaillent pas seulement sur les satellites développés par le CNES ; ils assurent des lancements et des mises à poste pour de nombreux satellites appartenant à des pays étrangers et à des organisations internationales.

            L'évolution de l'Entreprise CNES

Pour faire face à la multiplication de ses tâches le CNES est autorisé à créer chaque année des postes nouveaux de 1982 à 1990. Par ailleurs il est aussi autorisé à intégrer du personnel travaillant en sous-traitance à Toulouse. Sous l'effet de ces deux causes les effectifs globaux du CNES croissent de façon spectaculaire (de 1100 à 2400 agents) au profit principalement du centre de Toulouse. De plus un nombre important de postes sont rajeunis grâce à des contrats de préretraite.

Peu à peu un nouveau CNES prend naissance. Les agents embauchés pendant cette période ont une mentalité très différente de leurs aînés. N'ayant pas connu l'économie de plein emploi, ils se montrent très heureux de faire partie d'un établissement public où ils se sentent protégés et qui de plus vole de succès en succès. Enfin ils y trouvent une technicité très prisée en début de carrière et une grande ouverture d'esprit.

Tout en restant d'ampleur limitée les moyens matériels sont renouvelés pour permettre d'asseoir la conception des systèmes futurs sur une expertise des points technologiques clés. Le pourcentage d'ingénieurs et cadres, toujours élevé, se maintient malgré les embauches de techniciens et d'opérateurs.

Au plan social, après la création en 1982 d'un comité central d'entreprise et de comités d'établissement dans chaque centre, le conseil d'administration est élargi : 1/3 de ses membres sont élus par le personnel.

Mais la taille de l'établissement et la diversification croissante de ses tâches et de ses modalités d'action, jointes à l'afflux des nouveaux embauchés, ne facilitent pas le maintien des aspirations communes qui avaient uni le personnel dans l'œuvre de redressement de la période précédente. L'organisation par métiers mise en place en 1983 induit peu à peu des cloisonnements. Par ailleurs la mobilité inter-centres est insuffisante, Paris et Kourou ne sont pas suffisamment attractifs, les agents s'enracinent notamment à Toulouse où des mouvements de faible ampleur sont toutefois possibles avec Matra et Alcatel.

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