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  1962-1965: les développements
Proposée par le Pr Storey dès 1960, l'expérience FR1 fut réalisée par le CNET sous la direction de Christian Fayard, puis, après diverses péripéties, la maîtrise d'oeuvre du satellite proprement dite fut faite par le CNES (Xavier Namy étant Chef de Projet).
D'un poids de 60 kg, le satellite devait recevoir sur cinq antennes (deux dipôles "électriques" et trois bobines "magnétiques") les composantes de champ TBF émis par des stations au sol et déviées par les milieux ionisés de celles-ci et les retransmettre au sol par télémesure. Il devait être placé sur une orbite quasi-polaire (inclinaison 75°7), et circulaire à environ 800 km d'altitude.
A partir du 11 Mai 1962, SEREB, officiellement désignée comme maître d'oeuvre du programme Diamant, poursuivit le développement des différents étages du lanceur dans le cadre du programme dit "Pierres précieuses", dérivé des programmes SSBS et Véronique. Contrairement au programme SSBS, le premier étage était à liquides et bénéficiait de l'expérience des Véronique développées par le LRBA; d'autre part, un troisième étage particulièrement léger de structure verre bobiné ("roving") était développé pour les besoins propres au lancement de satellites. De nombreux lancements d'essai et de qualification furent réalisés sur chaque étage puis sur deux étages associés donnant lieu à d'importantes avancées technologiques, par exemple la maîtrise de l'effet POGO sur le premier étage. C'est ainsi que le véhicule associant les 2ème et 3ème étages de Diamant vola six fois avec la capsule A1 sous maîtrise d'oeuvre SEREB avant de recevoir des charges utiles CNES. Les essais furent couverts par une procédure de secret propre à la Défense.
Quant à la Direction du CNES, elle commença une campagne de recrutement en vue de réaliser la construction des satellites FR1 et D1 d'une part et des moyens au sol nécessaires aux essais, à la poursuite, au calcul des trajectoires de satellites d'autre part. En même temps, une stratégie fut dégagée quant au contenu des missions des diverses Divisions: sous-traitance de l'instrumentation aux labos scientifiques existants, maîtrise d'oeuvre interne de la construction des premiers satellites, prise en charge par l'organisme de l'exploitation des réseaux sol.
C'est ainsi que la "Division Satellites" fut créée sous la Direction de Jean-Pierre Causse. Les viviers principaux de son recrutement furent le Service d'Aéronomie du CNRS à l'initiative de Jacques Blamont (dont Charles Bigot, qui devait s'illustrer plus tard dans les lanceurs) et ... les anciens de Supélec à l'initiative de Pierre Chiquet (dont Xavier Namy, qui devait marquer de sa personnalité les activités techniques du CNES au cours des années 60).
La Division Satellites fut d'abord chargée de conduire le développement de FR1 puis, les calendriers coïncidant, de D1 en réalisant un transfert de technologie vers l'industrie.
D'autres Divisions furent créées en même temps, dont Mathématiques (Directeur: B. Lago) et Equipements sol (Directeur: P. Chiquet).

Conçu pour recueillir des informations inédites sur la structure de l'ionosphère en analysant le parcours qu'y effectuent des ondes de très basse fréquence, FR1 posa de nombreux problèmes nouveaux de conception, en particulier de mécanique structurelle. Ces problèmes furent surmontés d'une part grâce à l'excellent esprit de collaboration entre NASA - représentée par Sam Stevens - CNET, responsable de 'expérience - représenté par Christian Fayard - et CNES - représenté par Xavier Namy. La structure et les antennes - clés pour l'expérience - furent réalisées en France par Nord Aviation sous la conduite de M. Madon.

Se fondant sur son expérience américaine, le CNES estima dès fin 1962 qu’il était possible d’ajouter à la mission "essais du lanceur Diamant" une autre mission. Il considérait en effet comme faisable de construire dans le poids alloué pour la capsule expérimentale soit 45 kg, à la fois une case équipements répondant aux besoins du lanceur et conforme aux spécifications de la capsule, et un satellite de longue durée de vie (> 1 mois...!), muni d'une charge utile "scientifique", d'un véritable générateur solaire, d'une télécommande, d'un yoyo et d'un mécanisme de séparation de la case équipements.
La position consistant à demander que les organes d'un véritable satellite puissent être ajoutés - au moins sur les tirs d'essai n° 3 et 4 - créait deux obligations à son concepteur : (1) faire les mesures demandées par le constructeur du lanceur pour expérimenter celui-ci en vol, (2) démontrer que l'ensemble ainsi conçu ne nuisait pas aux essais lanceur.
Pour confirmer sa position, le CNES annonça à partir de fin 1962 :

 
  - qu’il lançait le projet d’une part d’une case équipements D1 - destinée aux essais lanceur, et répondant aux spécifications du constructeur du lanceur sans aucune restriction ; son poids serait inférieur à 22 kg,
- qu'il lançait le projet de réalisation d'un satellite D1 - dont la mission serait double: porteur d'un matériel expérimental destiné à des expériences scientifiques de géodésie, il serait aussi un banc d'essai technologique pour les équipementiers français, peu encore présents sur FR1; son poids serait au maximum de 23 kg,
- enfin, il passait commande à la SEREB d'un lancement sur la fusée Rubis, pour montrer que la case équipements D1 était conforme à ce qu'attendaient les responsables du lanceur et ne nuisait pas à la bonne marche de celui-ci.
  Le développement de la case équipements D1 s'est faite dans le cadre d'un marché passé par le CNES à Electronique Marcel Dassault en Juin 1963. La réalisation faisait appel à des matériels d'origine américaine pour fusées non classifiés et livrables "sur étagère".
La définition finale de D1A Diapason n'est intervenue que dans les derniers jours de 1963 (Compte tenu du poids réduit disponible, plusieurs offres de laboratoires scientifiques ont été écartées; l'expérience de géodésie proposée par le Pr Kovalevski et l'Observatoire de Meudon a été retenue). Elle reposait sur l’emploi de deux signaux, émis respectivement à 150 et 400 MHz et obtenus par multiplication à partir d’un oscillateur à quartz de très grande stabilité. On obtenait, par mesures doppler sur ces signaux, après corrections dues à la traversée de l'ionosphère (les deux fréquences synchrones permettant par ailleurs d'étudier la propagation dans celle-ci) des précisions de positionnement de l'ordre de ... quelques mètres!
 

Fig. 2: A1 installé sur le 3ème étage de Diamant

Enfin, le CNES programmait pour les années 1963-1965, outre ces deux satellites et les moyens d'essai correspondants, le développement de services au sol dont le calcul d'orbite à Brétigny, le réseau de poursuite Diane et celui de télémesure/télécommande IRIS. De plus, il décidait dès 1964 de la création d'un champ de tir en Guyane, Hammaguir devant être abandonné en 1967, et d'un déménagement vers la région Toulousaine.
La construction de deux Diamant (Fig.1), de Rubis et de plusieurs "capsules expérimentales" A1 (Fig. 2) fut réalisée par SEREB et MATRA au cours des années 1962-65, celle de quatre cases équipement et de deux modèles de vol de D1 (Fig. 4 et 5) par le CNES et EMD au cours des années 1963-1965, en même temps que FR1 (Fig.3).

 
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Le colloque IFHE de Décembre 2005 aura pour thème: "Les projets en collaboration NASA-CNES"
Ondes électromagnétiques de Très Basse Fréquence
Laboratoire de Recherches Balistiques de Vernon
Diamant A, 30 ans après, Marcel Bouyssou, cours du CNAM
Au moins 10 représentants de la seule promotion 1958 ont été recrutés.
Cf. "Actes du Colloque IFHE intitulé "Naissance de l'Industrie spatiale française".
L'ensemble pèserait donc moins de 45 kg.
Composée des deuxième et troisième étages de Diamant, la fusée Rubis devait faire l’objet de quatre lancements probatoires avant d'être lancée pour le compte du CNES.