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d1g06
 
 
 
  Le lancement fut suivi à la fois de Hammaguir, de Colomb-Béchar, du Liban et de la station Iris de Brétigny (Fig. 7).
 

Les personnalités et les journalistes présents sur le champ de tir furent informés en temps réel du lancement par les opérateurs, qui poussèrent même le zèle jusqu’à rester derrière leurs pupitres pour observer la pointe D1 lors de son premier passage au-dessus du champ de tir (100 minutes, c’est vite passé !), avant d’aller se rendre au Centre d’accueil où un pot les attendait. Comme l’écrira plus tard Michel Taillade-Carrière, responsable de la case équipements D1: « On nous convie à nous rendre au centre d’accueil. Une fois certains que le satellite est bien passé au-dessus de nous, nous nous dirigeons, joyeux et intrigués, vers le lieu du rendez-vous. Surprise : c’est une grande salle déserte, parsemée de bouteilles vides ! ».
Nous découvrirons en effet dans les jours suivants, grâce à une photo de Paris-Match, que les personnalités et les journalistes n’avaient eu aucun doute sur le succès du lancement!

La presse salua la réussite du lancement et le bon fonctionnement du satellite. Elle fut informée d'un défaut affectant les batteries solaires. "Cela est sans doute du au fait que l’un des quatre panneaux porteurs de cellules solaires n’a pas du, après s’être déployé, se verrouiller correctement. Il n’est pas impossible que ce verrouillage défectueux soit à l’origine des oscillations que le satellite effectue autour de son axe de révolution au lieu de conserver une direction immuable… »

Décembre 1965- Septembre 1966: l’enquête.
En Décembre 1965 et Janvier 1966, la commission examina l’hypothèse d’un choc de la coiffe. Mais cette hypothèse était infirmée par deux résultats d’essai : (1) le phénomène n’avait pas été constaté lors des six tirs Rubis de qualification, dont quatre avec A1 et deux avec des pointes CNES, (2) l’essai de séparation de la coiffe Diamant, réalisé au sol, avait bien marché. Sur la foi de ces observations, la commission orienta ses recherches, au cours des mois de décembre 1965 et janvier 1966 vers d’autres causes – principalement phénomènes électrostatiques difficiles à reproduire au sol. Le bon fonctionnement du répondeur radar s'expliquait par le fait que son antenne était située sur le 3ème étage de la fusée, en dehors de la coiffe (Fig. 1 & 2).

Figure 5: la pointe D1A dans la coiffe du lanceur

 
Intervint alors le deuxième lancement. L'anomalie de fonctionnement du générateur solaire et de rotation du satellite faisait penser qu'il y avait bien eu un choc avec une des deux demi-coiffes qui serait restée "accrochée" au moment de la séparation coiffe et serait venue endommager le satellite à la mise en rotation du 3ème étage.
La commission fut alors informée que des modifications avaient été apportées au dispositif pyrotechnique de largage de coiffe entre Rubis et Diamant, pour l'alléger (les pressions dynamiques n'étant pas les mêmes). Mais ceci n'apportait pas la réponse au résultat des essais à terre: sur le dispositif d'essai, les deux demi-coiffes se détachaient bien des cannelures pratiquées dans la virole du 3ème étage...
On observa que la présence de gravité lors de l'essai à terre ne reproduisait pas les conditions de vol: le largage des demi-coiffes se produisait en régime balistique, en apesanteur. Aussi, on modifia les conditions de l'essai en compensant le poids des demi-coiffes par un contre-poids tiré vers le haut par un système de fils et de poulies (Le dispositif d'essai fut qualifié de "machine d'Atwood"). Et on mit en évidence de manière reproductible que le largage de coiffe provoquait une réaction élastique de celle-ci et qu'une demi-coiffe restait engagée dans la virole du 3ème étage du lanceur ...jusqu'à la mise en rotation!
Sur le premier lancement, la présence de cette demi-coiffe à la mise en rotation des 2ème-3ème étages avait gravement endommagé les antennes à 252-136 MHz de la capsule. Seul le répondeur radar avait pu fonctionner normalement. Sur le deuxième lancement, le choc avait affecté la structure mécanique des panneaux solaires du satellite, mais non les antennes de la télémesure à 136 MHz du satellite et à 150/400 MHz de l’expérience qui étaient protégées; les antennes à 252 MHz de la case équipements, n’étant pas exposées, n’ont pas été affectées, pas plus bien entendu que celles du répondeur radar, toujours montées sur la virole du 3ème étage du lanceur.
Une modification mineure de nature mécanique sur le profil de la virole du 3ème étage du Diamant suffit à régler le problème.
8 et 15 Février 1967: troisième et quatrième lancements Diamant emportant D1C et D1D Diadème
Les lancements des troisième et quatrième Diamant, emportant respectivement les 8 et 15 Février 1967 les satellites de géodésie D1C et D1D Diadème, ont été pleinement conformes aux prévisions; aucune anomalie de fonctionnement des satellites n’a été relevée.
Comme celle de D1A, la mission des satellites D1C et D1D a été géodésique; l'ajout de réflecteurs laser a permis d'augmenter considérablement la précision des mesures de rattachement des points de visée, conférant une avance considérable tant au constructeur qu'aux expérimentateurs français, qui fut valorisée par la suite.
Au plan industriel, le développement des projets D1C et D1D fut confié pour la première fois à un industriel (Sté MATRA)
Enfin, le fonctionnement du lanceur et des satellites fut parfait: on avait la preuve définitive que le remède apporté était le bon….
   
 
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Ephémérides, journal interne du CNES à BTY, n° d’avril 1966.
Citations extraites d’un article du journal Le Monde du 19 février 1966
A partir de Février 1966, le satellite D1 prit officiellement le nom de D1A. Le modèle de vol remplaçant étant désigné par D1B, on donna tout naturellement le nom de D1C et de D1D aux suivants.