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eom07

 

Les nacelles et la sécurité aérienne
En plus des incertitudes techniques que comporte le projet, la sécurité aérienne nous pose très vite un problème majeur. On ne peut sans précaution injecter quelques centaines de ballons et leurs nacelles au niveau de vol des longs courriers.
Il va d'abord y avoir plusieurs choix techniques limitant les risques. On volera dans l'hémisphère sud où la circulation aérienne est moins dense et à 12.000 m (200mb) qui est un niveau peu utilisé. De plus, comme on sait que toute collision, même sans gravité, risque de provoquer une demande internationale de suppression immédiate des ballons, un dispositif de destruction télécommandé est installé sur chaque ballon.
(Les ennuis rencontrés ultérieurement justifient quelques mots sur les "Killers" qu'à cette époque certains auraient volontiers installé sur tous les satellites pour arrêter leurs émissions intempestives en cas de panne de télécommande. Hantise des ingénieurs, ces dispositifs furent le plus possible évités. On dit aussi, probablement par pure médisance, que survenaient souvent quelques oublis de branchements involontaires de ces dispositifs lors de l'intégration! ).

Il faut dire d'abord que comme pour le satellite, la définition électronique de la nacelle est bien maîtrisée. Les divers constituants, générateur solaire, capteurs, batterie, réflecteur radar et émetteur-récepteur cohérent passent avec succès les tests aux pressions (200mb) et aux températures (-50°) de vol. Il reste la collision avec un avion.
Sur un avion de ligne, la verrière et les réacteurs sont les deux parties sensibles aux rencontres en vol avec des oiseaux et avec tout autre objet un peu lourd.
C'est donc un programme d'essai très complet qu'il va falloir faire pour que la nacelle de 3 kg soit la moins dangereuse possible. On va commencer par les éléments de base, composants, capteurs, connections, puis les ensembles comme des éléments de batterie, des modules électroniques, …et enfin la nacelle dans son ensemble.
Les avionneurs ont développé des moyens d'essai pour s'assurer que les dégâts provoqués par les impacts ne seront pas catastrophiques pour les avions.
Le plus simple pour les composants est le fusil de chasse. Plus de 150 tirs de calibre 12 testent des petits éléments de quelques grammes.
Pour les oiseaux existe le canon à poulet qui projette à 200 m/s sur une verrière ou un réacteur un poulet du commerce. Une vingtaine de campagnes au CEAT vont vérifier des éléments de nacelle jusqu'à 300g. C'est une bonne approche, mais qui reste insuffisante puisqu'une batterie d'un kilogramme peut s'écraser sur une verrière.
Pour le dernier essai, c'est un moyen propre aux avions de chasse qui va être utilisé.


Rail d'essai de siège éjectable au Centre d'Essais des Landes


Un chariot portant une verrière pressurisée installé sur un rail est propulsé par moteur-fusée à 250m /s et projeté sur une portion de nacelle suspendue verticalement. Il faudra 38 essais pour contrôler les 12 m de nacelle tronçon par tronçon et détailler chaque impact avec des caméras ultra-rapides. La qualification est au bout de ces campagnes, mais non sans difficultés pour la batterie.
Il serait incomplet d'évoquer le dossier de sécurité aérienne sans parler des études mathématiques faites par le CNES sur la probabilité de collision d'un avion avec un ballon à partir d'une étude détaillée des vols prévisibles pendant la campagne. C'est avec le soutien du SGAC que les démarches appuyées par ce dossier sont présentées à l'OACI et qu'aucune objection ne nous est opposée.
 

 

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