Vous avez:
- une remarque à faire
- une correction à signaler
- une information à donner
- une idée à suggérer

Notez la référence de page ci-dessus, cliquez l'icone de mail ci-dessous et envoyez moi votre message avec la référence

Merci

page 5

Le satellite FR1
Je ne décrirai pas l’expérience scientifique. Ce que je voudrais dire ici, c’est la manière dont elle a conditionné jusque dans les détails la conception du satellite.
Elle consiste, je le rappelle simplement, à mesurer au-dessus de l’ionosphère l’intensité et la direction de propagation d’ondes TBF émises par de puissants émetteurs au sol, utilisés normalement pour les communications à très grande distance .
Il fallait donc construire, dans les conditions imposées par la fusée Scout mise à disposition par la NASA  (masse satellisable, stabilisation par rotation mais aussi dimension de la coiffe et naturellement conditions environnementales au cours du lancement, en particulier une accélération allant jusqu’à 40G) un véritable instrument de mesure, entièrement automatique et sans possibilité d’intervention humaine directe,  très précis (on voulait déterminer à 1° près la direction des ondes TBF et à 3% près leur amplitude) et non pas seulement un collecteur de données comme la plupart des satellites scientifiques jusque-là, où la défaillance d’une expérience ne met pas nécessairement en cause l’ensemble de la mission. L’originalité principale résidait dans la mesure du champ électrique par des sphères conductrices immergées dans le plasma magnétosphérique.
Placées au bout de bras rigides déployables de 1,80m de long, leur position devait être fixée à 5mm près. Le mécanisme d’ouverture et la structure interne qui les supporte devaient être construits en conséquence.
On voulait même que les bras résistent à une ouverture au cas où le dispositif ralentisseur de la rotation appelé yo-yo n’aurait pas fonctionné et que des mesures soient encore possibles. Pour cela, les bras ont été réalisés en fibres de verre bobinées ("roving"), technologie assez nouvelle à l’époque. Pour ne pas perturber le plasma, on a choisi de donner au corps central une forme presque sphérique dont la surface extérieure est entièrement conductrice.

La coiffe de la fusée définit ainsi les limites du générateur solaire possible et donc la puissance disponible. Le générateur solaire était constitué de 24 panneaux de 160 cellules photovoltaïques au silicium, de 2cm2, de type N/P et recouvertes d’une mince lame de verre avec un filtre interférentiel sur sa face postérieure et d’une couche antireflet sur sa face antérieure.
Elles étaient montées en tuile, ce qui, sauf erreur, ne se fera plus par la suite. Ces panneaux avaient été fabriqués par une firme américaine qui, à cette occasion, céda un accord de licence en France. 
Suivant l’orientation par rapport au Soleil qui change au cours du temps, la puissance disponible peut varier entre 10 et 17 Watt, avec une valeur moyenne de 12W environ. Et il faut tout faire avec ces 12 Watt !
Pour restituer les directions des ondes par rapport à la Terre et non plus par rapport au satellite, il faut connaître à chaque instant l’attitude de celui-ci. C’est le rôle d’un magnétomètre, placé à l’intérieur du mat porteur des antennes magnétiques, aussi loin que possible des circuits électriques qui pourraient le perturber.
Un capteur solaire ingénieux donne la direction du soleil et permet de définir ainsi sans ambiguïté l’attitude en termes absolus. 
Une autre conséquence a été que tout élément ferromagnétique a été évité. C’est ainsi qu’il a fallu utiliser des batteries Argent-Cadmium, importées des USA, plutôt que Nickel-Cadmium, qui auraient été disponibles en France.

sommaire
page précédente
page suivante


x