Vous avez:
- une remarque à faire
- une correction à signaler
- une information à donner
- une idée à suggérer

Notez la référence de page ci-dessus, cliquez l'icone de mail ci-dessous et envoyez moi votre message avec la référence

Merci

page 7
Le Lancement
Le lancement eut lieu sans histoire le matin du 6 décembre 1965, avec un plein succès .
Le site de lancement du Western Test Range avait été choisi, plutôt que celui de Wallops Island en Virginie, car il permettait le lancement à 75 ° d’inclinaison, que nous avions souhaité pour que le satellite passe au cours de la même orbite au-dessus de l’émetteur de Sainte Assise (dans une boucle de la Seine près de Paris) puis de son point conjugué magnétique.
La trajectoire choisie suit d’abord la côte californienne qui s’éloigne ensuite, épargnant tout juste à la région de Los Angeles d’éventuelles retombées en cas de destruction en vol.
Un bateau suivait les opérations quelque part dans le Pacifique, au voisinage de l’équateur.
Un petit retard conduisit à renoncer au premier créneau de lancement pour éviter de tirer juste au moment où passe le long de l’océan, à travers la base de Vandenberg, un des trains qui relient San Francisco à L.A.
Cette contrainte nous a toujours fait sourire en pensant que les puissances considérables que sont l’U.S. Air Force et la NASA s’y soumettent.
Le second créneau fut le bon. Nous étions soulagés, après tout, le Scout avait connu des échecs et un lancement, surtout quand il est le premier, induit des émotions considérables.
L’orbite obtenue fut quasi exactement celle que nous avions demandée, à 740 km d’altitude.
On connaît, je crois, l’anecdote du Président Coulomb qui avait assisté au lancement et avait été reçu à son retour à Washington par le Vice-Président des Etats-Unis, également Président du Space Council, Hubert Humphrey.
Comme il le remerciait et le félicitait de cette excellente performance et de cette orbite presque parfaitement circulaire, ce qui est remarquable pour un lanceur non guidé, le Vice-Président dit alors : "Ah ! toutes les orbites ne sont donc pas circulaires ? "
Notre Président n’en revenait pas, ne pouvant pas croire à quel point à la fin du XXe siècle, Kepler était encore peu connu dans le Minnesota.
En France où c’était le soir pendant ce temps, le Général Aubinière, s’inspirant des méthodes de relations publiques de la NASA, avait pris le risque de réunir de nombreux amis du CNES à Brétigny pour suivre en direct l’événement et faire la fête quand il se produirait.
Là aussi, le soulagement fut immense.
Mais signe des temps et mesure de la technologie de l’époque : il n’y avait qu’une simple liaison téléphonique pour suivre le lancement et j’eus un peu de peine à m’adresser à cette foule que je ne voyais pas mais dont je devinais confusément qu’elle était pendue à mes lèvres.
Pas la moindre image, pas de télévision, ce qui est à peine concevable aujourd’hui où le moindre événement sportif est retransmis en direct de n’importe que point du monde !
sommaire
page précédente
page suivante


x