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Pour finir, je voudrais dire un mot de quelqu’un dont on a peu parlé et à qui nous devons beaucoup : Sam Stevens, chef du projet du côté NASA.





La photo le montre à la droite de Xavier Namy le matin du lancement, dans le centre de contrôle à Vandenberg AFB, apportant un soutien solide et compétent à la petite équipe française.














Sam a disparu maintenant depuis des années. Il venait de Huntsville où il avait travaillé sur les premiers Explorers, il était un peu perdu à Goddard avec tous ces gens du Naval Research Laboratory et on lui avait confié un rôle qui pouvait paraître subalterne pour l’actif qu’il était, mais, en ce qui nous concerne, ce fut un bon choix.
Il était un peu plus âgé que nous et possédait une expérience unique, il a joué admirablement son rôle auprès de nous, ne cherchant jamais à nous imposer sa solution mais toujours prêt à aider à en trouver une.
Deux anecdotes me reviennent à l’esprit le concernant. Rassurez-vous, on reste au cœur du sujet et il y a une morale à en tirer !
Après le lancement en Californie, nous avons rapidement rejoint Washington où se déroula à l’Ambassade de France une grande cérémonie pour fêter l’événement.
L’ambassadeur, S.E. Charles Lucet, était d’une humeur d’autant meilleure qu’à l’époque, il n’avait pas tous les jours l’occasion de célébrer une si heureuse collaboration entre la France et les Etats-Unis ! Les discours allaient bon train lorsqu’un maître d’hôtel chuchota qu’on demandait d’urgence M. Namy au téléphone. Celui-ci s’éclipsa et réapparut quelques instants après, livide.
Il me fit signe de le suivre dans le couloir et me dit : « le satellite est mort, que fait-on ? »
Sam Stevens qui avait vu le manège nous rejoint alors et demande ce qui se passe. Namy explique qu’on vient de lui signaler qu’une station NASA avait reçu du satellite un message indéchiffrable et qu’il était donc probable qu’il avait cessé de fonctionner.
Sam éclata alors de rire, je l’entends encore : "Relax, Xavier, today you are a heroe of France ! Vous commencerez à vous faire du souci si ceci se répète plusieurs fois de suite ! Je suis sûr que votre satellite est bien plus fiable que le réseau de stations ! Pour le moment, continuons la fête !"
Le champagne parut un peu éventé cependant. Namy ne voulut pas venir dîner ensuite avec nous chez l’attaché scientifique (Daniel Frèrejacque) et fila rejoindre Goddard.
Il me téléphona une heure après pour me rassurer : c’était bien une erreur et le satellite fonctionnait magnifiquement !
La station incriminée venait d’envoyer des excuses par telex (le moyen de communication de l’époque). Namy me le lut.
Il se terminait par : « We regret any inconvenience this may have caused to you ! » C’est peu dire.

Cette anecdote témoigne bien, me semble-t-il, du respect et de la confiance absolue, presque naïve, que nous avions pour la NASA pourtant faillible comme toute organisation humaine.
Et Sam joua là parfaitement son rôle de grand frère, amical et expérimenté.

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