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En septembre 1959, lors de l'Assemblée Générale de l'AGARD qui eut lieu à Aix-la-Chapelle, j'eus l'occasion de rencontrer le Dr Hugh Dryden, vice-administrateur de la NASA et Arnold Frutkin qui venait d'y être nommé directeur des programmes internationaux. Ils manifestèrent un vif désir de collaboration avec les organismes français et je leur conseillai de venir à Paris en discuter avec le Directeur du CNET, Pierre Marzin.
Cette visite eut lieu au début d'octobre. On y définit non seulement le principe d'une coopération NASA-CNET mais encore deux grandes orientations : télécommunications par satellites, lancement éventuel par la NASA d'un satellite scientifique construit au CNET et destiné à une expérience en ondes très longues.
Je rappellerai en passant que, dans le cadre du premier de ces deux objectifs, le CNET put recevoir en août 1960 les premiers signaux transatlantiques réfléchis sur Echo 1 ; puis la station de Pleumeur-Bodou fut édifiée et participa avec le succès que l'on sait, à partir de juillet 1962, aux projets Telstar et Relay.
Un autre événement favorable se produisit en octobre 1959, lorsque le Dr Storey, quittant les Etats-Unis, vint se fixer en France où un poste lui avait été offert au CNRS. Dès son arrivée, un contact fut pris avec lui pour solliciter sa collaboration au CNET, comme conseiller scientifique, et plus particulièrement pour obtenir son concours à la définition et à la réalisation d'un satellite qui mettrait en œuvre ses idées.
Je dois dire - j'espère qu'il voudra bien me le pardonner - que sa première réaction ne fut pas des plus optimistes, bien qu'il ait alors en cours de publication un article très complet sur ce sujet développant sa communication antérieure au colloque de l'AGAR D. Il craignait de rencontrer de sérieuses difficultés techniques dans la détermination du champ électrique, en raison de l'influence du milieu ionisé sur le comportement des antennes dipôles de mesure. Il proposa même de substituer au satellite envisagé un autre satellite destiné à étudier les bruits naturels en ondes très longues et en fit une description préliminaire que j'ai soigneusement conservée, en vue d'une éventuelle future réalisation. Mais le projet initial avait été lancé.
En avril-mai 1960, Blassel et son adjoint immédiat Christian Fayard, qui deviendra bientôt son successeur à la tête du Département Télécommande, en reparlent avec les techniciens de la NASA.
En décembre 1960, le Directeur du CNET rend sa visite au Dr Dryden au siège de la NASA à Washington, et le projet reçoit une estampille officielle par la signature, en mars 1961, d'un protocole entre la NASA et le Comité des Recherches Spatiales, qui assume à cette époque la responsabilité des programmes spatiaux français. Un groupe d'ingénieurs et de scientifiques du CNET est alors chargé, en collaboration avec le Dr Storey, de définir très précisément l'expérience satellite ainsi que des expérimentations préalables sur fusées françaises Centaure, que le Comité des Recherches Spatiales accepte de financer (Convention d'août 1961).
En octobre 1961, une proposition très complète, rédigée par le Dr Storey et Fayard est adressée à la NASA et les discussions entrent dans leur phase finale. La NASA fait encore quelques objections, assez vite levées, au sujet d'une duplication possible du projet avec celui de la marine américaine (satellite Lofti lancé en février 1961).
Les échanges de lettres, les contacts directs se multiplient entre NASA et CNET. On s'oriente vers un programme en deux étapes : expériences préliminaires sur fusées-sondes américaines Aerobee (qui se substitueront aux Centaures prévues initialement) ; puis, si les résultats ainsi obtenus sont satisfaisants, réalisation d'un satellite à lancer par la NASA avec une fusée Scout. En octobre 1962, le Dr Schmerling, conseiller scienlifique de la NASA, donne un avis très favorable. Il ne reste plus qu'à matérialiser l'accord final.
C'est alors que le rôle du Centre National d'Etudes Spatiales, qui venait d'être créé et dont l'activité avait débuté en mars 1962, devient déterminant. Il assure le financement des travaux, ayant repris la gestion de la convention passée au CNE T par le Comité de Recherches Spatiales. C'est, en novembre 1962, le Directeur des relations internationales du CNES, Michel Bignier, qui entreprend de rédiger avec la NASA un protocole définitif. Enfin, du point de vue technique, le CNES, responsable par ses attributions des programmes de satellites français, est appelé à prendre la direction du projet, qui devient officiellement le projet FR-l, les divers éléments de sa réalisation étant répartis entre le CNES et le CNET.

Module Aerobee

 

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Proposal for a satellite to measure ionospheric electron densities by a V. L. F. propagation method, 17 octobre 1961
L. R. O. Storey. Journal of Research of the National Bureau of Standards, Vol. 63 D, n° 3, Nov.-Déc. 1959, p. 325.


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