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fuo6103
 
 
 
 
 

Certaines nuits, il arrivait qu'on déroule plusieurs fois le décompte au delà de H-4mn sans toutefois arriver au bout. Lorsque l'activité aurorale n'est pas bien établie, c'est une lourde responsabilité pour le scientifique de prendre (ou non) la décision de lancer. D'autres fois, c'était le calme plat pendant tout le créneau ou alors les conditions météo (vent ou chutes de neige) nous bloquaient plus en amont dans la chrono.


Rampe de lancement sous la neige

En chrono à H-4mn, chacun reste à proximité de son poste de travail : qui devant son pupitre, qui devant sa console, qui devant son Visicorder (il n'y avait pas d'écrans de visualisation à l'époque !) ou son enregistreur.
L'équipe de tir était dans son blockhaus, reliée par interphone au Centre de commandement où se trouvait l'équipe technique et les scientifiques.
Le bâtiment du Centre de commandement était suffisamment compact et convivial pour qu'une reprise de chrono ne nous surprenne pas vraiment. Quand les scientifiques commençaient à s'agiter, qu'ils restaient plantés devant le riomètre et le magnétomètre, qu'ils mettaient la parka et rentraient et sortaient du bâtiment,qu'ils discutaient entre eux, on savait que cela risquait de conduire à une reprise de chrono et chacun s'y préparait.

 
Que faire pour occuper son temps quand on doit rester longtemps à attendre à proximité de son poste de travail ? Chacun avait sa méthode : lecture, mots croisés, discussion ou peut être même sieste. A l'époque, il n'y avait ni les lecteurs mp3, ni les consoles de jeux électroniques pour aider à passer le temps !
Quand le mauvais temps bloquait la chronologie plus en amont, on se retrouvait à la salle de repos pour entamer une partie de cartes ou de fléchettes. Mais, comme souvent en bord de mer, le temps pouvait changer très vite et un ciel dégagé succéder à une tempête de neige, et il fallait rester disponible.
Le créneau de lancement se terminait vers 5H. ou 6H. du matin suivant la saison. Il fallait alors replier le matériel et ramener la rampe dans le hall d'assemblage avant d'aller se coucher : sur la Base pour ceux qui y logeaient ou à Andenes pour ceux qui logeaient chez l'habitant.
On se retrouvait sur le Centre en début d'après-midi sauf si la chronologie avait montré la nécessité d'intervenir sur le matériel (bord ou sol) auquel cas tout était mis en œuvre pour que le problème soit résolu pour la mise en place du soir.

Jacques Chène, Bernard Fromantin, Dominique Ploix
Avant que ne commence la chronologie, l'équipe se réunissait pour un moment très convivial: le repas. Une cuisine était aménagée sur le Centre pour permettre de préparer des repas. Et comme (peut être pas tout à fait par hasard), parmi les missionnaires quelqu'un avait, en plus de ses compétences techniques, des dispositions pour la cuisine, le groupe s'était organisé pour faire voyager dans les conteneurs quelques produits alimentaires bien de chez nous qu'on ne trouvait pas à Andenes, et notamment du révélateur et du désinfectant (c'est ce qui était écrit sur les documents douaniers remis au Norvégiens) en provenance directe du Beaujolais ! Ceci nous changeait de la cuisine norvégienne qui, en tout cas à Andenes, n'avait rien de gastronomique.

La campagne d'octobre-novembre 1968 a été plus dure que celle du printemps 1969 car les jours diminuent (il ne fait jour que de 10H à 15H fin octobre), il fait sombre, la neige tombe fréquemment, Andenes rentre en hibernation. Les habitants se calfeutrent dans leurs maisons douillettes. Les grands bâtis de rondins sur lesquels les pêcheurs font sécher la morue paraissent encore plus lugubres. Le repas pris en commun sur la base, outre qu'il nous évitait de nous rendre à Andenes sur des routes verglacées et enneigées, était aussi un moyen de maintenir le moral des missionnaires.

Chaque mois, nous avions droit pendant la nouvelle lune à quelques nuits sans chronologie du fait de la présence sur la pointe d'un senseur lunaire destiné à compléter les informations de restitution d'attitude fournies par les magnétomètres : pas de lune, pas de signal sur le senseur.

 
   
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