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LES SATELLITES : METHODES ET TECHNOLOGIES
Document présenté lors de la Deuxième Rencontre de l'IFHE 23-24 octobre 2001

Jean-Paul Guinard

Ex-Chef du Département Systèmes et Intégration
Division Satellites du CNES de 1964 à 1969
Ex-Chef de Projet D1A Diapason

1- INTRODUCTION

« Peu d’évènements ont aussi profondément marqué une industrie ou un ensemble d’industries que le « Bip, Bip, Bip » du premier SPOUTNIK qui, le 4 Octobre 1957, ouvrait l’ère de l’Espace... L’Électronique était associée étroitement à cette victoire. Le signal reçu limitait peut-être son domaine, dans l’esprit du public, à ce que vulgairement on appelle la Radio. Mais la révolution qui s’opérait était d’un tout autre ordre ».

C’est en ces termes que Jacques DONTOT, Directeur-Général de la Compagnie Française Thomson-Houston s’exprimait dans un article éditorial de la Revue du CNES "La Recherche spatiale" de Décembre 1964. Je ne saurais mieux faire que de continuer à le citer :
"D'ailleurs, un certain nombre d’échecs retentissants auxquels la presse a donné une large publicité ont permis au public de se rendre compte que l’aventure spatiale n’était pas un jeu d’enfant. Certes les premiers problèmes de propulsion et de structure avaient trouvé des solutions au moins partielles. Certes l’électronique militaire avait permis d’accumuler suffisamment de connaissances pour répondre aux premières questions posées. Mais très vite, dans toutes les disciplines, il fallut se convaincre qu’après les premiers succès, en partie providentiels, le simple élargissement des activités normales de cette industrie, nées de besoins militaires, ne serait plus suffisant. Une technique de l’Espace était donc née. Et singulièrement l’Électronique d’Espace.

Tout d’abord, cette technique est étonnamment diverse. Toutes sortes de fonctions doivent être satisfaites simultanément et dans une étroite dépendance mutuelle. Qu’il s’agisse d’asservissements, de stabilisation, de guidage, de localisation, de télémesure, de senseurs, de mémoire, de transmission et d’exploitation des données, de génération d’énergie, de simulation spatiale ou de cent autres tâches, le champ ouvert […] est immense.

Ensuite, le milieu spatial est assorti d’exigences qui suffisent à remettre en question la plupart des solutions déjà adoptées dans les techniques classiques. Les précisions nécessaires, la tenue mécanique, la résistance aux écarts de température et au vide, les dimensions, les poids, tous les résultats acquis, ainsi que les appareils de mesure qui permettent de les contrôler, sont à reprendre et à améliorer non pas d’un certain pourcentage mais bel et bien d’un ordre de grandeur, sinon de plusieurs….

Le degré de sécurité de fonctionnement (la "fiabilité") des applications militaires et industrielles de l’électronique n’est plus à la mesure des nouveaux objectifs. L’optimisation des efforts en vue de la réussite d’une mission spatiale impose des ordres de priorité tout à fait inhabituels, de nouvelles limites réputées jusqu’ici inaccessibles.

Enfin, la technique d’Espace est extraordinairement dépendante. L’électronicien n’est pas isolé. Il doit se pencher sur les mêmes problèmes que le mécanicien, le chimiste ou le métallurgiste et les résoudre avec eux…

Devant cette révolution, cette aventure dirons-nous, […] les domaines de recherche sont immenses et laissent le champ libre à la liberté de chacun […]

Mais de ce fait même découleront de redoutables responsabilités. L’industriel doit trouver un jour des éléments de rentabilité. Les organismes dispensateurs de crédits doivent, à travers une politique, doser leur action à la mesure de leurs moyens et de ceux des laboratoires industriels et universitaires. […] Les choix seront de toute façon déchirants car il apparaît chaque jour que les moyens seront de toute façon infimes par rapport aux objectifs à atteindre. Rien ne serait pire que la dispersion des efforts sur des missions que les moyens mis en œuvre ne permettraient pas de remplir [….]

 

 

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