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cn203
Dans une note à l'auteur intitulée Les premiers pas du CNES.
Cf. rapport USIAS 1962-63, d’après Nicolas Mohr, op. cit. , ainsi que l’éditorial de M. Henri Desbruères, Président de la Commission spatiale de l’USIAS dans « La Recherche spatiale », Vol. 2 n°6, Juin 1963.
Gossot Hubert, Bulletin spécial édité pour la XLVe Foire Internationale de Bordeaux, Juin 1966.
page 3

Les premières actions (Mars à Mai 1962)
Pierre Chiquet – je reprends ici son témoignage – est chargé par le Général Aubinière dès son arrivée au CNES le 15/3/1962, d'assister Jacques Blamont dans la mise en place des équipes et des moyens techniques et industriels du CNES.
Estimant que l’électronique serait la discipline majeure de la technologie satellite, il recruta dès Mai 1962 Xavier Namy, Supélec 58, CalTech 59 (début Mai 1962), - qui allait devenir la cheville ouvrière puis le "patron" des activités satellites au CNES pendant toutes les années 60 – ainsi que divers Ingénieurs qui, associés à des transfuges du Service d'Aéronomie, allaient constituer le noyau de la future équipe CNES de maîtrise d'œuvre de satellites.
Pour les relations CNES-Industrie, Pierre Chiquet et Michel Bignier mettent en place un cadre structuré de communication entre CNES et Industrie, inauguré par le Colloque de Royaumont le 18 Mai 1962.
Cette rencontre, en manifestant la volonté de la Direction du CNES d’impliquer l’Industrie dans ses programmes, constitue la première manifestation d’une politique qui n’a cessé d’être pratiquée ultérieurement.
Le Colloque a, d’après les témoins, fait l’objet d’un débat confus sur les orientations techniques à donner aux premiers projets de satellites; mais il en est ressorti clairement que les industriels adhéraient à la politique du CNES, et s’y sentaient associés.
Enfin, le CNES, à sa création, demanda et obtint que le projet DIAMANT A fut revu pour conférer au lanceur des performances "de classe internationale, vraiment utilisable pour la recherche" ; il accepta en contrepartie de contribuer au financement de son développement.
Dans le contrat qui liait le CNES à la SEREB étaient prévus deux lancements Rubis (2° et 3° étages de Diamant) et quatre lancements DIAMANT A. Il incluait le développement d’une capsule satellisable – futur A1 « Astérix » – dont la mission était de transmettre par télémesure des données relatives au fonctionnement du 3ème étage et d'emporter une balise radio et un répondeur radar nécessaires pour délivrer le diagnostic de satellisation.
Ce contrat prévoyait également que cette capsule pourrait être remplacée, dès le premier tir de Diamant A, par un ensemble satellisable ayant, en plus de la mission de la capsule, celle de porter une expérience scientifique; la substitution de cet ensemble à la capsule était soumise à la condition que le CNES fasse la démonstration en temps utile - en particulier lors de tirs d’essai sur fusée Rubis - que cette solution ne mettait pas en cause la réussite du lanceur.

L'"âme du CNES"?
Avant d'aller plus loin, il me paraît essentiel d'évoquer ici l'esprit qui régnait parmi les membres du nouvel organisme, encore très peu connu. Selon l’expression de Jacques Blamont, citée dans le livre "Les 30 premières années du CNES", … le CNES avait une "âme" : j’ai ressenti cet "état" dès mon arrivée et suis convaincu qu'il a existé dès la création de l'Etablissement Public.
Bien entendu, cela découlait de facteurs favorables: une mission exaltante, une aventure partagée par des acteurs volontaires travaillant en équipe, des échanges faciles entre des personnes souvent très jeunes….
J’ajouterai – la modestie de ses membres dût-elle en souffrir – la qualité d’une "vraie" équipe de Direction, dont les membres, souvent très jeunes, de formations diverses mais complémentaires, étaient solidaires et pratiquaient – sans le dire - une méthode de management que j’appellerai, pour simplifier, Direction par objectifs (en tout cas qui n'attachait que peu d'importance aux organigrammes hiérarchiques): l’application d’une telle méthode était indispensable pour accueillir l’organisation segmentée et très diversifiée qui allait suivre.
Cette conception du management, encore nouvelle pour l’époque dans la pratique industrielle de notre pays, a évidemment été confortée par les enseignements tirés de l’expérience NASA.

La Direction scientifique et technique du CNES
Un premier exemple de l'application d'une telle méthode peut être trouvé dans la structure de la Direction Scientifique et Technique, dont le but était, autour de projets communs, de "métisser les cultures" de professionnels ayant déjà une expérience de l'espace – à travers la mise en œuvre de Fusées-sondes et de Ballons – et de nouveaux venus destinés à la construction de satellites, les uns et les autres appartenant à des corps de métier très différents.
Je les appellerai pour simplifier, les "Opérationnels"; les "Scientifiques", les "Ingénieurs" et les "Logisticiens".
C'est ainsi que, au 1/6/64, la Direction Scientifique et Technique du CNES compte, autour de Jacques Blamont six Directions pour un effectif de 212 personnes:

Programmes, dirigée par Jean-Pierre Morel, comprend trois sections:
"Études techniques et développement" (Pierre Vasseur),
"Analyse des missions" (Claude Laigle) et
"Programmes scientifiques" (Jean-Max de Lamare), effectif 16,

Fusées-sondes, dirigée par Bernard Golonka, comprend 5 sections
"Ingénieurs de marque" (Valerian Hantcherian),
"Etude des équipements" (Pierre Imbert),
"Engins" (Francis Bernhard),
"Organisation des campagnes" (Jean-Claude Renou),
"Traitement de l'information" (Jean Randoing) et
deux Laboratoires :
"Equipements standard", (Alain Simon),
"Intégration et essais" (Henri Bernateau)), effectif 36.

Satellites, dirigée par Jean-Pierre Causse, comprend deux Départements
"Véhicule" dirigé par Charles Bigot et
"Électronique" dirigé par Xavier Namy et
au total 8 Sections
"Systèmes thermiques" (Jean-François Faugère),
"Structures" (Guy Provost),
"Stabilisation" (Jean-Claude Lespès),
"Électronique" (Régis Tessier),
"Énergie de Bord" (Bernard Saint-Jean),
"Télécommunications" (Pierre Debray),
"Télémesure" (Jean-Pierre Bourdeau)",
"Systèmes et intégration" (Jean-Paul Guinard)). Effectif 70
Équipements sol, dirigée par Pierre Chiquet, assisté de quatre Chefs de Section:
"Études" (Jean Saint-Etienne),
"Stations de poursuite" (Norbert Charbit),
"Opérations" (Jean-Bernard Dementhon),
"Champ de tir" (Raymond Debomy), effectif 23
Mathématiques, dirigée par Bernard Lago, assisté de deux Sections:
"Calculateurs" (Bernard L'Huillier) et
"Calcul d'orbite" (Jean-Claude Blaive), effectif 10.
Établissement, dirigée par Jean-Albert Dinkespiler, effectif 57.

 

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