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Kevin Madders, A New Force at a New Frontier, Cambridge University Press, 1997.
     J. Krige et A. Russo, History of the European Space Agency, ESA Publication SP 1235, Vol 1."
J. Blamont,
“Les premiers acteurs du spatial français”, in La France et l’Europe Spatiale, Troisièmes rencontres de l’IFHE, 2003.
page 3

Le deuxième satellite en coopération internationale avec NASA fut Alouette-1, utilisant le même schéma organisationnel, mais avec le Canada, lancé de Vandenberg par un Thor Agena le 29 novembre 1962.
Il sera suivi d’un Alouette-2 identique en 1965.

L’offre américaine de lancements d’expériences fut le premier évènement qui fit dérailler l’idée d’un programme spatial britannique reposant sur l’existence d’un lanceur national à développer. En effet elle démotiva complètement la communauté scientifique, heureuse de disposer immédiatement d’un accès gratuit à l’orbite grâce à la générosité des cousins d’outre Atlantique.

Le second évènement qui tua l’idée d’un programme britannique fut l’annulation du Blue Streak en tant que lanceur stratégique. Il avait été conçu en 1955 comme le missile chargé de porter la bombe nucléaire anglaise.
Le maître d’ouvrage était le RAE et le maître d’oeuvre De Haviland Propellers Ltd., sous-contractant les travaux à Rolls Royce, Sperry et à De Haviland Aircraft, associés au RPE (Rocket Propulsion Establishment), sous licence de Rocketdyne et Convair .
Spoutnik fit réfléchir les militaires anglais qui comprirent l’inadéquation du Blue Streak : il fallait six semaines pour le préparer et quinze minutes pour le tirer sur alerte, deux chiffres incompatibles avec la notion de riposte à une attaque de missiles soviétiques. Et il restait 450 millions de livres sterling à dépenser pour disposer d’un système IRBM opérationnel ; maintenir sans activité les équipes coûtait déjà 350.000 £ par mois.

En mars 1960, le premier ministre Harold MacMillan s’entendit avec le président Dwight Eisenhower pour l’achat du Skybolt et annonça aux Communes l’arrêt du Blue Streak le 13 avril. Il tenta alors avec succès de transformer Blue Streak en un premier étage de lanceur spatial, dont une partie de la facture serait payée par la France.
A Rambouillet le 29 janvier 1961, il obtint l’accord du général de Gaulle mais, au point de vue institutionnel, le Royaume Uni, mené par ses scientifiques, rejetait l’idée d’une NASA européenne, car il voulait séparer lanceurs et satellites.
A la conférence gouvernementale de Meyrin (28 novembre-1er décembre 1960), la France avait soutenu ce point de vue qui devait conduire au schéma absurde ELDO plus ESRO.

Contrairement au Royaume-Uni, nous Français n’avions rien, ni politique, ni institutions, ni technologie, ni industriels, ni communauté scientifique, une situation découlant d’une part de l’extrême faiblesse de la science française après la guerre, incapable d’organiser des groupes ayant la masse critique , et d’autre part de l’existence de services techniques militaires séparés pour chacune des armes, en compétition permanente entre eux.
Cette organisation avait été mise en place  en janvier 1947 par le gouvernement de Paul Ramadier qui, forcé d’accepter le communiste François Billoux comme ministre de la Défense, lui avait ôté tout pouvoir en créant trois ministères qui ne dépendaient pas de lui : la Guerre, l’Air et la Marine.

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