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cn108
page 8

Dans le courant de 1961, le cadre du programme scientifique de notre coopération fut effectivement défini comme limité à l’étude proposée par Storey, au moyen de tirs de fusées sondes suivis d’un satellite entièrement français lancé par un Scout.
Ce sera FR-1, baptisé par imitation du nom UK-1  Le protocole d’accord ne devait être signé que le 18 février 1963, bien après la création du CNES, mais le travail pouvait commencer.

La maîtrise d’œuvre de ce programme aurait pu être confiée au CNET, où Pierre Blassel, qui avait dirigé avec énergie la mise au point des têtes de Véronique et développé avec Sud-Aviation une famille de fusées sondes à poudre, possédait des atouts techniques sérieux, ou aussi bien à l’ONERA dont le directeur était membre du Conseil exécutif du COSPAR et se promenait aux Etats-Unis en affirmant : « La NASA française, c’est moi » », mais la décision de créer le CNES en août 1961, suivie de sa naissance en mars 1962 fit évidemment tomber le projet dans la corbeille de ce nouvel organisme qui, d’après Maurice Roy, « n’aurait pas dû exister ».
L’ONERA et le CNET avaient manqué leur chance en n’imitant pas les Britanniques en 1959, c’est-à-dire en rassemblant les scientifiques (il est vrai qu’il n’y en avait pas ….), et en concevant un projet de satellite.

Connaisseur et bénéficiaire du fonctionnement de la NASA, je me faisais du CNES que j’avais à imaginer en tant que responsable de l’ensemble de ses composantes scientifiques et techniques, une idée bien éloignée de celles de Pierre Auger ou de Harrie Massey, qui voulaient donner aux scientifiques un rôle de direction de l’espace à travers des comités de coordination.
Persuadé de la nature politique de l’espace, je voulais forger le bras armé du gouvernement français, dans ce domaine évident de la puissance étatique. Je pensais déjà que l’espace est le sceptre du Prince.

Il fallait avant tout délimiter le territoire du CNES.
Si la DMA, créée en avril 1961, exerçait la responsabilité du secteur balistique par le truchement de son département des engins sous Pierre Soufflet, tout ce qui touchait à l’orbite, à savoir satellites et industries correspondantes, stations sol de poursuite et de télécommande, calculs d’orbite, définition et gestion des applications c'est-à-dire rapports avec les communautés d’utilisateurs, tout cela devait constituer le domaine du CNES.
Mes patrons ne croyaient pas qu’ils auraient les moyens de l’occuper.
Mon premier acte, à mon arrivée, fut d’arrêter une lettre signée par Aubinière qui confiait au CNET la tutelle du développement des cellules photovoltaïques.

J’éprouvai un pénible échec sur un sujet beaucoup plus important, celui de la responsabilité des satellites à placer sur les quatre lanceurs Diamant prévus.
Vers le milieu d’avril, dans une séance très houleuse dans le bureau de Soufflet, je ne pus empêcher Aubinière et Chiquet de céder à la SEREB cette responsabilité essentielle pour nous, Aubinière m’ayant même reproché devant ma résistance d’autant plus acharnée qu’elle était solitaire, de nourrir à ce sujet des préoccupations personnelles.
C’est ainsi que naquit Astérix.

 

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